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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2600887

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2600887

mercredi 11 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2600887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDUHAMEL MORGAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d'une interdiction de retour. Le juge a estimé que les moyens soulevés par le requérant, notamment sur l'incompétence de l'auteur de l'acte et l'erreur manifeste d'appréciation, ne créaient pas un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. La décision s'appuie sur les conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administratif, la condition de l'urgence n'ayant pas eu à être examinée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 février 2026, M. A... B... représenté par Me Duhamel demande au juge des référés de suspendre l’arrêté du 15 janvier 2026 portant obligation de quitter le territoire, assortie d’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de 2 ans.

Il soutient que :
La décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ;
L’auteur de l’acte n’était pas compétent ;
Le préfet du Var a commis une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle. En effet, il n’a jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation pour les faits allégués.
La faculté d’expulser les délinquants doit se révéler nécessaire dans une société démocratique, c’est-à-dire justifiée par un besoin social impérieux et, notamment, proportionnée au but légitime poursuivi
Il est professionnellement inséré sur le territoire français, il entretient des liens forts et pérennes avec son cousin et plusieurs personnes présentes sur le territoire et enfin, il présente des garanties de représentation. Pour toutes ces raisons, ils serait particulièrement disproportionné de prononcer une obligation de quitter le territoire à son encontre assortie d’une interdiction de retour pendant 2 ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2026, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2600945 par laquelle M M. A... B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le Vice-président du Conseil d’Etat a désigné M. Harang en qualité de président par intérim du Tribunal par arrêté du 2 février 2026.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.

Au cours de l’audience publique, M. Harang a lu son rapport, les parties n’étant, ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (...) ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L’une des conditions mises à l’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’étant pas remplie, il y a lieu, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d’injonction de la requête de M. B....



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 11 mars 2026.

Le président par intérim du Tribunal,
Juge des référés

Signé

Ph. Harang

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier

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