lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 avril et le 3 mai 2023, M. C A demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 11 avril 2023 par lequel le président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur a prolongé la suspension de ses fonctions au-delà de quatre mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'administration de le réintégrer et d'en tirer les conséquences de droit, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. A soutient que :
La condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée le prive de la moitié de son salaire, provoquant de graves problèmes financiers compte tenu de ses charges qui sont supérieures à ses ressources, ainsi qu'un important préjudice psychologique et moral ;
Les moyens invoqués sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : insuffisance de motivation, méconnaissance de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 qui prévoit la saisine du conseil de discipline sans délai sur la base d'un rapport de l'administration et la convocation préalable de l'agent 15 jours au moins avant, absence de possibilité de présenter des observations lors de l'entretien du 11 avril 2023 à l'occasion duquel lui a été remise la décision attaquée, erreur manifeste d'appréciation, détournement de pouvoir, sanction déguisée.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 11 et 12 mai 2023, la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 18 avril 2023 sous le numéro 2301145 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 12 mai 2023.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aparicio, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de M. A,
- et celles de Me Schwing pour la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Un mémoire, présenté par M. A, enregistré le 13 mai 2023 à 15 : 43, n'a pas été communiqué.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. La demande de M. A, agent contractuel au sein de la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur Agglomération, tend à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 11 avril 2023 par lequel le président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur a prolongé la suspension de ses fonctions au-delà de quatre mois, à compter du 12 avril 2023.
4. Aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline.
Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. () ".
5. D'une part, l'arrêté attaqué réduit de moitié le traitement de M. A, le plaçant en difficultés pour faire face à ses charges, et alors que l'existence d'autres revenus n'est pas avérée. Ainsi l'agent justifie de l'existence d'une situation d'urgence.
6. D'autre part, en l'état de l'instruction le moyen tiré de ce que l'arrêté critiqué a été pris en méconnaissance de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983, devenu l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique précité, qui prévoit la saisine du conseil de discipline sans délai est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative, et assortir cette suspension d'une injonction ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration, les mesures qu'il prescrit présentent un caractère provisoire.
8. La suspension de l'exécution de l'arrêté du 11 avril 2023 par lequel le président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur a prolongé la suspension de fonctions de M. A au-delà de quatre mois implique nécessairement, compte tenu du motif de suspension retenu, que le président de la communauté d'agglomération procède à la réintégration de l'intéressé à titre provisoire, ou saisisse sans délai le conseil de discipline après avoir de nouveau examiné sa situation, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision. Il y a lieu d'enjoindre au président de la communauté d'agglomération de procéder à l'exécution de cette mesure, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin de l'accompagner d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur dirigées contre M. A qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 11 avril 2023 par lequel le président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur a prolongé la suspension de fonctions de M. A au-delà de quatre mois est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur de procéder à la réintégration de M. A à titre provisoire, ou de saisir sans délai le conseil de discipline après avoir de nouveau examiné sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 15 mai 2023.
Le vice-président désigné,
Signé
JF. B
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Le greffier en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026