jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2300071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PETIT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2023, M. B E et Mme C A, représentés par Me HOFFMANN, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 10 octobre 2022 par lequel le préfet du Var a déclaré cessibles à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée 10 677 m2 de la parcelle cadastrée n°AB12 et 588 m2 de la parcelle cadastrée n°AC54 leur appartenant, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de communiquer au juge de l'expropriation du tribunal judiciaire de Toulon l'ordonnance à intervenir, afin que celui-ci sursoit au prononcé de l'ordonnance d'expropriation dans l'attente du jugement au fond de la juridiction administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E et Mme A soutiennent que :
La condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle doit être regardée comme remplie en principe à l'égard d'un arrêté de cessibilité et que la préfecture ne peut arguer de circonstances particulières comme l'urgence à réaliser les travaux car le secteur MT16 n'est pas prioritaire et les travaux litigieux ne sont pas prévus avant 2024 ;
Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : incompétence de l'auteur de l'arrêté portant déclaration d'utilité publique et de l'arrêté de cessibilité, méconnaissance des articles R. 112-4 et -5 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, méconnaissance de l'article R. 112-6 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, méconnaissance de l'article R. 112-10 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, méconnaissance de l'article R. 111-12 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, méconnaissance des articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement, exception d'illégalité de l'arrêté portant déclaration d'utilité publique, enfin les atteintes à la propriété privée, le coût financier et les inconvénients d'ordre environnemental que comporte l'opération sont excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Par un mémoire enregistré le 23 janvier 2023, la métropole Toulon-Provence-Méditerranée, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- son intervention est recevable ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 janvier 2023 sous le numéro 2300013 par laquelle M. E et Mme A demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 25 janvier 2023.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Picard, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Hoffmann pour M. E et Mme A,
- celles de M. F pour le préfet du Var,
- et celles de Me Petit pour la métropole Toulon-Provence-Méditerranée.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Vu la noté en délibéré, enregistrée le 25 janvier à 16 : 55, présentée pour M. E et Mme A.
Considérant ce qui suit :
Sur l'intervention de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée :
1. Si la métropole Toulon-Provence-Méditerranée a intérêt au rejet de la suspension de l'arrêté de cessibilité et qu'ainsi son intervention volontaire serait recevable, elle a toutefois été spontanément appelée dans la cause par le Tribunal. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur la recevabilité de son intervention.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Eu égard à l'objet d'un arrêté de cessibilité, à ses effets pour les propriétaires concernés et à la brièveté du délai susceptible de s'écouler entre sa transmission au juge de l'expropriation, pouvant intervenir à tout moment, et l'ordonnance de ce dernier envoyant l'expropriant en possession, la condition d'urgence à laquelle est subordonné l'octroi d'une mesure de suspension en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée, en principe, comme remplie. Il peut toutefois en aller autrement dans le cas où l'expropriant justifie de circonstances particulières, en particulier si un intérêt public s'attache à la réalisation rapide du projet qui a donné lieu à l'expropriation.
4. En toute hypothèse, la suspension des arrêtés portant déclaration d'utilité publique et arrêté de cessibilité, lorsqu'elle intervient après le prononcé de l'ordonnance d'expropriation, est sans incidence sur le transfert de propriété effectué, qui est prononcé du seul fait de l'intervention de cette ordonnance et à la date de celle-ci, et sur la possibilité de prise de possession par l'expropriant des biens expropriés. Par suite, dans le cas où l'ordonnance du juge de l'expropriation est intervenue antérieurement à la demande de suspension de l'exécution de l'arrêté de cessibilité, la condition d'urgence ne saurait être regardée comme remplie.
5. En l'espèce, le juge de l'expropriation du tribunal judiciaire de Toulon a rendu son ordonnance envoyant en possession la métropole Toulon-Provence-Méditerranée de 10 677 m2 de la parcelle cadastrée n°AB12 et de 588 m2 de la parcelle cadastrée n°AC54 appartenant à M. E et Mme A le 30 décembre 2022, avant que soit introduite la présente requête. Dès lors et à supposer même que ladite ordonnance n'ait pas encore été notifiée aux requérants, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie et la demande de suspension d'exécution doit être rejetée pour ce motif.
6. Au surplus, il résulte de l'instruction et, en particulier, du rapport du commissaire-enquêteur en date du 29 novembre 2021 que le Mont-Faron, sur les pentes duquel sont situées les deux parcelles concernées par la décision attaquée portant arrêté de cessibilité, est assujetti à un Plan de Prévention des Risques Mouvements de Terrain approuvé le 20 décembre 2013 et connaît depuis de nombreuses années des problèmes liés à une importante instabilité rocheuse menaçant la sécurité de zones habitées. Du fait de l'importante urbanisation des pentes du Mont Faron, 465 logements (appartements ou maisons individuelles), ainsi que certaines infrastructures et réseaux (route du Faron, corniche Escartefigue, réseau d'adduction d'eau potable) sont localisés à proximité de parois rocheuses instables et sont soumis à des risques de chutes de blocs qualifiés d'" élevés " à " très élevés ". Le projet de mise en sécurité vise à protéger une population évaluée à 1 265 personnes exposées au risque de chutes de pierres et de destruction de leurs logements. A cette population s'ajoutent environ 780 personnes concernées par le risque de rupture de la canalisation d'Eau Potable en cas de chutes des blocs en surplomb. Les travaux de mise en sécurité et de confortement du Mont Faron consistent ainsi à mettre en sécurité 465 logements localisés à proximité des parois rocheuses instables. Dans ces conditions, à supposer même que, sur le programme des travaux prévus ou déjà réalisés, qui doivent s'échelonner sur quinze ans, la tranche, prise isolément, concernant les parcelles appartenant à M. E et Mme A doit être exécutée en 2024 seulement, l'intérêt public de protection des populations et des biens concernés fait obstacle, en l'état de l'instruction, à ce qu'il soit sursis à l'exécution de l'arrêté de cessibilité.
7. Il résulte de ce qui précède que M. E et Mme A ne justifient pas de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
8. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées.
9. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : il n'y a pas lieu de statuer sur la recevabilité de l'intervention de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée.
Article 2 : La requête de M. E et Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B E et Mme C A, au préfet du Var et à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée.
Copie en sera adressée pour information au juge de l'expropriation du tribunal judiciaire de Toulon.
Fait à Toulon, le 26 janvier 2023.
Le vice-président désigné,
Signé
JF. D
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026