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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202327

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202327

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202327
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLLC ET ASSOCIES - BUREAU DE TOULON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrées les 25 août 2022, 9 et 15 septembre 2022, M. B A, en tant que représentant du collectif " les habitants du Cannet des Maures ", demande au tribunal d'annuler la délibération du 6 juillet 2022 approuvant la révision n°1 du plan local d'urbanisme de la commune du Cannet-des-Maures portant déclassement de zones urbanisées en zones A et N.

Il soutient que :

- il est le mandataire du collectif de signataires de la pétition ;

- la délibération est entachée d'un vice compétence ; en vertu des dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme, la compétence de la révision du PLU appartient au conseil municipal ;

- la délibération est entachée d'un vice de forme ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ; le rapport de présentation ne mentionne pas le déclassement des zones urbanisées en zones N et A, ni les motifs de ce déclassement ;

- la note explicative adressée aux conseillers municipaux n'était pas correctement informative en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;

- les objectifs de la commune sont en contradiction avec le PADD qui constate une forte croissance démographique sur le territoire communal ;

- la commune empêche par cette révision les projets de permis de construire ;

la délibération méconnaît l'article L 151-5 du code de l'urbanisme ; elle ne peut prévoir l'ouverture à l'urbanisation d'espace naturels, agricoles et forestiers que si la capacité d'aménager et de construire dans les zones déjà urbanisées est intégralement mobilisée,

ce qui n'est pas le cas ; les auteurs du PLU ne peuvent augmenter l'enveloppe urbaine sans avoir démontré que toutes les potentialités de densification et de renouvellement urbain ont été analysées et investies ;

- les habitants n'ont pas été informés lors des réunions et lors de l'enquête publique de la possibilité de présenter des observations écrites ; le trimestriel n° 32 du Cannet Passion n'a pas été distribué sur toute la zone touchée par le déclassement des zones en méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-11 du code de l'environnement ;

- les objectifs de la révision du PLU n'ont pas été présentés et soumis à la concertation publique et n'ont pas été notifiés aux personnes publiques ; cette irrégularité a privé le public et les personnes publiques associées d'une garantie, et entache d'illégalité la procédure d'élaboration du PLU ;

- la durée de l'enquête publique ne peut être inférieure à 30 jours et ne peut excéder

2 mois en méconnaissance de l'article R. 123-6 du code de l'environnement ; au regard de l'article R. 123-10 du code de l'environnement, le public n'a pu consulter le dossier d'enquête publique que durant 26 jours au lieu de 30 jours ;

- le commissaire enquêteur n'a pas entendu les 90 personnes concernées par le changement de zonage en méconnaissance des dispositions de l'article R. 123-16 du code de l'environnement ;

- le classement en zone N ou A de leurs parcelles est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme ;

- la délibération est entachée d'un détournement de pouvoir ; la révision n°1 du PLU a été conduite dans le but de favoriser des projets privés propres à certains auteurs de cette révision, qui vont voir leurs parcelles devenir constructibles à l'issu de cette révision ; d'importantes constructions de logements illégales sont situées route d'Italie en zone agricole en bordure de l'autoroute ; la révision du PLU doit permettre la réalisation de l'AOP les Théron,

de l'AOP les Jardins, de l'AOP Saint Andrieux, de l'OAP Varécopole, de l'AOP des Bertrands au détriment de leurs gîtes et chambres d'hôtes classées en zone N.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, la commune du Cannet-des-Maures, représentée par Me Faure-Bonaccorsi, conclut à titre principal au rejet de la requête comme étant irrecevable, à titre subsidiaire à son rejet au fond et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le " comité des habitants du Cannet des Maures " ne dispose d'aucun intérêt pour agir, et son représentant M. B A ne dispose pas de la qualité pour agir au nom et pour

le compte du " comité " ; aucun des membres du comité ne justifie de sa qualité de propriétaire ni d'habitant de la commune ; le " comité des habitants du Cannet des Maures " ne justifie pas être une association constituée avant la date d'approbation du PLU ni que son objet social lui permet de contester PLU ; M. A ne justifie pas disposer du pouvoir d'agir au nom et pour le compte du " comité " ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 11 avril 2023, une clôture immédiate instruction a été prononcée en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Faucher,

- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de M. A et de Mme C, et celles de Me Gonzalez-Lopez, substituant Me Faure-Bonaccorsi, représentant la commune du Cannet-des-Maures.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération en date du 3 juillet 2019, la commune du Cannet-des-Maures a prescrit la révision n° 1 de son plan local d'urbanisme (PLU), qui a été approuvée par une délibération en date du 6 juillet 2022. M. A, représentant le collectif du " comité des habitants du Cannet des Maures ", demande au tribunal l'annulation de cette délibération.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 6 juillet 2022 :

En ce qui concerne la compétence :

2. Aux termes de l'article L. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de : / 1° L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme, de document d'urbanisme en tenant lieu et de carte communale, en collaboration avec les communes membres. L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale arrête les modalités de cette collaboration après avoir réuni une conférence intercommunale rassemblant, à l'initiative de son président, l'ensemble des maires des communes membres ; / 2° La commune lorsqu'elle n'est pas membre d'un tel établissement public, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre ".

3. Le requérant soutient que la compétence de la révision du PLU appartient au conseil municipal et que les dispositions précitées ont été méconnues. Il ressort cependant des pièces du dossier que la révision du PLU et le PLU ont été arrêtés par deux délibérations du conseil municipal des 3 juillet 2019 et 6 juillet 2022. Le moyen sera donc écarté.

En ce qui concerne la régularité de l'enquête publique :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme :

" Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services ".

5. En l'espèce, les auteurs du PLU ont retenu dans le rapport de présentation un objectif de " modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain "

pour " mobiliser en priorité les potentialités foncières du centre-ville et de sa première couronne, en renouvellement, en densification et/ou en comblement d'espaces disponibles

/ Limiter les secteurs à ouvrir à l'urbanisation et les positionner à proximité du centre-ville "

et prioriser " le développement dans les secteurs qui s'y prêtent le plus, notamment autour du centre-ville ". En outre, il ressort de la partie 3 du rapport de présentation, et plus particulièrement de celles du chapitre 4 relatives à la justification du zonage, avec au point VI les choix relatifs aux zones naturelles, que le zonage des zones naturelles doit permettre de " définir des limites d'urbanisation claires et de soigner le traitement des lisières urbaines ".

Cette volonté se traduit par une augmentation globale des zones naturelles et par le fait que

" 39,2 ha sont gagnés sur les zones U et AU, regard de l'intérêt naturel de ces espaces ".

Les parcelles des requérants sont exactement dans cette configuration. Si la requête ne permet pas d'identifier clairement les parcelles en cause, en l'absence de mentions exactes quant aux sections où les parcelles sont cadastrées, la commune précise sans être contestée sur ce point que le secteur en litige se situe autour de " la route du Vieux Cannet ", au lieu-dit " les Moulières ", classé en zone N par le PLU. La commune soutient enfin que la cartographie des évolutions des zones N du rapport de présentation traduit par ailleurs la volonté d'harmoniser les zones N de l'ancien document d'urbanisme tout en supprimant les pastilles de zones urbaines au cœur de zones naturelles, comme c'est le cas pour le quartier en litige qui se situe en limite d'une zone naturelle qui s'étend au Nord de la commune. Le moyen tiré de l'insuffisante justification du zonage dans le rapport de présentation sera donc écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme :

" Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. () / Il ne peut prévoir l'ouverture à l'urbanisation d'espaces naturels, agricoles ou forestiers que s'il est justifié, au moyen d'une étude de densification des zones déjà urbanisées, que la capacité d'aménager et de construire est déjà mobilisée dans les espaces urbanisés. Pour ce faire, il tient compte de la capacité à mobiliser effectivement les locaux vacants, les friches et les espaces déjà urbanisés pendant la durée comprise entre l'élaboration, la révision ou la modification du plan local d'urbanisme et l'analyse prévue à l'article L. 153-27 ".

7. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) dans son orientation n°1 " Le Cannet des Maures, une ville à vivre ", comporte un objectif n°1 de " favoriser le parcours résidentiel " notamment en " limitant les secteurs à ouvrir à l'urbanisation et les positionner à proximité du centre-ville ". La cartographie de l'orientation n°1 du PADD identifie le secteur en cause comme un " quartier d'habitat diffus ". Au titre de l'orientation n°2 " Une ville durable ", l'objectif n°1 " préserver et mettre en valeur la trame écologique et paysagère " prévoit de " définir des limites d'urbanisation claires et de soigner le traitement des lisières urbaines ". Le PADD a enfin une orientation n°3 de " modération de la consommation d'espace et de lutte contre l'étalement urbain " en limitant l'urbanisation et en " limitant l'habitat individuel isolé dans les quartiers les plus périphériques " et en réduisant encore plus le mitage des espaces agricoles et naturels. Le projet de PLU vise ainsi à réduire d'au moins 10 hectares les zones à urbaniser en extension de l'urbanisation. Les objectifs de la commune ne sont donc pas en contradiction avec les orientations du PADD. Cette branche du moyen sera écartée.

