mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2203554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 20 décembre 2022, le préfet du Var demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le maire de Grimaud a délivré le permis de construire n° PC 083 068 21 00127 à la SAS La Compagnie immobilière d'investissement en vue de la réalisation d'une villa, d'une piscine, d'un garage et d'un local poubelle sur la parcelle cadastrée section CP n° 164 (anciennement 91), sise au lieu-dit A sur la route du Plan de la Tour à Grimaud (83 310).
Il soutient que le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne se situe pas dans un secteur déjà urbanisé ni ne s'inscrit dans la continuité d'un habitat diffus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, la commune de Grimaud, représentée par Me Clément, conclut au rejet du déféré et demande que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen soulevé dans le déféré n'est pas fondé.
Le déféré a été communiqué le 29 décembre 2022 à la SAS La Compagnie immobilière d'investissement qui n'a pas produit de mémoire ni versé de pièces à l'instance.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 octobre 2023.
Par un courrier du 14 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la formation de jugement est susceptible de retenir un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité du déféré à raison de la tardiveté de la notification du recours gracieux du préfet du Var.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- les observations de Me Clément, représentant la commune de Grimaud ;
- et les observations de la SAS La Compagnie Immobilière d'investissement.
Une note en délibéré présentée par Me Coussy pour la SAS La Compagnie Immobilière d'investissement a été enregistrée le 22 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 juillet 2022, le maire de Grimaud a délivré à la SAS La Compagnie immobilière d'investissement un permis de construire une villa, une piscine, un garage et un local à ordures sur un terrain situé au lieu-dit A sur la route du Plan de la Tour à Grimaud. Par un courrier du 18 octobre 2022, le maire de Grimaud a rejeté le recours gracieux formé le 14 septembre 2022 par le préfet du Var. Le préfet du Var demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. () ". Lorsque dans le délai de deux mois prévu à l'article L. 2131-6 précité, le préfet, préalablement à l'introduction d'un recours contentieux, saisit l'autorité compétente d'un recours gracieux, ce recours gracieux interrompt le délai de recours contentieux.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du courrier de recours gracieux, que le permis de construire en litige a été reçu en préfecture le 13 juillet 2022. Dès lors, le délai de recours imparti au préfet du Var expirait le 14 septembre 2022. Toutefois, il ressort de l'avis de dépôt ainsi que de l'accusé réception du recours gracieux, que ce recours a été réceptionné par la mairie de Grimaud le 15 septembre 2022, soit après l'expiration du délai de recours. Par suite, il y a lieu de retenir le moyen tiré de la tardiveté du déféré du préfet du Var, soulevé d'office et sur lequel les parties ont été invitées à produire leurs observations par un courrier du 14 décembre 2022.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet du Var n'est pas recevable à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Grimaud du 12 juillet 2022.
5. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat les frais exposés par la commune de Grimaud et non compris dans ses dépens.
DECIDE
Article 1er : Le déféré du préfet du Var est rejeté.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Grimaud sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Var, à la commune de Grimaud et à la SAS La Compagnie immobilière d'investissement.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Doumergue, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. DOUMERGUE La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026