mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PUJOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 mai 2022 et 7 juin 2022, M. F E, représenté par Me Pujos, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer le renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'annuler la décision du 3 février 2022 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à compter de la notification de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Var, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer un titre de séjour provisoire pendant cet examen, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser au conseil de M. E, en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à condition que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de délivrance du titre de séjour :
- sa requête est recevable car il a déposé sa demande d'aide juridictionnelle dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision litigieuse ; l'aide juridictionnelle lui a été accordée par une décision du 30 mars 2022 qui lui a été notifiée le 6 avril 2022 ;
- la décision attaquée est illégale en raison de l'incompétence de son auteur car il n'est pas établi que le préfet du Var avait accordé une délégation de compétence au signataire de l'acte litigieux ;
- la décision attaquée est illégale en raison de l'insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs ;
- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est illégale en raison du caractère sommaire du certificat médical le concernant ;
- l'avis du collège des médecins est illégal en méconnaissance de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22 et R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; par suite, la décision refusant de délivrer un titre de séjour au requérant est illégale ; en l'espèce, l'avis du collège des médecins n'indique pas si le traitement est disponible dans le pays d'origine du requérant, ni la durée du traitement ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article R. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est présent sur le territoire français depuis plus de six ans ; il est bénévole et exerce plusieurs activités dans lesquelles il aide son prochain ; le préfet du Var n'était pas lié par l'avis du collège des médecins et aurait dû faire droit à sa demande prenant en compte sa pathologie ainsi que des soins dont il a besoin ; en outre, étant Rom, il ne pourra pas bénéficier des soins dont il a besoin dans son pays d'origine ;
- la décision attaquée est illégale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 313-11-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car elle porte atteinte de manière disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Sur la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours :
- la décision est illégale car elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée car elle ne contient aucune disposition en fait ou en droit spécifique à l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est illégale par exception d'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juin 2022 :
- le rapport de M. Bailleux, rapporteur ;
- et les observations de M. E, présent à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E est un ressortissant de nationalité serbe qui allègue être entré en France en juin 2015. Après avoir fait l'objet d'un refus à sa demande d'asile et d'une obligation de quitter le territoire français en date du 16 décembre 2015, et d'une seconde décision de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français en date du 1er avril 2017, il a sollicité, en date du 24 novembre 2020 ; une demande de titre de séjour à titre de régularisation, sur le fondement de l'étranger malade. Le préfet du Var a pris, le 3 février 2022, une décision de refus de titre de séjour avec obligation de quitter le territoire français. Il s'agit des décisions attaquées dans la présente requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision refusant de délivrer un titre de séjour :
S'agissant de la légalité externe
2. En premier lieu, le requérant soutient que la décision attaquée ne vise pas la délégation de signature et qu'à défaut de production de cette délégation de signature, la décision attaquée doit être regardée comme entachée d'une incompétence de son auteur. Toutefois, et contrairement à ce qui est soutenu, l'arrêté attaqué vise l'arrêté n° 2021-44/MCI du 16 septembre 2021 portant délégation de signature à M. Serge Jacob, secrétaire général de la préfecture du Var. En outre, cet arrêté, produit à l'instance par le préfet du Var, a été publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Var le 16 septembre 2021. Cet arrêté est donc opposable et exécutoire et M. B A était donc bien compétent pour prendre la décision attaquée. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait illégale en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. En l'espèce, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les dispositions du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que l'arrêté de délégation de signature à M. B A précité (2021-44/MCI du 16 septembre 2021). En outre, cette même décision cite les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur laquelle elle se fonde. Elle rappelle ensuite que la situation de l'intéressé a été étudiée par un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a rendu un avis, au regard duquel le préfet du Var a estimé que le requérant ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour temporaire. Enfin, la décision litigieuse indique qu'elle a été prise sans méconnaitre les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Ainsi, la décision attaquée fait apparaître les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
S'agissant de la légalité interne
6. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux : " Art. 6. - Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
7. Le requérant soutient d'abord qu'en raison de la motivation de l'avis du collège des médecins évasive et lapidaire, l'arrêté refusant de lui délivrer un titre de séjour a été pris au terme d'une procédure irrégulière, entraînant l'illégalité pour défaut de base légale la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
8. D'une part, le requérant n'a pas produit l'avis du collège des médecins de l'OFII, ne permettant ainsi pas au juge d'apprécier le caractère lapidaire de sa motivation, ainsi qu'il le soutient. Le préfet du Var a produit à l'instance cet avis du collège des médecins de l'OFII daté du 1er mars 2021. Il ressort de cet avis que les médecins de l'OFII ont estimé, après en avoir délibéré, que l'état de santé du demandeur nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut de prise en charge ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, cet avis indique également qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers le pays d'origine. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est illégale du fait de l'insuffisance de motivation de l'avis du collège des médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'avis du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.
9. Ensuite, le requérant soutient que l'avis du collège des médecins de l'OFII est incomplet car il n'indique ni la durée prévisible de traitement, ni si ledit traitement est disponible dans le pays d'origine du requérant. Toutefois, ainsi que rappelé précédemment, cet avis indique que l'absence de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, le collège des médecins de l'OFII n'était pas tenu de se prononcer sur la disponibilité du traitement dans le pays d'origine ni sur la durée dudit traitement.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".
11. La décision attaquée indique : " que l'intéressé sollicite la régularisation d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade ". Ainsi, il n'est pas établi par le requérant qu'il aurait fait une demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est donc inopérant et doit être écarté comme tel.
