LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200915

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200915

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200915
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantANDREANI H. & PIN V. CABINET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 mars 2022 et 10 novembre 2022, M. C E, Mme B D épouse E et la société civile immobilière (SCI) Bibi Anne, représentés par Me Andreani, demandent au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle le maire de la commune de Six-Fours-les-Plages a délivré à l'Office Public de l'Habitat (OPH) Var Habitat un permis de construire pour la construction de 19 logements collectifs sociaux, d'une surface de plancher créée de 1 299 mètres carrés, ainsi que 19 places de stationnement, après démolition d'une maison individuelle et d'une dépendance sur un terrain situé au 2041 avenue Président John Kennedy et cadastré section CV 30 sur le territoire communal ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Six-Fours-les-Plages une somme de 2 000 euros à leur verser à chacun en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne la recevabilité de la requête :

- ils disposent d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision attaquée du 4 février 2022 au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme car ils sont voisins immédiats du projet, leurs parcelles étant contiguës et mitoyennes des parcelles objet du projet ; la haie qui sépare leurs parcelles du terrain d'assiette du projet va être détruite et remplacée par des places de stationnement situées en surplomb de leurs parcelles, compte tenu de la topographie des lieux ; le projet porte donc directement atteinte à leurs conditions d'occupation et de jouissance de leurs biens.

En ce qui concerne la légalité de la décision litigieuse du 4 février 2022 :

- la décision attaquée est entachée de l'incompétence de son auteur en ce qu'il n'est pas établi que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature valide ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme car la voie d'accès ne dispose pas d'une largeur de 5 mètres minimum ; l'accès au projet dispose d'une largeur de 4,72 mètres, en méconnaissance des dispositions précitées ;

- l'accès des piétons n'est pas protégé car il est superposé avec l'accès des véhicules ;

- le projet ne respecte pas les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ; aucun véhicule léger et a fortiori aucun véhicule de pompiers ne pourrait manœuvrer, en raison notamment de l'absence d'une aire de retournement pour les véhicules des pompiers ; le permis n'a pas obtenu l'agrément des services départementaux de secours et de lutte contre l'incendie ; cette pièce n'est pas versée au dossier de demande de permis de construire ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 8.4 du règlement du plan local d'urbanisme ; le projet n'est pas conforme à ces dispositions car il va nécessairement interférer avec la nappe phréatique en pompant et rejetant de l'eau dans le réseau fluvial, en contradiction avec la protection de la zone de protection du captage de Pépiole ;

- la décision attaquée est illégale car il n'y a pas dans le projet d'insertion de type " paysage lointain " afin de mesurer l'impact projeté sur les propriétés voisines des requérants ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme ; la surface maximale d'occupation, en prenant un coefficient d'occupation du sol de 30 %, est de 1 137,33 mètres carrés ; la surface au sol, en prenant en compte le plan de niveau R-1 et les parkings en sous-sol, excède cette valeur et atteint environ 1 497 mètres carrés.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2022, la commune de Six-Fours-les-Plages, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 497,54 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable car les requérants ne démontrent pas qu'ils disposent d'un intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; ils n'établissent pas que le projet affectera les conditions d'utilisation, d'occupation et de jouissance de leur bien ;

- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 octobre 2022 et 6 janvier 2023, l'Office Public de l'Habitat (OPH) du Var, représenté par Me Rota, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'un sursis à statuer soit prononcé sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de lui permettre de régulariser le projet par l'obtention d'un permis de construire modificatif. En tout état de cause, il demande à ce qu'il soit mis à la charge des époux E et de la SCI Bibi Anne une somme globale de 4 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable car les requérants ne démontrent pas disposer d'un intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 20 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mars 2023 :

- le rapport de M. Bailleux ;

- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;

- et les observations de Me Rota, représentant l'OPH Var Habitat.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe

1. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. () ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Enfin, selon l'article L. 2131-1 du même code dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. () ".

2. La commune produit à l'instance l'arrêté municipal n°17714 du 10 juillet 2020 portant délégation de signature, qui apparaît aux visas de la décision du 1er septembre 2020. Cet arrêté précise à son article 1er que : " Délégation de fonction et de signature est donnée à Maître Jérémy A, 4ème adjoint au maire, dans le domaine de l'urbanisme : Il pourra donc signer dans ces domaines : () - les permis de construire, d'aménager et de démolir () ". En outre, la commune produit à l'instance le certificat d'affichage du 4 août 2020, par lequel le maire de la commune de Six-Fours-les-Plages atteste de l'affichage pendant deux mois de cet arrêté à compter du 10 juillet 2020. En outre, il n'est pas contesté que cet arrêté a été transmis en préfecture du Var en date du 10 juillet 2020, ainsi que le fait valoir la commune de Six-Fours-les-Plages. Ainsi, l'arrêté de délégation étant opposable au moment de la décision attaquée, M. A était bien compétent pour prendre la décision attaquée. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée serait signée par une autorité incompétente. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte.

