vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PUIGRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2023, Mme A Maréchal, représentée par Me Puigrenier, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a refusé implicitement de renouveler son contrat de travail à durée déterminée arrivé à échéance le 30 avril 2023, ensemble la décision du 3 juillet 2023 rejetant son recours gracieux en date du 5 mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge du CCAS de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le contrat de travail à durée déterminée se fonde irrégulièrement sur le besoin de l'administration d'assurer le remplacement d'agents publics territoriaux alors que son recrutement s'est justifié par un accroissement temporaire d'activité ;
- la décision portant refus de renouvellement est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée d'une information préalable en ce sens ;
- ladite décision procède d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2023, le président du CCAS de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, représenté par Me Prunier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme Maréchal une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens sont infondés.
Par courrier du 2 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.
Par une ordonnance du 13 mars 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mai 2024 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- et les observations de Mme Maréchal.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Maréchal a été recrutée par un contrat de travail à durée déterminée conclu avec le président du CCAS pour assurer les fonctions d'adjointe administrative du 5 janvier au 28 février 2023, prolongé à deux reprises jusqu'au 30 avril 2023. En l'absence de renouvellement proposé au terme de son troisième contrat, l'intéressée a exercé un recours gracieux auprès du président du CCAS tendant à ce qu'il retire son refus implicite du renouvellement de son contrat de travail né le 30 avril 2023. Ce dernier ayant rejeté le recours gracieux précité par décision du 3 juillet 2023, Mme Maréchal demande l'annulation des décisions lui refusant le renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 38-1 du décret n°88-145 du 15 février 1988 susvisé : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : -huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois () ".
3. La requérante soutient qu'elle n'a reçu aucune notification du CCAS afin de l'informer, préalablement au terme de son contrat, que ce dernier ne serait pas renouvelé. La partie défenderesse ne conteste pas cette circonstance qui, si elle constitue bien un manquement fautif de l'administration territoriale, ne saurait toutefois entraîner l'illégalité de la décision ultérieure de non-renouvellement du contrat. Il s'ensuit ensuite que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme n'étant pas fondé.
4. En second lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.
5. Pour motiver son refus de renouvellement du contrat à durée déterminée de Mme Maréchal, le président du CCAS a répondu à l'intéressée, dans son courrier du 3 juillet 2023, que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD) " aux trois tilleuls " traversait d'importantes difficultés financières et budgétaires. Il a précisé, en outre, que cette situation a conduit à recadrer l'ensemble des dépenses, en privilégiant prioritairement les postes dévolus aux soins des résidents. La partie défenderesse produit, à cet effet, d'une part, une lettre du président du CCAS du 26 juin 2023, dans laquelle ce dernier fait état aux familles, résidents et membres du personnel de l'établissement d'une insuffisance de recette au regard des charges croissantes de ce dernier. D'autre part, le CCAS produit un échange de courriels dans lequel la directrice de l'EPHAD confirme le 17 juillet 2023 la reprise des admissions des résidents, démontrant ainsi la priorité budgétaire annoncée.
6. La requérante soutient que la décision attaquée est dépourvue d'intérêt du service dès lors que son poste a fait l'objet d'une annonce de recrutement publiée le 4 mai 2023, qu'elle produit à l'instance, et que le non-renouvellement se justifie en réalité par sa filiation avec un élu communal. Toutefois, d'une part, si la publication d'une annonce de recrutement ne semble pas cohérente avec l'objectif annoncé par le président du CCAS de privilégier les postes dévolus aux soins des résidents, il n'est pas pour autant établi que le poste en litige ait été pourvu, d'autre part, l'affirmation selon laquelle le non-renouvellement se justifie par le lien de filiation de l'intéressée repose sur des déclarations péremptoires, peu circonstanciées, n'emportant ainsi aucun commencement de preuve. En toute hypothèse, la circonstance que l'EPHAD ait rencontré des difficultés financières ne lui permettant pas de procéder au renouvellement du contrat de
Mme Maréchal, n'étant pas sérieusement contestée par cette dernière, suffit à établir un intérêt du service. Par suite, il convient d'écarter le moyen tiré du détournement de pouvoir.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Maréchal n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions refusant le renouvellement de son contrat à durée déterminée.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme Maréchal au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge du CCAS de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions du CCAS au titre des dispositions précitées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme Maréchal est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CCAS de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Maréchal et au CCAS de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
J.-M. Privat
La greffière
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026