8. Dans une seconde branche, le collectif des requérants soutient que la révision du PLU " empêche tous les détachements de parcelles prévues et tous les projets de permis de construire " et que le PLU ne peut prévoir l'ouverture à l'urbanisation d'espaces naturels, agricoles et forestiers que si la capacité d'aménager et de construire dans les zones déjà urbanisées est intégralement mobilisée. Cependant, il effectue une lecture erronée des dispositions précitées de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme qui prévoit que l'ouverture à l'urbanisation des zones naturelles ne peut intervenir qu'au moyen d'une étude de densification. En revanche, cet article ne soumet à aucune étude de densification la modification d'une zone à urbaniser par son classement en zone naturelle à l'occasion de la révision du PLU. Cette seconde branche du moyen sera écartée comme étant inopérante.

9. En troisième lieu, si le collectif invoque le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 123-6 du code de l'environnement relatif à la durée de l'enquête publique, cet article a été abrogé par le décret n° 2017-626 du 25 avril 2017, alors que l'enquête publique s'est déroulée du 28 mars 2022 au 29 avril 2022. A cette date, ces dispositions n'étaient donc plus en vigueur. En tout état de cause, l'enquête publique a respecté le délai de 30 jours, qui se compte en jours calendaires consécutifs. Par suite, le moyen doit être écarté comme étant inopérant.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 123-11 du code de l'environnement :

" I. - Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. Pour les projets, plans ou programmes d'importance nationale, cet avis est, en outre, publié dans deux journaux à diffusion nationale quinze jours au moins avant le début de l'enquête ".

11. Il ressort des pièces du dossier que l'avis de l'enquête publique, qui s'est déroulée du 28 mars au 29 avril 2022, a été publié dans le journal " La marseillaise ", " La Provence " et " Var matin " à diffusion régionale, le 11 mars 2022, puis le 29 mars 2022. Ces annonces mentionnaient toutes la possibilité de présenter des observations écrites. Ainsi, contrairement à ce que soutient le collectif, les dispositions précitées du I de l'article R. 123-11 du code de l'environnement, prévoyant une publication au moins quinze jours avant le début de l'enquête publique, puis dans les huit premiers jours de celle-ci, dans des journaux locaux diffusés dans le département, ont bien été respectées. Quant à la distribution du trimestriel n°32 du " Cannet Passion ", il ressort de l'attestation produite en défense que les services de La Poste ont distribué sur l'intégralité du secteur de la route du vieux Cannet et " des Moulières " le bulletin municipal sans aucune difficulté. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'enquête publique à raison d'une insuffisante publicité, doit, par suite, être écarté en ses deux branches.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 123-16 du code de l'environnement : " Dans les conditions prévues à l'article L. 123-13, le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête peut auditionner toute personne ou service qu'il lui paraît utile de consulter pour compléter son information sur le projet, plan ou programme soumis à enquête publique. Le refus éventuel, motivé ou non, de demande d'information ou l'absence de réponse est mentionné par le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête dans son rapport ".

13. Ces dispositions offrent au commissaire enquêteur la faculté, mais ne lui imposent en aucun cas l'obligation, de consulter toute personne ou service qu'il lui paraît utile pour compléter son information. Ainsi, à supposer même que le collectif aurait sollicité d'être entendu par le commissaire enquêteur, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il s'agit d'une simple faculté et que le collectif n'établit pas que cela aurait privé l'enquête publique d'une part essentielle de son objet. Par suite, les dispositions précitées n'ont pas été méconnues faute pour le commissaire enquêteur de ne pas les avoir mises en œuvre, alors qu'il est libre de l'appréciation de l'opportunité de leur déclenchement.

En ce qui concerne la convocation des conseillers municipaux :

14. Aux termes des dispositions de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ". Selon l'article

L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions que les membres du conseil municipal appelés à délibérer de l'approbation du plan local d'urbanisme doivent disposer, avant la séance, de l'ensemble du projet de plan local d'urbanisme que la délibération a pour objet d'approuver.

