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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2203005

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2203005

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2203005
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationAide sociale
Avocat requérantCALDERARI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Calderari, demande au tribunal :

1°) l'annulation du 6 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var a refusé de lui accorder la remise totale de sa dette de revenu de solidarité active, référencée INK 003, d'un montant de 5 298,39 euros ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Var de lui accorder la remise totale de la dette en litige dans un délai d'un mois à compter de la notification de jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Var de procéder au réexamen de l'indu de revenu de solidarité active en litige au regard de sa déclaration rectificative de revenus de 2020 ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Var, une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- il appartient à la caisse d'allocations familiales du Var de démontrer que la décision du 6 septembre 2022 a été signée par une autorité disposant d'une délégation de signature ;

- l'indu est infondé dans la mesure où il fallait prendre en compte la somme de 8 062 euros pour le calcul de son droit au revenu de solidarité active ;

- il ressort de sa déclaration de revenus 2020 qu'elle a déclaré la pension alimentaire de sa fille à hauteur de la somme de 2 520 euros ;

- elle se trouve dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, la caisse d'allocation familiales du Var agissant pour le compte du département du Var conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- Mme C ne peut pas être considérée comme de bonne foi dès lors que depuis le mois de décembre 2020, elle ne déclare plus la pension alimentaire perçue d'un montant de 210 euros ;

- la requérante qui a une capacité de remboursement d'un montant de 282,67 euros ne peut pas être considérée en situation de précarité.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2023, la caisse d'allocations familiales du Var conclut à sa mise hors de cause et à ce que le conseil départemental du Var soit appelé en la cause.

Elle fait valoir que seul le département du Var est compétent pour défendre au nom de l'Etat s'agissant d'une demande de remise de dette d'un indu de RSA " socle ".

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Doumergue ;

-les observations de Mme B représentant la caisse d'allocations familiales du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations de Mme B à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Par une décision en date du 6 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a refusé d'accorder à Mme C la remise de sa dette de revenu de solidarité active, référencée INK 003, d'un montant de 5 298,39 euros. Mme C demande au tribunal de lui accorder la remise totale de la dette en litige et d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Var de procéder au réexamen de l'indu de revenu de solidarité active en litige au regard de sa déclaration rectificative des revenus de l'année 2019, déclarés en 2020, souscrite en 2022.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le moyen tiré du défaut de délégation de signature de la décision du 6 septembre 2022, qui constituerait un vice propre de cette décision, est inopérant. Par suite, il doit donc être écarté.

4. En deuxième lieu, si Mme C soutient que l'indu de RSA est infondé au motif qu'il aurait dû être calculé en se basant sur la somme de 8 062 euros, selon son avis d'imposition rectificatif pour les revenus 2019. Toutefois, ce moyen relatif au bien-fondé de l'indu de RSA est inopérant au soutien des conclusions de Mme C qui tendent à la remise de la dette de revenu de solidarité active et non à l'annulation de l'indu en cause. Ce moyen serait opérant dans le cadre d'un litige faisant suite au rejet d'un recours administratif préalable obligatoire en contestation du bien-fondé de l'indu.

5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête établi le 14 février 2022 par un contrôleur de la caisse d'allocations familiales du Var, dont les mentions, conformément aux dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de Mme C a pour origine la réintégration dans les ressources de son foyer des pensions alimentaires de 210 euros perçues mensuellement et non déclarées dans les déclarations trimestrielles de ressources (DTR) auprès de la caisse d'allocations familiales du Var, depuis le mois de décembre 2020 ainsi que de la prise en compte de son activité d'autoentrepreneur pour la période courant du 3 février 2020 au 24 novembre 2021.

6. Eu égard à la nature des ressources ainsi omises, à la présentation du formulaire de déclaration trimestrielle des ressources, qui prévoit expressément l'obligation de déclarer la situation professionnelle de l'allocataire ainsi que la pension alimentaire perçue et comporte à cet effet une case " pensions alimentaires reçues ", et à la réitération des omissions déclaratives relatives tant aux pensions alimentaires perçues qu'à sa situation professionnelle pendant plus d'un an, Mme C ne peut pas être regardée comme pouvant, de bonne foi, ignorer qu'elle était tenue de déclarer à la CAF la réalité de sa situation professionnelle et la pension alimentaire perçue, alors en outre qu'elle avait, antérieurement au mois de décembre 2020, déclaré ladite pension dans ses déclarations trimestrielles de ressources notamment pour la période courant du mois de septembre 2020 au mois de novembre 2020. Par conséquent, les manquements réitérés à aux obligations déclaratives de l'intéressée doivent être regardés comme de fausses déclarations faisant obstacle à ce qu'elle puisse bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette, quelle que soit la situation de précarité dont elle fait état.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de remise de l'indu de revenu de solidarité active, référencé INK 003, doivent être rejetées.

8. Les motifs de présent jugement qui tranche un litige relatif à un refus de remise de dette n'impliquent pas que soit enjoint au département du Var de procéder au réexamen de l'indu de revenu de solidarité active en prenant en compte pour son calcul la déclaration rectificative des revenus de l'année 2020. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de réexamen de l'indu, présentées par Mme C doivent être rejetées.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'application des articles L761-1 du code justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er: La requête de Mme C est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département du Var.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. DOUMERGUELe greffier,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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