jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303727 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | ANDREANI - HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2023 et le 23 avril 2024, M. B A, représenté par Me Rein, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 août 2023 par laquelle Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) a procédé à sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi et à la suppression de son allocation d'aide au retour à l'emploi, pour une durée d'un mois à compter du 25 août 2023 ;
2°) d'ordonner à France travail PACA de procéder à sa réinscription sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 25 août 2023 avec paiement des droits à indemnisation y afférents ;
3°) d'assortir l'injonction en application des dispositions de l'article L. 911-3 du code de justice administrative d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la date de la décision à intervenir ;
4°) de condamner France travail PACA à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation du préjudice que lui a causé la sanction de radiation, augmentée des intérêts moratoires, à compter de la date de sa demande préalable du 1er septembre 2023 ;
5°) de mettre à la charge de France travail PACA la somme de 2 880 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de sanction du 25 août 2023 est irrégulière car elle n'est pas signée et elle ne mentionne pas l'adresse de l'autorité à laquelle adresser la réclamation en méconnaissance de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision de sanction est infondée car, d'une part, elle ne respecte pas les conditions posées par l'instruction Pôle emploi n°2019-1 du 3 janvier 2019 relative aux manquements aux obligations des demandeurs d'emploi et sanctions applicables en ne prenant pas en compte sa situation, d'autre part, il a justifié d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi ;
- la décision de sanction a causé à M. A un préjudice moral et financier ;
- la demande indemnitaire est recevable car elle a été, auparavant présentée lors du recours administratif préalable obligatoire du 1er septembre 2023 et dans le recours formé auprès du médiateur de France travail du 2 octobre 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024 et un mémoire enregistré le 13 mai 2024, France travail PACA, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- le moyen tiré d l'absence de signature de la décision de sanction doit être écarté ;
- le moyen tiré de l'absence de coordonnées de l'agence destinataire de la réclamation est inopérant ;
- la décision de sanction est fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative
- le code des relations entre le public et l'administration.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Mme C ;
- et les observations de Me Sauret, substituant Me Andreani, représentant France travail Provence Alpes Côte d'Azur.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Me Sauret à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. A s'est inscrit auprès de Pôle emploi, comme demandeur d'emploi le 13 avril 2023. Par courriers du 10 juillet 2023, Pôle emploi lui a adressé un questionnaire de contrôle de recherche d'emploi et a été invité par un conseiller en charge de ce contrôle à un entretien téléphonique le 10 août 2023 et à adresser ses justificatifs des trois derniers mois. Par courrier daté du 10 août 2023, France travail PACA lui a notifié un avertissement avant sanction pour insuffisance d'actions en vue de retrouver un emploi. Par décision du 25 août 2023, France travail PACA a procédé à sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi et à la suppression de l'allocation d'aide au retour à l'emploi de M. A pour une durée d'un mois à compter du 25 août 2023.Cette décision a été confirmée sur recours préalable obligatoire le 20 septembre 2023. Dans la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant d'une part l'annulation de la décision du 20 septembre 2023, d'autre part sa réinscription sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 25 août 2023 avec paiement des droits à indemnisation y afférents et enfin la réparation du préjudice résultant de cette radiation.
Sur la portée des conclusions :
2.Par l'effet du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R5412-8 du code du travail, la décision du directeur de France travail PACA du 20 septembre 2023 s'est substituée à celle du 25 août 2023 qui a disparu de l'ordonnancement juridique. Dès lors, les conclusions de M. A doivent être regardées comme uniquement dirigées contre la décision de France travail PACA du 20 septembre 2023 et les moyens tirés des vices propres dont serait entachée la décision du 25 août 2023 doivent être écartés en tout état de cause comme inopérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de radiation :
3. En premier lieu, M. A ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance ni de l'instruction 2019-1 du 3 janvier 2019 relative aux manquements aux obligations des demandeurs d'emploi, qui est dépourvue de caractère règlementaire.
4.En second lieu aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". Aux termes de l'article L. 5411-6 du code du travail : " Le demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi est orienté et accompagné dans sa recherche d'emploi par Pôle emploi. Il est tenu de participer à la définition et à l'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1, d'accomplir des actes positifs et répétés de recherche d'emploi et d'accepter les offres raisonnables d'emploi telles que définies aux articles L. 5411-6-2 et L. 5411-6-3 ". Aux termes de l'article L. 5412-1 de ce code : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'État, la personne qui : 1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; () ". Aux termes de l'article R. 5411-11 du même code : " Sous réserve des dispenses prévues à l'article L. 5411-8 et au deuxième alinéa de l'article L. 5421-3, le demandeur d'emploi immédiatement disponible accomplit de manière permanente, tant sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, en particulier dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi prévu à l'article L. 5411-6-1, que de leur propre initiative, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise. ()". Aux termes de l'article L 5421-3 dudit code : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent, à leur initiative ou sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ". Aux termes de l'article R. 5411-12 du code du travail : " Le caractère réel et sérieux des démarches entreprises par le demandeur d'emploi est apprécié compte tenu de la situation du demandeur et de la situation du marché du travail local ". Aux termes de l'article R. 5412-1 de ce code dans sa version applicable au litige : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1et L. 5412-2 ".
5.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui relève des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
6.En l'espèce, M. A, soutient, pour contester la décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et la suppression de ses allocations d'aide au retour à l'emploi, qu'il a justifié de sa recherche d'emploi en adressant à France travail PACA, deux jours après l'avertissement avant sanction, soit le 12 août 2023, un dossier reprenant l'ensemble de ses démarches en vue de retrouver un emploi, qui ne se limite pas à une seule candidature spontanée envoyée avant la procédure de contrôle de ses recherches d'emploi, comme l'indique France travail PACA. Toutefois, il résulte de l'instruction que les candidatures spontanées auxquelles se réfère M. A ont été envoyées du 11 juillet au 10 août 2023, soit après le démarrage de la procédure de contrôle de recherche d'emploi engagée le 10 juillet 2023. En revanche, il n'a produit aucune pièce de nature à justifier qu'il a recherché activement un emploi entre le 13 avril 2023 et le 9 juillet 2023, à l'exception d'une candidature spontanée et des inscriptions entre avril et juin 2023 sur plusieurs sites de recherches tels Pôle emploi, cadre emploi, APEC, INDEED, Place Emploi Public. En outre la circonstance avérée qu'il n'était inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi que depuis le 13 avril 2023, qu'il était âgé de 61 ans, diplômé et qualifié, ne l'exonérait pas des obligations fixées par la loi à tout demandeur d'emploi. Dans ces conditions, M. A ne peut pas être regardé comme justifiant d'actes positifs et répétés en vue de trouver un emploi au sens des dispositions citées au point 3 de l'article R5411-11 du code du travail. Par suite, c'est par une exacte application des textes précités et sans commettre d'erreur de fait que Pôle emploi, devenu France travail PACA, a prononcé une sanction de radiation temporaire de M. A de la liste des demandeurs d'emploi et décidé de la suppression de son allocation, pour une durée d'un mois.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant radiation de M. A de la liste des demandeurs d'emploi et suppression de son allocation d'aide au retour à l'emploi, pour une durée d'un mois à compter du 25 août 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence doivent être rejetées les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Il résulte des motifs qui précèdent que la décision contestée de France travail PACA n'est pas illégale. Par suite en l'absence d'illégalité fautive commise par France travail PACA, les conclusions indemnitaires présentées par M. A tendant à la réparation de ses préjudices financier et moral ne peuvent qu'être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie de la présente decision sera adressée à France Travail Provence Alpes Côte d'azur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
Mme C La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026