Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 mars 2025 et le 22 août 2025, M. C... B..., représenté par Me Lebreton, demande au tribunal :
A titre principal :
1°) d’annuler l’arrêté du 24 décembre 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire « vie privée et familial » sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l’entrée du séjour des étrangers et du droit d’asile, et ce dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
A titre subsidiaire :
3°) d’enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 3-1 l’article de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il est entaché d’une erreur manifeste dans l’appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2025, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Karbal, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Lebreton pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant ivoirien né le 18 décembre 2002, est entré en France le
3 juillet 2017. Par un arrêté du 24 décembre 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ». Aux termes de l’article 371-2 du code civil : « Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur. ». Et aux termes de l’article 373-2-2 du même code : « I.-En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié. (…) ».
3. Pour rejeter la demande de titre de séjour, le préfet du Var s’est fondé sur la circonstance que M. B... ne justifiait pas de sa contribution effective à l’éducation et à l’entretien de son fils A... B..., né le 11 février 2020, issu de sa relation avec une ressortissante française, Mme D.... Il ressort toutefois des pièces du dossier que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulon, par un jugement du 4 janvier 2022, antérieure à la décision attaquée, a reconnu l’exercice conjoint de l’autorité parentale entre Mme D... et
M. B..., père de l’enfant Mael de nationalité française, que la résidence de l’enfant est fixée chez la mère, avec l’octroi d’un droit de visite et d’hébergement qui sera exercé tous les samedis de 10h à 17h et a fixé le montant de la pension alimentaire à 50 euros mise à la charge de M. B... en application des articles 371-2 et 373-2-2 du code civil. M. B... justifie en outre qu’il s’acquitte mensuellement de cette pension depuis le mois de mars 2023, soit antérieurement à la décision en litige. Par ailleurs, par la production de l’attestation de Mme D..., mère de son enfant, et celle de sa compagne actuelle, il établit contribuer de manière effective à son entretien et son éducation. M. B... réunit ainsi les conditions pour se voir délivrer de plein droit une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an en qualité de parent d’enfant français.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision portant refus de séjour du 24 décembre 2024. Il en va de même, par voie de conséquence, de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de celle fixant le pays de son renvoi.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
5. Le présent jugement implique ainsi qu’il soit ordonné au préfet du Var, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation de l’intéressé, de délivrer à M. B... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » portant la mention parent d’enfant français dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 24 décembre 2024 du Préfet du Var est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation de l’intéressé, de délivrer à M. B... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » portant la mention parent d’enfant français dans un délai de deux mois à compter de date de notification du présent jugement.
Article 3 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2025.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBAL
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 mars 2025 et le 22 août 2025, M. C... B..., représenté par Me Lebreton, demande au tribunal :
A titre principal :
1°) d’annuler l’arrêté du 24 décembre 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire « vie privée et familial » sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l’entrée du séjour des étrangers et du droit d’asile, et ce dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
A titre subsidiaire :
3°) d’enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 3-1 l’article de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il est entaché d’une erreur manifeste dans l’appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2025, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Karbal, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Lebreton pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant ivoirien né le 18 décembre 2002, est entré en France le
3 juillet 2017. Par un arrêté du 24 décembre 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. Aux termes de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ». Aux termes de l’article 371-2 du code civil : « Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur. ». Et aux termes de l’article 373-2-2 du même code : « I.-En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié. (…) ».
3. Pour rejeter la demande de titre de séjour, le préfet du Var s’est fondé sur la circonstance que M. B... ne justifiait pas de sa contribution effective à l’éducation et à l’entretien de son fils A... B..., né le 11 février 2020, issu de sa relation avec une ressortissante française, Mme D.... Il ressort toutefois des pièces du dossier que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulon, par un jugement du 4 janvier 2022, antérieure à la décision attaquée, a reconnu l’exercice conjoint de l’autorité parentale entre Mme D... et
M. B..., père de l’enfant Mael de nationalité française, que la résidence de l’enfant est fixée chez la mère, avec l’octroi d’un droit de visite et d’hébergement qui sera exercé tous les samedis de 10h à 17h et a fixé le montant de la pension alimentaire à 50 euros mise à la charge de M. B... en application des articles 371-2 et 373-2-2 du code civil. M. B... justifie en outre qu’il s’acquitte mensuellement de cette pension depuis le mois de mars 2023, soit antérieurement à la décision en litige. Par ailleurs, par la production de l’attestation de Mme D..., mère de son enfant, et celle de sa compagne actuelle, il établit contribuer de manière effective à son entretien et son éducation. M. B... réunit ainsi les conditions pour se voir délivrer de plein droit une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an en qualité de parent d’enfant français.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision portant refus de séjour du 24 décembre 2024. Il en va de même, par voie de conséquence, de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de celle fixant le pays de son renvoi.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
5. Le présent jugement implique ainsi qu’il soit ordonné au préfet du Var, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation de l’intéressé, de délivrer à M. B... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » portant la mention parent d’enfant français dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 24 décembre 2024 du Préfet du Var est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation de l’intéressé, de délivrer à M. B... un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » portant la mention parent d’enfant français dans un délai de deux mois à compter de date de notification du présent jugement.
Article 3 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 9 octobre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2025.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBAL
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,