12. En tout état de cause, le requérant soutient qu'il est présent en France depuis le 21 juin 2015 et qu'il partage sa vie avec Mme D, une compatriote de nationalité serbe également. Il poursuit en indiquant qu'il est bénévole et qu'il aide son prochain. Il poursuit enfin en soutenant que le préfet du Var aurait dû, en prenant en compte sa pathologie et les soins dont il a besoin, faire droit à sa demande. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant ne fait part dans ses écritures d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire particulier, qui lui aurait permis d'obtenir un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Enfin, le requérant conteste l'avis du collège des médecins de l'OFII en précisant que sa situation nécessite des soins dont l'absence pourrait avoir des conséquences d'une particulière gravité sur sa situation. Il fournit à ce titre plusieurs certificats médicaux, dont celui de la docteur C du 22 juillet 2020 qui indique que : " l'état de problèmes de l'accès aux soins des personnes provenant des minorités ethniques, M. E ne pourra pas effectivement bénéficier de la prise en charge requise en cas de retour dans son pays d'origine, même si certaines molécules actives y sont présentes () ". " La réexposition de M. E à l'environnement où il a subi des violences graves pourra entraîner une aggravation de la maladie qui, en l'absence de traitement risque de mettre en question le pronostic vital ". Le même requérant a également produit, un mémoire comprenant un deuxième certificat médical du docteur C daté du 30 mai 2022, postérieur à la décision attaquée, mais qui reflète une situation existante à la date de la décision attaquée.
14. Ce second certificat médical, encore plus détaillé que le précédent, rappelle tout d'abord le traumatisme subi par le requérant lors des violences perpétrées dans son pays en mars 2015, la demande d'asile faite en France par l'intéressé qui a fait l'objet d'un refus, ainsi que les diverses pathologies de M. E, liées à son agression (problèmes digestifs, urinaires, névralgie, diabète, syndrome post-commotionnel). Le certificat indique également que la situation des Roms demeure globalement préoccupante et le fait que ces derniers n'ont pas un accès au l'enseignement, au logement, aux services de santé, à la protection sociale et à l'emploi.
15. En dépit du caractère détaillé de ces certificats médicaux rédigés par le docteur C, il ne ressort pas des pièces du dossier que les allégations contenues dans ces certificats médicaux, en particulier l'absence d'accès aux soins par les personnes Roms, seraient suffisantes pour contredire utilement l'avis collégial des médecins de l'OFII du 1er mars 2021, produit à l'instance par le préfet du Var. De même, si le certificat médical du 30 mai 2022 du docteur C indique que l'absence de traitement pourrait avoir des conséquences d'une particulière gravité, ledit certificat procède par allégation et ne saurait remettre en question l'avis du collège des médecins de l'OFII, qui concluait au contraire à l'absence de conséquences graves en raison de l'absence de traitement.
16. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait illégale car entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
18. A l'appui de ce moyen, M. E n'apporte aucun élément sur les liens qu'il a pu développer en France durant les six années qu'il allègue avoir passé sur le territoire français. En outre, sa présence continue sur le territoire français pendant cette période de six ans n'est pas démontrée. Par ailleurs, M. E produit à l'instance une déclaration de concubinage, dans laquelle les concubins attestent vivre maritalement depuis le 12 juin 1999 à une adresse située en Serbie. La décision attaquée fait valoir enfin sur ce point que le requérant n'est pas dépourvu de liens dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où réside sa mère.
19. Par ailleurs, le risque de traitements inhumains dans son pays d'origine en cas de retour, qui au demeurant ne sont pas établis par M. E, est inopérant au soutien du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
20. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que le requérant soit fondé à soutenir que la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en portant atteinte de manière disproportionnée à sa vie personnelle et familiale.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'aucun moyen n'étant fondé à annuler la décision de refus de titre de séjour, les conclusions à fin d'annulation de cette décision de refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être écartées.
En ce qui concerne la décision d'obligation à quitter le territoire français :
22. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte soulevé par le requérant n'est pas explicité de manière suffisamment précise pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. Ainsi, ce moyen pourra être écarté comme étant imprécis. En tout état de cause, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte a déjà été écarté en ce qui concerne la décision refusant de délivrer un titre de séjour au requérant.
23. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est insuffisamment motivée mais il n'invoque à l'appui de ce moyen aucune disposition en droit qui aurait été méconnue. Par ailleurs, la décision obligeant un étranger à quitter le territoire français n'a pas en principe à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision refusant de délivrer un titre de séjour. En outre, la décision attaquée se fonde d'abord sur le fait qu'aucun titre de séjour n'a pu être délivré sur le fondement sollicité par M. E, en prenant en compte les éléments de fait et de droit caractérisant la situation de ce dernier, ainsi que sur les dispositions de l'article L. 611-1-3ème du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permettent au préfet du Var d'obliger l'étranger qui ne dispose pas d'un titre de séjour à quitter le territoire français.
24. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la décision est insuffisamment motivée.
25. En troisième lieu, la décision litigieuse refusant de délivrer un titre de séjour à M. E a été jugée légale dans la présente instance. Ainsi, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision refusant de délivrer un titre de séjour doit être écarté comme manquant en fait.
26. En quatrième et dernier lieu, la demande de titre de séjour n'ayant pas été demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, y compris pour ce qui concerne la décision obligeant M. E à quitter le territoire français, doit être écarté comme étant inopérant. En outre, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'appui de la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours doit être écarté de la même manière que pour ce qui concerne la décision refusant à M. E un titre de séjour.
27. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'aucun moyen de la requête n'est fondé à annuler la décision du 3 février 2022 obligeant M. E à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
28. Les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées ayant été rejetées, la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu par voie de conséquence de rejeter les conclusions à fin d'injonction formulées par le requérant.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 :
29. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 19 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026