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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2600390

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2600390

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2600390
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDEMES AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, rejette la demande d'un particulier visant à enjoindre à la commune de Fayence de lui communiquer des documents administratifs. Le juge estime que la requête, fondée sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est irrecevable car elle chercherait à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative préalable de refus implicite de communication, intervenue en application des articles L. 342-1 et R. 343-4 du code des relations entre le public et l'administration. La demande de condamnation de la commune au titre des frais irrépétibles est également rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 17 janvier 2026 et des mémoires enregistrés les 5, 15 et 24 février 2026, M. B... D... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner à la commune de Fayence de lui communiquer dans un délai de 48 heures l’intégralité des documents identifiés dans les avis de la CADA ;

2°) dire que la décision à intervenir sera exécutoire immédiatement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2026, la commune de Fayence, représentée par l’association DEMES agissant par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 4.000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le vice-président du Conseil d’Etat a désigné M. C... en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 2 février 2026.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l’audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Aux termes de l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande (…) ». Aux termes de l’article L. 342-1 du même code : « La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux. ». Aux termes de l’article R. 343-4 du même code : « Le silence gardé pendant le délai prévu à l'article R. 343-5 par l'administration mise en cause vaut décision de refus. ». Enfin, aux termes de l’article R. 343-5 du même code : « Le délai au terme duquel intervient la décision implicite de refus mentionnée à l'article R. 343-4 est de deux mois à compter de l'enregistrement de la demande de l'intéressé par la commission. ».

3. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d’urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c’est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative. S’il peut en particulier ordonner, lorsque les conditions posées par l'article L. 521-3 sont réunies, la communication de documents administratifs, sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, les pouvoirs qu’il tient de ces dispositions ne peuvent le conduire à faire obstacle à l’exécution de la décision, explicite ou implicite, par laquelle l’autorité administrative a rejeté la demande de communication de documents qui lui a été présentée. Il en résulte qu’il appartient au juge des référés de rejeter la demande dont il est saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 dès lors qu’une telle décision est intervenue, que ce soit antérieurement à l’enregistrement de la demande ou en cours d’instance.

4. En l’espèce, il résulte de l’instruction que la commune de Fayence a accusé réception du courrier du 22 décembre 2025 adressé à son maire, sollicitant la communication des documents dont ils demandent aujourd’hui la communication dans le cadre de la présente instance, et « qu’à ce jour, les documents réclamés n’ont pas été communiqués ». Dans ces conditions, il existe bien une décision administrative de refus de la commune de Fayence de communiquer les documents sollicités. Il s’ensuit que la mesure de communication desdits documents aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative. Par suite, les conclusions du requérant sont irrecevables. Il s’ensuit, qu’en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, il y a lieu de rejeter la requête de M. A... en toutes ses conclusions.

Sur les conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Fayence sur le fondement des dispositions de l’article. L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fayence au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée M. B... A... et à la commune de Fayence.


Fait à Toulon, le 25 février 2026.


Le président du tribunal par intérim,



signé

Ph. C...



La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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