Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400188

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400188
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCELICE, BLANCPAIN, SOLTNER SCP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 janvier et 3 avril 2024, la commune de Saint-Tropez, représentée par la SELAS Legal Performances agissant par Me Antoine, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la société Kaufman et Broad Provence de lui communiquer le CRAC définitif valant bilan économique de l'opération d'aménagement " Lices-Couvent-Hôpital ", comprenant les documents et informations comptables nécessaires à l'exercice du contrôle et du réexamen de l'exécution financière du traité de concession d'aménagement du 22 août 2011 ainsi qu'à la reddition des comptes de la concession sous astreinte de 5000 euros par jour de retard suivant le prononcé de l'ordonnance ;

2°) de condamner la société Kaufman et Broad Provence à lui verser la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'il y a urgence à statuer compte tenu des contentieux dans lesquels elle est engagée et de la nécessité pour elle d'exercer une défense conforme à ses intérêts. Les documents demandés sont utiles dans le cadre de ces procédures en cours.

Par un mémoire enregistré le 5 mars 2024, la société Kaufman et Broad Provence représentée par la Scp Celice-Texidor-Perier conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la commune de Saint-Tropez à lui verser la somme de 4000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la demande de la commune ne remplit pas les conditions posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.

2. Par un avis d'appel public à la concurrence publié le 23 décembre 2010, la commune de Saint-Tropez a lancé une procédure de consultation en vue de la passation d'une concession d'aménagement portant sur la restructuration urbaine de trois secteurs situés en centre-ville : le couvent, la dalle des Lices et l'ancien hôpital. A l'issue de négociations avec quatre candidats, l'offre de la société Kaufman et Broad Provence a été retenue. Aux termes d'une délibération du conseil municipal du 2 août 2011, le maire de Saint-Tropez a été autorisé à signer la convention de concession, ce qu'il a fait le 22 août suivant. Par un arrêt du Conseil d'Etat n° 413584 du 15 mars 2019, cette convention d'aménagement a été annulée.

3. Aux termes de l'article L. 3131-5 du code de la commande publique dispose que : " Le concessionnaire produit chaque année un rapport comportant notamment les compte retraçant la totalité des opérations afférentes à l'exécution du contrat de concession et une analyse de la qualité des ouvrages ou des services ".

4. La société Kaufman et Broad Provence fait valoir, en défense, que la personne publique ne peut plus invoquer les dispositions précitées du code de la commande publique relatives à l'information de l'autorité concédante, dès lors qu'elle n'a jamais eu cette qualité du fait de l'annulation du contrat de concession en cause par le Conseil d'Etat. Du fait de cette situation, la demande présentée par la commune de Saint-Tropez se heurte à une contestation sérieuse. Par suite, elle ne remplit pas les conditions posées par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et doit être rejetée.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais engagés dans le cadre de la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Saint-Tropez est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Tropez et à la société Kaufman et Broad Provence.

Fait à Toulon, le 31 juillet 2024.

Le Vice-président

Juge des référés,

Signé

Ph Harang

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier.

N°2400188