mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2402735 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ITEM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 août 2024, la commune de Seillons-Source-d'Argens, représentée par Me Monel, demande au juge de référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la communauté de communes Provence Verdon de procéder à une collecte complète et régulière des déchets ménagers et assimilés sur le territoire communal sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes de procéder à la révision du règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés, applicable sur le territoire de la collectivité, dans la mesure où il est constant que ce dernier n'offre pas un niveau de protection de la salubrité publique et de l'environnement ainsi qu'un niveau de qualité de service à la personne équivalents à ceux de la collecte en porte à porte de sorte que le règlement litigieux méconnaît les dispositions du IV de l'article R. 2224-24 du code général des collectivités territoriales ;
3°) d'enjoindre à la communauté de communes de mettre à la disposition des usagers du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés, dont la commune de Seillons-Source d'Argens, un guide de collecte tel que prescrit par l'article R. 2224-27 du code général des collectivités territoriales ;
4°) d'enjoindre à la communauté de communes de communiquer un calendrier de collecte à la commune de Seillons-Source-d'Argens et à l'ensemble des usagers du service public de collecte des ordures ménagères et assimilés.
Elle soutient que :
- les conditions du référé " mesure utile " sont remplies car :
Sur le caractère subsidiaire du référé :
- ni le référé liberté ni le référé suspension ne peuvent être mis en œuvre dans la mesure où systématiquement la communauté de communes ordonne une collecte partielle des déchets ménagers et assimilés, de sorte que la situation reste toujours à la lisière de l'acceptabilité ;
Sur la condition d'urgence :
- il est démontré que la collecte de sacs d'ordures ménagères n'est que partielle et n'est pas effectuée au pied des points de collecte ;
- en outre, la récurrence de ces méfaits et le caractère délibéré de ces derniers ont conduit la commune à adresser le 26 décembre 2023 à la communauté de communes une mise en demeure de collecter et un courrier en date du 8 août 2024 pour solliciter la collecte des déchets ménagers et assimilés ;
- l'irrégularité et l'incomplétude de la collecte des déchets ménagers et assimilés procède d'une volonté délibérée de la communauté de communes de porter atteinte à l'image de la commune de Seillons-Source-d'Argens et à la réputation de son maire en exercice ;
- un tel comportement porte atteinte à la continuité du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés et entraîne un risque imminent pour la sécurité et l'hygiène ;
- le refus de collecte porte inévitablement atteinte au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ;
- il porte aussi atteinte au droit à l'information des usagers du service public de collecte de déchets ménagers et assimilés, qui ne disposent pas d'un planning de collecte des déchets ménagers et assimilés ;
Sur le caractère utile des mesures demandées :
- eu égard à ce qui a été exposé précédemment s'agissant de l'urgence, l'utilité des mesures demandées est justifiée dès lors qu'elles visent à faire assurer le respect des dispositions législatives et réglementaires relatives à la collecte des déchets ménagers et assimilés conformément aux dispositions des articles L. 22214-13 et L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales ;
- à cet égard, le défaut de collecte perdure dans le temps ;
- la communauté de communes refuse de collecter régulièrement et complètement les déchets ménagers et assimilés ;
- un tel comportement porte atteinte au droit à l'information et au droit de vivre dans un environnement sain des usagers du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés ;
- elle ne dispose d'aucun moyen de contrainte à l'égard de la société Véolia ;
- l'incomplétude de la collecte des déchets ménagers et leurs conséquences sur les riverains et usagers ressort d'un constat d'huissier et de deux rapports de la police municipale ;
Sur la condition tenant à ce que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision :
- en l'espèce, les mesures sollicitées ne font pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors qu'elles ont justement vocation à assurer la mise en œuvre des opérations de collecte et de traitement des déchets ménagers et assimilés, laquelle relève de la compétence obligatoire de la communauté de communes aux termes des dispositions des articles L. 22214- 13 et L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, de sorte que cette dernière dispose de la compétence afin de prendre toutes les mesure nécessaires pour permettre une collecte régulière et complète de ces déchets aux différents points de collecte qu'elle a choisis, afin d'éviter une dégradation du service public de la gestion des déchets et l'atteinte à la sécurité et la salubrité publiques qui en résulte ;