15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'était jointe à la lettre de convocation de la délibération du conseil municipal du 6 juillet 2022 une note de synthèse de 30 pages.

Cette note de synthèse rappelle les constats et enjeux de développement de la commune,

les orientations et objectifs du PADD, les dates de l'enquête publiques, les personnes publiques associées, les modifications apportées entre l'arrêté portant révision du PLU et le dossier d'approbation, l'évolution des zones sous forme de carte et les limitations à l'urbanisation.

Cette carte fait notamment apparaitre le secteur où sont situées les parcelles des requérants, dont le zonage passe de U à N. Cette note de synthèse éclaire ainsi le sens et la portée du document soumis au vote des conseillers municipaux. Ce moyen sera écarté.

En ce qui concerne la délibération du 3 juillet 2019 prescrivant la révision du PLU :

16. Aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° L'élaboration ou la révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L.103-3 du même code : " Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : 1° L'autorité administrative compétente de l'Etat lorsque la révision du document d'urbanisme ou l'opération sont à l'initiative de l'Etat ; 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas () ". Enfin, aux termes de l'article L. 600-11 du même code : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles

L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution ".

17. Il résulte de ces dispositions que l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme doit être précédée d'une concertation associant les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées. Le conseil municipal doit, avant que ne soit engagée la concertation, délibérer, d'une part, et au moins dans leurs grandes lignes, sur les objectifs poursuivis par la commune en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme et, d'autre part, sur les modalités de la concertation. Si cette délibération est susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir, son illégalité ne peut, en revanche, eu égard à son objet et à sa portée, être utilement invoquée contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme.

18. Il suit de là que le moyen tiré de ce que les objectifs de la révision du PLU n'ont pas été présentés et soumis à la concertation publique et n'ont pas été notifiés aux personnes publiques associées est inopérant à l'appui des conclusions dirigées contre la délibération

du 6 juillet 2022.

En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation :

19. Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".

20. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir,

à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

21. En l'espèce, le collectif se contente de demander au juge de vérifier qu'il n'y a pas d'erreur dans le classement des zones qui sont passées de U en A ou N en invoquant la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme. Cependant,

le zonage précis de leurs parcelles ne ressort pas des pièces du dossier et les attestations individuelles produites sur l'intérêt des membres du collectif ne donne aucun élément pour analyser le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où les requérants invoquent essentiellement l'impossibilité de construire avec ce changement de zonage. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté comme n'étant pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne le détournement de pouvoir :

22. Si le collectif soutient que la révision du PLU va avantager des conseillers municipaux et leur entourage qui vont voir leurs parcelles devenir constructibles, il n'en apporte pas la preuve. En effet, en citant le quartier de la Pardiguière " qui verra sa superficie devenir constructible sur près de 20% ", sans viser avec précision les parcelles concernées, le collectif ne permet pas au juge d'apprécier le bien-fondé de ce moyen. Il en va de même en ce qui concerne la parcelle E 676 appartenant à la commune et qui supporterait six constructions alors qu'elle serait classée en zone agricole, dès lors que les pièces du dossier ne permettent pas d'identifier avec certitude les parcelles en question, ni la date d'édification de ces constructions.

Cette branche du moyen sera donc écartée comme n'étant pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien fondée.

23. Quant aux orientations d'aménagement et de programmation (OAP) concernées par la révision du PLU, il ressort des pièces du dossier que l'AOP Les Jardins, l'OAP Saint Andrieux et l'OAP Varécopole ont pour objectifs la création respective de 55 logements,

140 logements et 100 logements. Il ressort également du rapport de présentation que dans

le secteur des Thérons, où existe une zone d'activité économique (ZAE), l'OAP vise à protéger les vues paysagères sur le village. Quant à l'OAP les Bertrands, elle a été supprimée. Dans ces conditions, les OAP envisagées par la révision du PLU ont toutes un but d'intérêt général.

Le détournement de pouvoir sera donc également écarté dans sa seconde branche.

24. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune du Cannet-des-Maures, que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 6 juillet 2022, approuvant la révision n°1 du plan local d'urbanisme de la commune, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge de la commune les frais qu'elle a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A représentant le collectif " les habitants du Cannet des Maures " est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune du Cannet-des-Maures au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au maire de la commune du Cannet-des-Maures.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Faucher, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

S. Faucher

Le président,

Signé

J-F. SautonLe greffier,

Signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Ou par délégation le greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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