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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2600655

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2600655

mardi 10 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2600655
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPOLITANO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'annulation du permis de conduire. Le juge estime que le requérant n'a pas justifié du caractère d'urgence de sa situation, condition nécessaire pour obtenir une suspension en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. L'ordonnance se fonde sur l'article L. 522-3 du même code, permettant le rejet d'une demande ne présentant pas ce caractère d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Politano demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 08/11/2025 portant annulation de son permis de conduire ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer, de manière rétroactive, les trois points illégalement retirés dans un délai de 15 jours à compter de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l’Etat à lui payer la somme de 2.000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
2. Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ». L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (…) le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
4. Pour justifier l’urgence qui s’attache, selon lui, à suspendre l’exécution de l’arrêté en litige, M. A... se borne à indiquer que son permis de conduire lui est indispensable dans le cadre de son activité professionnelle. Cependant, le requérant se borne à verser aux débats sa carte professionnelle ainsi que la fiche de situation de son entreprise et ne produit donc aucune justification permettant d’établir que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation tant professionnelle que personnelle. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, sans qu’il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause est en l’espèce satisfaite.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Toulon, le 10 février 2026.

Le juge des référés,


Signé

Ph. HARANG

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, ministre d’Etat en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière.


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