En ce qui concerne la légalité interne

3. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Les requérants soutiennent d'abord que le dossier de demande de permis de construire ne contient pas d'insertion de type " paysage lointain ", ce qui ne permet pas d'apprécier l'impact du projet sur les propriétés voisines des requérants. Ainsi que le font toutefois valoir la commune de Six-Fours-les-Plages ainsi que le pétitionnaire, les vues d'insertion jointes au dossier de demande de permis de construire permettent d'avoir une bonne idée de l'impact des constructions projetées sur les constructions existantes, notamment la vue d'insertion prise depuis la vue aérienne en perspective.

5. Les requérants poursuivent ensuite en indiquant que les projections dans l'environnement proche sont insuffisantes car elles ne sont prises que d'un côté, celui de la voie publique, et non depuis les autres côtés. Cette seconde branche du moyen n'est pas intelligible, les requérants n'invoquant aucune disposition en droit qui aurait été méconnue.

6. En tout état de cause, à supposer, comme ils l'allèguent, que le dossier de demande de permis de construire aurait été incomplet ou que les pièces contenues dans ce dossier auraient été incomplètes ou imprécises, les requérants n'indiquent pas en quoi cela aurait faussé l'appréciation du service instructeur et par rapport à quelles dispositions du code de l'urbanisme ou du règlement du plan local d'urbanisme ce service instructeur n'aurait pas été en mesure de vérifier la conformité du projet litigieux à ces mêmes dispositions. Il suit de là qu'il y a lieu d'écarter ce moyen sur l'insertion comme étant infondé et au surplus imprécis pour en apprécier le bien-fondé.

7. En deuxième lieu, les requérants soutiennent, en se fondant sur l'avis de la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), que le projet prévoit de creuser pour construire des places de stationnement en sous-sol, à un niveau en moyenne à 3 mètres en dessous du terrain naturel. Ils poursuivent en indiquant qu'il est envisageable de trouver une nappe d'eau souterraine et que cela va ainsi porter atteinte aux eaux du captage du puits de Pépiole, pour lequel la commune de Six-Fours-les-Plages est concernée. Les requérants invoquent les dispositions de l'article 8.4 du règlement du plan local d'urbanisme, selon lesquelles " périmètre de protection du captage du puits de Pépiole. La commune de Six-Fours-les-Plages est concernée par les périmètres de protection immédiat, rapproché et éloigné du puits de Pépiole. Les secteurs de la commune potentiellement concernés par ces périmètres sont identifiés sur les plans de zonage du plan local d'urbanisme, par une trame. Une réglementation spécifique leur est associée. Se reporter au titre VII du présent règlement ".

8. La commune de Six-Fours-les-Plages ainsi que le pétitionnaire font toutefois tous deux valoir que le terrain d'assiette du projet n'est pas inclus dans ces périmètres de protection immédiate et rapprochée du captage du puits de Pépiole, qui ont fait l'objet d'un arrêté préfectoral en date du 8 janvier 2016. La commune de Six-Fours-les-Plages produit à l'instance une carte en faisant valoir, sans être utilement contestée sur ce point, que la parcelle du terrain d'assiette du projet, cadastrée section CV 30, n'est pas située dans les différents périmètres (immédiat ou rapproché) de ce captage. En outre, le pétitionnaire produit quant à lui des extraits de l'arrêté préfectoral susvisé du 8 janvier 2016 dont les articles 8 et 9 précisent chacune des parcelles incluses dans ces différents périmètres. Il n'est pas contesté que la parcelle cadastrée section CV 30 ne figure pas dans ces périmètres.

9. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives au captage du puits de Pépiole est donc inopérant et doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Se référer à l'article 11 des dispositions générales du présent règlement. L'emprise au sol ne peut excéder : hormis dans le secteur UEa : 30% ". En outre, selon les dispositions de l'article 11 dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme : " Emprise au sol : l'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. () Il est rappelé que les piscines, constituant pour une construction, comptent dans l'emprise au sol, et qu'il sera fait exception des ouvrages enterrés sans partie affleurant ou dépassant le niveau du sol () ".

11. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que la superficie du terrain d'assiette du projet est de 3 412 mètres carrés. Le document intitulé Plan de situation et réglementation PC01-02 indique que l'emprise au sol maximale sur le terrain, qui est de 30 %, est donc de 1 023 mètres carrés. En outre, il ressort de ce même document que l'emprise au sol du projet est de 922 mètres carrés. Enfin, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, la superficie des parkings souterrains, qui ne peuvent être constitutifs d'emprise au sol, ne peuvent pas être pris en compte dans le calcul de l'emprise au sol.

12. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté comme étant infondé.

13. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. Les termes utilisés par le règlement national d'urbanisme peuvent être définis par un lexique national d'urbanisme, pris par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme ".

14. En outre, selon les dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour pouvoir être le support d'installations, constructions et/ou extensions, tout terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée. A défaut, son propriétaire doit obtenir un passage aménagé sur les fonds voisins. ". Par ailleurs, l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Toute construction ou installation doit être desservie par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à sa destination, et permettant notamment la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie, de sécurité civile, de ramassage des ordures ménagères - se référer à l'article 14 des dispositions générales du présent règlement. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. Les voies publiques ou privées en impasse doivent être aménagées en leur extrémité afin de permettre aux véhicules de faire aisément demi-tour. ". L'article UE 3-2 du règlement du plan local d'urbanisme dispose également que : " A l'intérieur des opérations d'aménagement ou de construction : () la sécurité des piétons doit être assurée par des aménagements suffisants ". Enfin, l'article 14 des disposions générales du même règlement précise : " Afin de satisfaire aux règles minimales de desserte (défense incendie, protection civile), les largeurs de voiries suivantes doivent être respectées : - Zones Urbaines (U) - de 1 à 10 habitations desservies - largeur minimale de 4 m - de 10 à 50 habitations desservies - largeur minimale de 5 m. - au-delà de 50 habitations desservies - largeur minimale de 6 m ".

15. Le permis, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme ; que, dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.

16. D'abord, il n'est pas contesté que la voirie, au sens du règlement du plan local d'urbanisme, s'entend à la fois des voies publiques ou privées, existantes ou projetées. En l'espèce, la voie de desserte des futures constructions est l'avenue du Président John Kennedy, qui est accessible en empruntant l'impasse de la Pertuade. Il n'est pas allégué que ces voies ne disposeraient pas d'une largeur supérieure ou égale à 5 mètres de large. Il ressort des pièces du dossier et des différents plans du dossier de demande de permis de construire que l'accès à l'impasse de la Pertuade est assuré par la résidence existante au nord, dont il n'est pas contesté qu'elle est également la propriété de l'établissement public pétitionnaire, OPH Var Habitat. Les requérants soutiennent que cette voie privée serait d'une largeur inférieure à 5 mètres à l'approche puis à l'intersection du terrain d'assiette du projet. Pour se faire, ils produisent un extrait du plan de masse, sur lesquels ils ont apposé trois traits de couleur rouge A, B et C, qui seraient selon eux d'une largeur inférieure à 5 mètres. Toutefois, la mesure sur le plan de masse de la largeur de la voirie à cet endroit est erronée, car en ne mesurant que la largeur de la voirie ouverte à la circulation des véhicules, la distance mesurée est supérieure à 5 mètres. Le calcul des requérants est erroné car il s'arrête à un trait rouge vertical qu'ils ont eux-mêmes ajouté sur le plan, et qui ne semble pas correspondre à un obstacle matériel sur la parcelle CV 185 qui viendrait limiter la largeur de la voirie. En outre, il y a lieu d'ajouter la largeur de la chaussée correspondant au cheminement piétons, le lexique figurant à l'article 11 définissant la voie comme incluant les aménagements nécessaires à la circulation des personnes. La commune de Six-Fours-les-Plages fait valoir ensuite que la largeur de cette voie est supérieure à 5 mètres. Ensuite, le pétitionnaire indique, dans ses écritures, qu'une servitude de passage sur l'autre résidence au nord (servitude de passage aérien et de tréfonds) existe. A ce titre, le plan de masse projet-servitude PC01-01 matérialise cette servitude de passage. Ce point n'est pas contesté par les requérants.

17. Si les requérants soutiennent encore que l'accès piétons n'est ni séparé ni protégé de l'accès des véhicules, et qu'il ne permet pas d'assurer l'accès des piétons et en particulier des personnes à mobilité réduite en toute sécurité, en méconnaissance des dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux piétons, il ressort toutefois directement des plans du dossier de demande de permis de construire que le cheminement piétonnier bénéficie d'un marquage par peinture au sol. Sur ce point, les requérants n'indiquent pas en quoi les aménagements par marquage de peinture au sol ne seraient en l'occurrence pas suffisants au regard des dispositions de l'article UE 3-2 du règlement du plan local d'urbanisme. Si les requérants déplorent sur ce point l'absence d'ouvrage de protection, ils n'en démontrent pas la nécessité. Enfin, la largeur du cheminement piéton est de 1,40 mètre selon les calculs faits sur le plan de masse et il n'est pas démontré que cette largeur serait insuffisante pour permettre la circulation des Personnes à Mobilité Réduite (PMR). Dès lors, les dispositions relatives à la sécurité des piétons ne sont pas méconnues.

