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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2303871

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2303871

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2303871
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantVEDESI ASSOCIATION D' AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon (2ème chambre) a été saisi par Mme A de trois requêtes visant à contester son admission à la retraite et le refus de son maintien en activité au-delà de la limite d'âge, décisions prises par le maire de Hyères-les-Palmiers. Le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes, jugeant irrecevables les conclusions dirigées contre l'arrêté du 25 juillet 2023 en raison de leur tardiveté, et celles contre la décision du 14 novembre 2023, considérée comme purement confirmative. À titre subsidiaire, il a estimé que le refus de prolongation d'activité était légalement justifié par la tardiveté de la demande de Mme A, qui n'avait pas été présentée dans le délai de six mois précédant la date d'effet de la retraite, conformément aux dispositions applicables. Les conclusions indemnitaires et celles fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête enregistrée le 29 novembre 2023 sous le numéro 2303871, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 14 novembre 2023 par laquelle la directrice générale des services adjointe de la commune de Hyères-les-palmiers a rejeté sa demande de maintien en fonction au-delà de l'âge limite de son activité dans l'emploi et d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel le maire de ladite commune l'a radiée des cadres à compter du 1er février 2024.

Elle soutient que les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa demande était justifiée eu égard au préjudice financier qu'elle a subi par son départ à la retraite et par l'absence de contre-indication médicale à son maintien en activité sur le poste qu'elle occupe.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2024, la commune de Hyères, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

-À titre principal :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est imprécise et ne contient aucun moyen de nature à contester la légalité des décisions attaquées ;

- les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2023 sont tardives dès lors que ledit arrêté lui a été notifié le 1er août 2023 ;

- les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 novembre 2023 sont irrecevables dès lors que ladite décision est confirmative de l'arrêté de radiation des cadres pris le 25 juillet 2023 et qu'en toute hypothèse, la demande de prolongation d'activité n'a pas été faite dans les 6 mois précédant l'échéance de son admission à la retraite ;

-À titre subsidiaire, les moyens sont infondés et le motif tiré de la tardiveté de la demande de prolongation du maintien des fonctions peut être substitué.

Par courrier du 29 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.

Par une ordonnance du 23 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.

II- Par une requête enregistrée le 21 décembre 2023 sous le numéro 2304123, Mme B A, représentée par Me Roux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Hyères-les-palmiers l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite et l'a radiée des cadres à compter du

1er février 2024 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Hyères-les-palmiers d'autoriser son maintien en activité du 1er février 2024 au 1er février 2026, dans un délai de 7 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Hyères-les-palmiers une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté contesté est illégal dès lors que le refus de maintien dans ses fonctions du

14 novembre 2023 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et constitue une sanction déguisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2024, la commune de Hyères, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

-À titre principal :

- les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2023 sont tardives dès lors que ledit arrêté lui a été notifié le 1er août 2023 ;

- les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 novembre 2023 sont irrecevables dès lors que ladite décision est confirmative de l'arrêté de radiation des cadres pris le 25 juillet 2023 et qu'en toute hypothèse, la demande de prolongation d'activité n'a pas été faite dans les 6 mois précédant l'échéance de son admission à la retraite ;

-À titre subsidiaire, les moyens sont infondés et le motif tiré de la tardiveté de la demande de prolongation du maintien des fonctions doit être substitué.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'elle doit être mise hors de cause dès lors qu'elle n'est pas l'auteure de la décision attaquée.

Par courrier du 15 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.

Par une ordonnance du 23 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.

III- Par une requête enregistrée le 21 décembre 2023 sous le numéro 2304125, Mme B A, représentée par Me Roux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Hyères-les-palmiers a rejeté sa demande de maintien en fonction au-delà de l'âge limite de son activité dans l'emploi ;

2°) d'enjoindre à la commune de Hyères-les-palmiers d'autoriser son maintien en activité du 1er février 2024 au 1er février 2026, dans un délai de 7 jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Hyères-les-palmiers une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et constitue une sanction déguisée dès lors qu'elle se fonde sur son état de santé et non sur l'intérêt de service.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, la commune de Hyères, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

-À titre principal, les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 novembre 2023 sont irrecevables dès lors que ladite décision est confirmative de l'arrêté de radiation des cadres pris le 25 juillet 2023 et qu'en toute hypothèse, la demande de prolongation d'activité n'a pas été faite dans les 6 mois précédant l'échéance de son admission à la retraite ;

-À titre subsidiaire, le motif tiré de la tardiveté de la demande de prolongation du maintien des fonctions doit être substitué.

Par une ordonnance du 23 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée le

7 octobre 2024.