Sur l'absence de contestation sérieuse :
- la communauté de communes ne conteste pas la matérialité des faits tenant à l'absence de collecte régulière et complète des déchets ménagers et assimilés ; néanmoins elle déguise l'irrégularité de la collecte des déchets ménagers et assimilés en incivilités ;
- elle détient la compétence exclusive en matière de collecte et de traitement des déchets ménagers et assimilés, conformément aux dispositions des articles L. 2224-13 et L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, la communauté de communes Provence Verdon, représentée par la SELARL ITEM Avocats agissant par Me Marchesini, conclut au rejet de la requête de la commune de Seillons-Source-d'Argens et demande au juge des référés de mettre à la charge de cette dernière la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que :
Sur l'irrecevabilité de la requête :
- en premier lieu, les opérations de collecte et de traitement des déchets des ménages relèvent de la compétence obligatoire des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) aux termes de l'article L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales et non plus de la commune ; la rédaction et la publication du règlement de collecte ont également été transférées aux communautés de communes ;
- la commune, qui perd tout droit d'intervention dans le domaine de compétence transféré à l'EPCI, ne saurait chercher à contourner les effets du transfert par le biais d'une action en justice dont l'objet est de remettre en cause les conditions d'exercice de cette compétence transférée ;
- la commune de Seillons-Source-d'Argens, membre de la communauté de communes, a ainsi perdu tout intérêt à agir pour en contester les modalités de mise en œuvre, sauf à justifier d'une qualité spéciale autre que celle qu'elle tire de son statut de collectivité territoriale ;
- en second lieu, il résulte des termes mêmes de la requête présentée par la commune qu'en réalité, cette dernière n'est pas satisfaite des stipulations et des conditions d'exécution du contrat public conclu entre la communauté de communes Provence Verdon et l'entreprise Véolia, portant sur la collecte des déchets en points d'apport volontaire sur le territoire de la communauté de communes ; ainsi, la commune, qui n'est qu'un tiers au contrat précité, en conteste à l'évidence la validité ou la validité de certaines de ses clauses ainsi que ses conditions d'exécution ;
- la commune de Seillons-Source-d'Argens, en sa qualité de tiers au contrat de collecte passé par la communauté de communes avec la société Véolia, n'a toutefois exercé aucune des voies de recours parallèles qui lui étaient offertes, et cherche à les contourner par l'exercice d'un référé " mesure utile " ;
Sur la condition d'urgence :
- la commune se contente de verser au débat un constat d'huissier en date du 13 août 2024, un rapport d'information en date du 8 aout 2024 ou encore des photographies prises entre le 26 décembre 2023 et le 2 janvier 2024 ;
- si la commune soutient que le comportement persistant de la communauté de communes caractériserait une situation d'urgence, il convient de relever qu'elle a elle-même produit dans une autre instance de référé des pièces, dont un rapport de police du 9 février 2024, afin de démontrer que la collecte des ordures ménagères avait été assurée, y compris au pied des points de collecte ;
- en tout état de cause, la commune se prévaut d'une situation qui perdure dans le temps, faisant obstacle à ce que l'urgence soit constatée ; il en résulte que de tels éléments ne sont pas suffisants pour démonter le caractère récurrent, persistant et systématique des dépôts de déchets ni leur ampleur, leur nature et leur dangerosité ;
Sur la condition tenant à ce que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision :
- la commune a adressé une mise en demeure signifiée à la communauté de communes le 29 décembre 2023 et l'absence de réponse à cette mise en demeure dans un délai de deux mois a fait naître une décision implicite de rejet ; en outre, par courrier en date du 8 août 2024, le maire de la commune a réitéré sa demande et a invité la communauté de communes à retirer, sans délai, les déchets ménagers et assimilés non collectés sur le territoire communal ;
- il en résulte que les mesures sollicitées dans le cadre de ce recours se heurtent à l'exécution de cette autre décision administrative de refus implicite opposée par la communauté de communes ;
