mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, M. D C, représenté par Me Maillot, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise aux fins de déterminer et d'évaluer les préjudices qu'il a subis, à la suite de la maladie professionnelle dont il a été victime .
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la pathologie dont il souffre constitue bien une maladie professionnelle , ainsi que l'a jugé le tribunal, par deux jugements des 12 novembre 2018 et 10 juin 2021, et ainsi que l'a reconnu le préfet de la zone de défense et de sécurité sud par un arrêté du 2 novembre 2021 ; il est donc fondé à solliciter une expertise , dont le caractère utile ne fait aucun doute, afin d'évaluer l'ensemble des préjudices subis du fait de cet accident de service.
Le préfet de la zone de défense et de sécurité sud, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Chenal-Peter, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () " .
2. M. C, gardien de la paix affecté à la circonscription de sécurité publique de Toulon en qualité d'agent de police motocycliste, a réalisé le 11 juin 2014 un électromyogramme, lequel a mis en évidence un syndrome du canal carpien bilatéral avec retentissement axonal et myélinique. Cette maladie a été reconnue comme maladie professionnelle par une décision du préfet de la zone de défense et de sécurité sud du 2 novembre 2021. M. C demande au juge des référés du tribunal de prescrire une expertise aux fins de déterminer et d'évaluer les différents préjudices, notamment extrapatrimoniaux qu'il a subis, du fait de cette maladie.
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. Tout agent public, victime d'un accident de service, est en droit d'obtenir de la personne publique qui l'emploie soit, en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire à la rente viagère d'invalidité ou à l'allocation temporaire d'invalidité à laquelle il peut prétendre, destinée à réparer ses préjudices personnels ainsi que, le cas échéant, ses préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux indemnisés par cette rente ou cette allocation, soit, dans le cas où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité, la réparation intégrale de l'ensemble de son préjudice.
5. Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par M. C porte sur l'évluation de l'ensemble des préjudices qu'il subit des suites de la maladie professionnelle n° 57 C (syndrôme du canal carpien). Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile, dès lors que la première expertise diligentée par le juge des référés du tribunal , par une ordonnance du 22 juillet 2016, n'avait pour objet que d'apprécier le lien entre sa pathologie et son activité professionnelle, de fixer la date de consolidation de son état de santé et le taux de son déficit fonctionnel permanent . Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé au dispositif de la présente ordonnance .
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " ;
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions susmentionnées de M. C.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B, demeurant au 31 avenue Maréchal Foch 13008 Marseille est désigné avec pour mission de :
- se faire communiquer tous les documents médicaux utiles à sa mission, examiner M. A C et décrire son état actuel ;
- donner tous les éléments utiles d'appréciation sur les préjudices subis, à l'exclusion de ceux qui ne seraient pas directement liés à la maladie professionnelle n° 57 C ( syndrôme du canal carpien), mais résulteraient éventuellement de l'état antérieur du requérant ou de toute autre cause étrangère, en précisant si l'état du requérant est susceptible d'aggravation ou d'amélioration, et, le cas échéant, si la date de consolidation doit être modifiée , et en déterminant, le cas échéant, le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, le taux de déficit fonctionnel permanent ainsi que les différents préjudices, notamment le taux de la souffrance endurée, le préjudice d'agrément, le préjudice esthétique temporaire ou permanent, le préjudice moral et le préjudice professionnel ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. C et du représentant du préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
Copie en sera adressée à M.B expert.
Fait à Toulon, le 03 août 2022.
Le vice-président désigné,
Juge des référés
signé
A.-L. CHENAL-PETER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026