IV- Par une requête enregistrée le 5 avril 2024 sous le numéro 2401131, Mme B A, représentée par Me Roux, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Hyères-les-palmiers à lui payer la somme de

35 827,44 euros en réparation des préjudices résultant de l'illégalité de la décision du

14 novembre 2023 portant refus de maintien dans ses fonctions et de l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Hyères-les-palmiers l'a admise à faire valoir ses droits à la retraite et l'a radiée des cadres à compter du 1er février 2024, majorée des intérêts au taux légal avec capitalisation des intérêts échus ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Hyères-les-palmiers une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le refus de maintien à ses fonctions et sa radiation des cadres sont fautives ;

- elle a subi un préjudice financier de 30 827,44 euros et des troubles dans ses conditions d'existence s'élevant à 5 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, la commune de Hyères, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.

Par une ordonnance du 26 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée le

9 septembre 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

- et les observations de Me Vergnon pour la commune de Hyères.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A exerçait des fonctions d'adjointe administrative principale de 1ère classe au sein de la mairie de Hyères. Sa limite d'âge de fin d'activité, fixée à 67 ans, étant atteinte au 1er août 2023, l'intéressée a demandé au maire de la commune une prolongation de 10 semestres par un courrier du 31 janvier 2023. Consécutivement à un avis défavorable de la direction des ressources humaines du 14 mars 2023, Mme A a sollicité une nouvelle demande de prolongation par courrier du 27 mars 2023 et, par attestation du 5 avril 2023, le maire de Hyères l'a autorisée à " prolonger son activité au-delà de l'âge limite de soixante-sept ans () du 1er août 2023 au 1er février 2024 date de sa mise en retraite " et par arrêté du 25 juillet 2023, l'intéressée a été admise à la retraite à compter du 1er février 2024. Par courrier du 14 novembre 2023, Mme A a sollicité un nouveau maintien dans ses fonctions et, par une lettre recommandée avec avis de réception du 14 novembre 2023, la direction des ressources humaines de la commune a refusé cette nouvelle demande. Par ses requêtes, Mme A demande l'annulation de la décision portant refus de son maintien dans ses fonctions, de l'arrêté portant radiation des cadres et l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de ces décisions.

2. Les requêtes n°2303871, n°2304123, n°2304125 et n°2401131 introduites par Mme A, concernent la situation d'une même fonctionnaire. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation des requêtes n°2303871, 2304123, 2304125 :

3. Mme A doit être regardée comme soutenant que la décision du 14 novembre 2023 est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son état de santé lui permettait d'exercer ses fonctions durant la prolongation du maintien sollicité et que l'intérêt du service n'est pas établi.

4. Pour refuser la prolongation du maintien de l'intéressée dans ses fonctions, la commune de Hyères a opposé la circonstance qu'elle avait été " positionnée sur des missions provisoires afin de [lui] permettre de faire le point sur [son] état de santé et [son] futur départ en retraite ", de telle sorte que le poste " ne correspondait pas aux besoins du service ". La requérante conteste la circonstance qu'elle ait bénéficié d'un poste provisoire aménagé pour préparer son départ à la retraite, mais il ressort des pièces du dossier que, consécutivement à son admission à la retraite le 1er février 2024, le comité social territorial s'est réuni le 27 mars 2024 pour approuver la suppression du service de l'université du temps disponible et des trois postes qui le composaient, dont celui de la requérante, au profit de la création d'un seul poste de chargé de mission directement rattaché à la " direction culture " de la commune, en précisant qu'une telle structure ne " [justifiait] pas () deux postes à temps plein et [pouvait] aisément être absorbée par les agents de [ladite] direction ". Dès lors, la décision portant refus de prolongation du maintien de Mme A dans ses fonctions est justifiée par l'intérêt du service et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté comme étant infondé.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 novembre 2023 et, par voie de conséquence, l'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2023, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la défenderesse ni d'examiner la substitution de motif qu'elle fait valoir.

Sur les conclusions indemnitaires de la requête 2401131 :

6. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que les conclusions de Mme A aux fins d'annulation de la décision du 14 novembre 2023 et, par voie de conséquence, de l'arrêté du 25 juillet 2023 sont rejetées. Par conséquent, en l'absence de faute établie, les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être également rejetées.

Sur l'injonction et l'astreinte :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les frais liés à l'instance :

8. Il convient, dans les circonstances particulières de l'espèce de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elle a exposés pour la présente instance et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Hyères présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Hyères et à la caisse des dépôts et de consignations.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

B. Quaglierini

Le président,

Signé

J.-F. Sauton

La greffière

Signé

B. Ballestracci

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

2, 2304123, 2304125, 2401131

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