18. Enfin, ainsi que le fait valoir la commune de Six-Fours-les-Plages, les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables car la commune de Six-Fours-les-Plages est couverte par un plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit donc être écarté comme étant inopérant.

19. Les requérants soutiennent par ailleurs que l'accès réduit au terrain par les véhicules de sécurité et d'incendie, mais ce moyen n'est pas suffisamment étayé pour permettre d'en apprécier le bien-fondé. Ils poursuivent en indiquant qu'aucun véhicule léger ne pourrait manœuvrer et a fortiori aucun véhicule de pompiers de plus fort tonnage. Ils procèdent toutefois par allégation et ne l'établissent pas.

20. Les dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme indiquent que les voies privées ou publiques en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire aisément demi-tour. Il ressort en outre du plan de masse que le projet prévoit une aire de retournement à l'intérieur du terrain d'assiette du projet. Il n'est en outre pas établi, ni même allégué, que cette aire de retournement ne serait pas d'une dimension suffisante pour permettre aux engins de secours de faire aisément demi-tour. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que les véhicules de secours et d'incendie ne seraient pas en mesure de faire demi-tour sur le terrain, faute d'une aire de retournement.

21. Si les requérants soutiennent par ailleurs que le service d'incendie et de secours n'aurait pas donné son accord sur le projet, ils n'indiquent toutefois pas en vertu de quelles dispositions du code de l'urbanisme ou du règlement du plan local d'urbanisme un agrément préalable du service départemental de secours et de lutte contre l'incendie aurait été nécessaire. Ainsi, le moyen tiré de l'absence d'agrément des services départementaux de secours et de lutte contre l'incendie est inopérant.

22. En tout état de cause, ainsi que le fait valoir la commune de Six-Fours-les-Plages sur ce point, les services préfectoraux ont rendu un avis le 4 février 2022, dans lequel figure un avis du service de défense extérieure contre l'incendie (DECI). Cet avis indique que : " le projet consiste en la création de 1 299 mètres carrés de surface de plancher et de 482 mètres carrés de surface de parking souterrain ; Risque à défendre : habitation collective R+3 maxi. Besoins 60 mètres cubes par heure pendant 2 heures, distance 200 mètres ; la voie d'accès est conforme aux engins de secours ; le projet est situé à 195 mètres du PI SFP 830 public ; le projet de construction est conforme à la réglementation DECI ". Ainsi, le moyen tiré du défaut d'un avis favorable des services départementaux de lutte contre l'incendie doit être écarté au surplus comme manquant en fait.

23. Enfin, les requérants poursuivent en soutenant que cet agrément ne figure pas quoi qu'il en soit au dossier de demande de permis de construire. Toutefois, sur ce point, n'ayant pas établi en vertu de quelles dispositions un tel agrément aurait été rendu nécessaire, ils ne peuvent utilement soutenir que cet agrément aurait dû être annexé à la demande de permis de construire.

24. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions des articles R. 111-5 du code de l'urbanisme et UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 111-5 du code de l'urbanisme et UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en chacune de ses branches.

25. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'ensemble des moyens de la requête ayant été écartés, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête afin d'annulation de la décision susvisée du 4 février 2022 ayant délivré un permis de construire à l'OPH Var Habitat, et ce sans même qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense pour défaut d'intérêt à agir des requérants.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Les dispositions susvisées font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Six-Fours-les-Plages et de l'établissement OPH Var Habitat, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions. Les conclusions de la commune de Six-Fours-les-Plages, qui n'est pas représentée par un avocat, seront également rejetées car celle-ci ne démontre pas avoir engagé des frais spécifiques pour assurer sa défense. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, à mettre à la charge des requérants une somme de 3 000 euros à verser à l'OPH Var Habitat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. E et autres est rejetée.

Article 2 : M. C E, Mme B D épouse E et la société civile immobilière Bibi Anne verseront la somme de 3 000 (trois mille) euros à l'établissement OPH Var Habitat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la commune de Six-Fours-les-Plages sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3: La présente décision sera notifiée à M. C E, à Mme B D épouse E, à la SCI Bibi Anne, à la commune de Six-Fours-les-Plages et à l'office public de l'habitat Var Habitat.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Riffard, premier conseiller,

M. Bailleux, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

Le président,

Signé :

J-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

G. RICCI

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions