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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2502186

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2502186

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2502186
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantOREGGIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B..., ressortissant nigérian, qui contestait l'arrêté préfectoral du 14 avril 2025 lui refusant un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire. Le requérant invoquait notamment l'état de santé de son fils mineur pour bénéficier des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a estimé que les pièces médicales produites ne démontraient pas que le défaut de prise en charge aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et a écarté ce moyen. Il a également jugé que l'arrêté ne méconnaissait pas l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, la scolarisation du fils aîné ne suffisant pas à établir une atteinte à son intérêt supérieur.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2025, M. C... B..., représenté par Me Oreggia, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 14 avril 2025 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un certificat de résident, portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 23 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.



Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2025, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélayel, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant nigérian né le 10 décembre 1990, est entré en France le 16 décembre 2018. Le 15 octobre 2024, il a sollicité la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour. Par un arrêté du 14 avril 2025, le préfet du Var a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d’un an, en l’informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.


2. En premier lieu, l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (…) ». Aux termes de l’article L. 425-10 du même code : « Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. / (…) Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ».




3. En l’espèce, pour rejeter la demande de délivrance d’une autorisation provisoire de séjour déposée par M. B..., le préfet du Var s’est fondé sur l’avis du collège de médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) en date du 24 janvier 2025, aux termes duquel si l’état de santé A..., fils de M. B..., nécessite une prise en charge médicale, le défaut d’une telle prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d’une exceptionnelle gravité.


4. M. B... soutient que la situation médicale de son fils A..., handicapé est très grave. Toutefois, les pièces médicales qu’il produit à l’appui de ses allégations, décrivant sa pathologie (probable diplégie spastique) et soulignant ses besoins en kinésithérapie et d’appareillage, ne permettent pas de tenir pour établie l’existence de conséquences d’une exceptionnelle gravité en l’absence de tels soins. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.


5. En deuxième lieu, aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».


6. M. B... fait valoir l’état de santé de son fils A..., et la circonstance que son fils aîné est scolarisé en France et a effectué ses premiers apprentissages en langue française. Toutefois, compte tenu des motifs exposés au point 4 du présent jugement, de ce que la seule scolarisation du fils aîné de l’intéressé ne saurait suffire à établir que son intérêt supérieur aurait été méconnu, et de ce que l’arrêté n’a pas pour effet de porter atteinte à la cellule familiale, M. B... n’est pas fondé à soutenir que les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant auraient été méconnues par le préfet du Var. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.


7. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’arrêté attaqué serait entaché d’une erreur manifeste d’appréciation sur la situation personnelle de l’intéressé. Par suite, ce moyen doit être écarté.


8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée.



D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.





Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet du Var.


Délibéré après l’audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2025.



Le rapporteur,

Signé

D. HELAYELLe président,

Signé

Ph. HARANG
La greffière,

Signé

V. VIVES


La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.

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