- en outre, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la communauté de communes de réviser le règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés applicable sur son territoire est non seulement irrecevable, en ce que le référé " mesure utile " ne peut conduire à ordonner à l'administration de prendre un acte réglementaire, mais elle se heurte à l'exécution dudit règlement ;
Sur le caractère utile de la mesure demandée :
- pour démontrer l'utilité des mesures sollicitées, la commune requérante se prévaut d'un défaut de collecte qui perdure dans le temps sans démontrer en quoi les mesures qu'elle propose sont de nature à y remédier ;
- en outre, si de nombreuses incivilités ont pu être constatées sur le territoire de la commune, consistant notamment dans le dépôt de sacs d'ordures ménagères non triés au pied des points de collecte alors même que ces points de collecte ne sont pas saturés, le maire de la commune n'a, à aucun moment, fait usage de ses pouvoirs de police pour y mettre fin ; il existe bien une alternative aux mesures sollicitées dès lors qu'il revient au maire de la commune de faire respecter les règlements et décisions relatifs à la collecte des déchets édictés par la communauté de communes, pour lutter contre ses incivilités, à défaut de quoi sa carence serait constitutive d'une faute ;
Sur l'existence de multiples contestations sérieuses :
- il n'est nullement établi que la situation dénoncée par la commune requérante résulterait d'un défaut de collecte imputable à la société exploitante ;
- le maire de la commune a l'obligation d'exercer ses pouvoirs de police administrative spéciale que lui confère la loi et par voie de conséquence de faire respecter les délibérations prises par la communauté de communes pour réglementer la collecte des déchets sur le territoire communal ;
- le maire est seul à l'origine du trouble qu'il invoque et qui n'est pas imputable à la communauté de communes ;
- la communauté de communes met en place des actions d'accompagnement aux changements d'habitudes pour les usagers de son service mais ces actions sont difficiles à mettre en place sur le territoire communal au regard de la ligne politique défendue par la commune de ne pas coopérer malgré les très nombreuses rencontres et échanges pour préparer ces évolutions organisées à l'initiative de la communauté de communes ;
Sur le caractère subsidiaire :
- au regard de ce qui vient d'être exposé, cette condition fait manifestement défaut ;
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
- le juge des référés ne peut enjoindre à la communauté de communes de procéder à la révision du règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés dès lors que ce dernier constitue un acte règlementaire ;
- il ne peut également lui enjoindre de mettre à la disposition des usagers du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés un guide de collecte, de même qu'un calendrier de collecte, dès lors que ces mesures ne peuvent être qualifiées de provisoire ou de conservatoire ; l'élaboration d'un tel guide ou d'un calendrier de collecte a nécessairement un caractère permanent ;
- il en va de même pour la mesure visant à enjoindre à la communauté de communes de procéder à une collecte complète et régulière des déchets ménagers et assimilés sur le territoire communal, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bernabeu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Au 1er janvier 2020, la compétence relative à la collecte et au traitement des déchets ménagers a été transférée à la communauté de communes Provence Verdon. Par délibération n° 2022/126 du 11 octobre 2022, le bureau communautaire a validé le plan d'action pour l'homogénéisation du schéma de pré-collecte des déchets ménagers et de la collecte sélective vers une harmonisation des modes de pré-collecte avec un système unique en point d'apport volontaire sur le territoire communautaire. Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024 sous le n° 2400282, la communauté de communes Provence Verdon a demandé au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de la commune de Seillons-Source-d'Argens de faire usage de ses pouvoirs de police afin de faire respecter par ses administrés et par la commune elle-même la règlementation relative à la gestion des déchets des ménages adoptée par la communauté de communes, de faire cesser immédiatement le dépôt des déchets ménagers abandonnés sur le territoire de la commune dans les déchetteries gérées par la communauté de communes et de prendre toutes les mesures utiles, en sa qualité d'autorité de police administrative spéciale, pour porter à la connaissance de la population communale le changement du mode de pré-collecte des déchets ménagers et rappeler les sanctions susceptibles d'être infligées en cas de violation de la règlementation applicable à la collecte des ordures ménagères. Par une ordonnance du 19 mars 2024, le juge des référés du tribunal a rejeté cette demande.
