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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301977

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301977

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301977
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGRIMALDI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance rendue le 3 juin 2022 sous le n°2201321, devenue définitive, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a décidé :

Article 1er : L'exécution de la décision du 17 janvier 2022 du président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur procédant au licenciement de M. A et de la décision du 30 mars 2022 rejetant le recours gracieux de l'intéressé est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur de procéder à la réintégration de M. A à titre provisoire, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur.

Par une lettre du 17 mai 2023, présentée dans la requête n°2201321, M. A demande au juge des référés de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance rendue le 3 juin 2022.

Par une ordonnance rendue le 26 juin 2023 sous le n°2301977, la présidente du tribunal administratif de Toulon a ouvert une phase juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance rendue le 3 juin 2022.

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 juin 2023 et les 11 et 12 juillet 2023 sous le n°2301977, M. B A demande au juge des référés de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance rendue le 3 juin 2022.

M. A soutient que :

- à ce jour, l'ordonnance N°2201321 n'a pas été respectée par son employeur, dans son ensemble, à savoir suspendre la décision du 17 01 2022 et assortir cette suspension d'une injonction ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration ; en effet, en suspendant la décision du 17 01 2022, les salaires qui lui sont dus à compter de cette date doivent lui être versés ; il a perçu du 1er février au 31 juillet 2022 la somme de 4 571, 25 euros au titre des indemnités journalières de sécurité sociale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2023, la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur, représentée par Me Olivier Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'ordonnance de référé a été exécutée ;

- la rémunération que le requérant réclame constitue un litige distinct ;

- l'intéressé a perçu des indemnités journalières de sécurité sociale pendant ses différents congés maladie, du 4 février 2022 au 15 juillet 2022, qu'il ne peut cumuler avec son traitement ; son traitement lui a ensuite été versé pour la période du 16 au 31 juillet 2022, sous déduction du trop versé correspondant à la période de congé maladie du mois de juin.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 mai 2022 sous le numéro 2201321 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 17 janvier 2022 du président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur procédant à son licenciement et de la décision du 30 mars 2022 rejetant le recours gracieux de l'intéressé.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 13 juillet 2023.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Picard, greffière d'audience, M. Sauton a lu son rapport et entendu :

- les observations de M. A,

- et celles de Me Schwing pour la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur.

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fins d'exécution :

1. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / () Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. / (). " Enfin, l'article R. 921-6 dispose que : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, (), le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / () Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. "

2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par l'ordonnance, le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Lorsque le jugement faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà les mesures qu'il implique nécessairement en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il appartient le cas échéant au tribunal administratif, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du même code, d'en édicter de nouvelles en se plaçant à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.

3. Par une ordonnance rendue le 3 juin 2022 sous le n°2201321, notifiée le jour même aux parties, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a suspendu l'exécution de la décision du 17 janvier 2022 du président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur procédant au licenciement de M. A et de la décision du 30 mars 2022 rejetant le recours gracieux de l'intéressé, et en outre a enjoint au président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur de procéder à la réintégration de M. A à titre provisoire, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

4. M. A, agent contractuel de la fonction publique territoriale, précise à l'audience qu'il sollicite l'exécution de l'ordonnance rendue le 3 juin 2022 en tant que la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur ne lui a pas versé ses salaires au titre de la période courant du 20 janvier au 31 juillet 2022.

5. Toutefois, d'une part, l'ordonnance rendue par le juge des référés, qui a enjoint de procéder pour l'avenir à la réintégration de l'intéressé, n'implique pas que la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur verse à titre rétroactif le traitement de M. A correspondant à la période de son éviction du service. M. A n'est donc pas fondé à solliciter le versement de ses traitements au titre de la période antérieure au 18 juin 2022. D'autre part, s'agissant de la période ultérieure courant du 18 juin au 31 juillet 2022, il est constant que M. A, placé à sa demande en congés maladie, a perçu d'abord des indemnités journalières de sécurité sociale versées par l'organisme sociale, puis son traitement du 16 au 31 juillet 2022. En l'absence de service fait, l'intéressé n'avait donc pas vocation à percevoir, en sus des indemnités de sécurité sociale, ses traitements.

6. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur se serait abstenue d'exécuter l'ordonnance du 3 juin 2022. Par suite, la requête de M. A tendant à prescrire les mesures d'exécution de ladite ordonnance doit être rejetée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la communauté d'agglomération Esterel Côte d'Azur.

Fait à Toulon, le 13 juillet 2023.

Le vice-président désigné,

Signé

JF. SAUTON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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