vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202570 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEBRETON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Lebreton, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2022 par lequel le préfet du Var a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de son certificat de résidence de ressortissant algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " sur le fondement de l'accord franco-algérien, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) dans tous les cas, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de renouvellement du certificat de résidence :
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, dès lors qu'il aurait dû se voir délivrer un titre de séjour temporaire " vie privée et familiale ", ou à tout le moins d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il était fondé à obtenir un titre de séjour " vie privée et familiale " et ne pouvait ainsi faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- le préfet a, à tout le moins, commis une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 octobre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Lebreton, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 13 octobre 1969, a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence de ressortissant algérien le 21 octobre 2021. Par un arrêté du 14 juin 2022, le préfet du Var a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de renouvellement du certificat de résidence :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est marié à une ressortissante française depuis le 4 mai 1998 et qu'ils ont eu quatre enfants, dont trois au moins de nationalité française et scolarisés en France et que M. B y est entré une première fois le 18 novembre 2011 selon ses déclarations. Il a également été titulaire d'un certificat de résidence algérien valable du
9 janvier 2012 au 8 janvier 2022. Si le préfet fait valoir en défense qu'il ne justifie pas d'une résidence en France et que le contrat de bail produit est exclusivement au nom de son épouse, il ressort de sa demande de titre de séjour produite au dossier qu'il avait alors déclaré comme domicile l'ancienne adresse de son épouse, laquelle apparait dans le contrat de bail en cause. Ce dernier a, par ailleurs, été modifié par avenant du 21 juillet afin d'y ajouter le nom de M. B, certes postérieurement à la décision attaquée. Par ailleurs, si les pièces produites datent exclusivement de l'année 2022, il est constant que M. B se trouvait en Algérie entre l'année 2018 et la fin de l'année 2021, ce qui explique le peu de pièces plus anciennes produites, en toute hypothèse avec sa famille. Enfin, s'il ressort de la décision attaquée que ses parents, ses frères et ses sœurs résident en Algérie, eu égard surtout à la présence de sa famille nucléaire de nationalité française sur le territoire national, le centre des intérêts privés et familiaux de
M. B se trouve en France. Dans ces conditions, le préfet du Var a porté au droit de
M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but poursuivi.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de renouvellement de son certificat de résidence algérien, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
5. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. Eu égard au moyen d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que soit délivré à M. B un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Lebreton au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 14 juin 2022 du préfet du Var est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de délivrer à M. B un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Lebreton une somme de 1 200 (mille-deux-cents) euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Lebreton et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président-rapporteur,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
JF. A
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
S. FAUCHER
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026