2. Par la présente requête, la commune de Seillons-Source-d'Argens demande au juge des référés, saisi sur le même fondement de l'article L. 521-3 précité, d'enjoindre à la communauté de communes Provence Verdon de procéder à une collecte complète et régulière des déchets ménagers et assimilés sur le territoire communal sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de réviser le règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés applicable sur le territoire de la collectivité, de mettre à la disposition des usagers du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés un guide de collecte, tel que prescrit par l'article R. 2224-27 du code général des collectivités territoriales, ainsi que de communiquer un calendrier de collecte à la commune de Seillons-Source-d'Argens et à l'ensemble des usagers du service public de collecte des ordures ménagères et assimilés.
Sur les conclusions de la commune de Seillons-Source-d'Argens présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toute autre mesure utile sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
5. En outre, aux termes du II de l'article L. 541-3 du code de l'environnement : " En cas d'urgence, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente fixe les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement ".
6. Pour justifier d'une situation d'urgence, la commune de Seillons-Source d'Argens soutient qu'il est démontré que la collecte des sacs d'ordures ménagères n'est que partielle et n'est pas effectuée au pied des points de collecte, que la récurrence de ces méfaits et le caractère délibéré de ces derniers ont conduit la commune à adresser le 26 décembre 2023 à la communauté de communes une mise en demeure de collecter et un courrier en date du 8 août 2024 pour solliciter la collecte des déchets ménagers et assimilés. Elle souligne également que l'irrégularité et l'incomplétude de la collecte des déchets ménagers et assimilés procède d'une volonté délibérée de la communauté de communes de porter atteinte à l'image de la commune de Seillons-Source d'Argens et à la réputation de son maire en exercice et qu'un tel comportement porte atteinte à la continuité du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés et entraîne un risque imminent pour la sécurité et l'hygiène. Elle ajoute que le refus de collecte porte inévitablement atteinte au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé et au droit à l'information des usagers du service public de collecte de déchets ménagers et assimilés, qui ne disposent pas d'un planning de collecte de ces déchets.
7. Toutefois, la commune de Seillons-Source-d'Argens produit à l'instance des photographies prises entre le 26 décembre 2023 et le 2 janvier 2024, lesquelles sont très antérieures à la saisine du juge des référés et ne sauraient caractériser une situation d'urgence justifiant l'intervention immédiate de ce dernier. La commune se prévaut en outre d'un rapport d'huissier du 13 août 2024, dressé à sa demande, accompagné de photographies relatives aux points d'apport volontaire situés route d'Esparron et au lieudit " Les Jonquiers ", qui constate " l'absence de collecte des déchets ménagers et assimilés aux pieds des colonnes " et " des amoncellements de sacs poubelles contenant des déchets ménagers. Une forte odeur se dégage et de nombreuses guêpes volent autour desdits sacs remplis d'ordures ménagère ". Elle produit également un rapport d'information en date du 8 août 2024 émanant de la police municipal, accompagné de photographies relatives au point de collecte " Les Jonquiers ", qui relève " (l)e dysfonctionnement de ces conteneurs inappropriés pour recevoir en toute capacité ces sacs d'ordures ménagères " et " le manque de rotation concernant l'enlèvement et la récolte de containeurs " et en déduit que " ce point de récolte devient insalubre et que des odeurs olfactives émanent de ce lieu (sic) ". Toutefois, ces constatations sont dépourvues de toute précision relative au déroulement des opérations de collecte et de leur fréquence, ainsi qu'à la nature des dysfonctionnements affectant les conteneurs. En outre, ainsi que la communauté de communes le fait valoir en défense, si la commune soutient que le comportement persistant de la communauté de communes, qui ne procéderait qu'à une collecte partielle des déchets ménagers, caractériserait une situation d'urgence, il convient de relever qu'elle a elle-même produit dans une autre instance de référé des pièces, dont un rapport de police du 9 février 2024, afin de démontrer que la collecte des ordures ménagères avait été assurée, y compris au pied des points de collecte, de sorte qu'il ne peut être déduit des seuls documents produits à la présente instance que les dépôts en pied de collecteur sont systématiques, permanents et procèdent de dysfonctionnements imputables à l'organisation de la collecte par la communauté de communes. Enfin, les éléments précités ne sont pas suffisants pour démonter l'ampleur des dépôts de déchets, leur nature et leur dangerosité et, par suite, ces derniers ne permettent pas d'établir l'existence d'un danger grave et imminent sur le plan sanitaire ou environnemental au sens des dispositions, précitées au point 5, de l'article L. 541-3 du code de l'environnement. Par suite et alors que la commune ne produit aucun élément actualisé permettant d'établir un danger immédiat pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement, pour lequel la communauté de communes serait exclusivement compétente, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour permettre l'intervention du juge des référés n'est pas remplie.
8. En outre, et de surcroît, les mesures sollicitées par la commune de Seillons-Source d'Argens à l'égard de la communauté de communes Provence Verdon, exposées ci-dessus au point 2 de la présente ordonnance, ne présentent un caractère ni conservatoire ni provisoire, mais constituent des mesures permanentes, qui n'entrent pas dans l'office du juge des référés saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
9. Enfin, et au surplus, il résulte de l'instruction que la commune a adressé une mise en demeure signifiée à la communauté de communes le 29 décembre 2023 visant, dans un délai de deux mois, à " procéder systématiquement à la collecte du surplus des déchets ménagers résultant directement de l'insuffisance des modalités d'organisation de la collecte des déchets ménagers et assimilés, de telle sorte que sur le territoire communal plus aucun déchet ne soit constaté sur les points de collecte et aux abords des points d'apport volontaires " et à " respecter les modalités d'organisation de la collecte des déchets ménagers qui doit répondre aux exigences posées par le IV de l'article R. 22224-224 du code général des collectivités territoriales ". Il en résulte une décision implicite de rejet née du silence gardé par la communauté de communes pendant un délai de plus de deux mois. En outre, par courrier en date du 8 août 2024, le maire de la commune a réitéré sa demande et a invité la communauté de communes à retirer, sans délai, les déchets ménagers et assimilés non collectés sur le territoire communal. Son silence a également fait naître une décision implicite de refus. Dès lors, les mesures sollicitées dans le cadre de la présente instance tendant à ce qu'il soit enjoint à la communauté de communes Provence Verdon de procéder à une collecte complète et régulière des déchets ménagers et assimilés sur le territoire communal se heurtent à l'exécution de ces décisions administratives de refus implicite opposées par la communauté de communes. En outre, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la communauté de communes de réviser le règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés applicable sur son territoire se heurte également à l'exécution dudit règlement, qui est actuellement en vigueur. En toute hypothèse, eu égard à ce qui a été exposé au point 7, aucune situation de péril grave pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement n'est, en l'espèce, démontrée en l'état du dossier.
10. Il résulte ainsi de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense par la communauté de communes Verdon Provence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la commune de Seillons-Source-d'Argens, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être rejetées également ses conclusions aux fins d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Seillons-Source-d'Argens la somme demandée par la communauté de communes Verdon Provence au titre des frais liés au litige.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de Seillons-Source-d'Argens est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Seillons-Source-d'Argens et à la communauté de communes Verdon Provence.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 22 octobre 2024.
La vice- présidente désignée,
Juge des référés
signé
M. BERNABEU
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026