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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2601566

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2601566

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2601566
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision du ministre de l'intérieur ayant entraîné la perte totale des points du permis de conduire du requérant, son interdiction de conduire et l'annulation de son titre. Le juge estime que le requérant n'a pas justifié du caractère d'urgence, condition nécessaire pour obtenir une suspension en référé, car il n'a pas démontré que les effets de la décision portaient une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. La décision est rendue en application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision référencée 48 SI, non réceptionnée, par laquelle le ministre de l’intérieur l’a informé de la perte totale du capital de points affectés à son permis de conduire, l’interdiction de conduire et l’injonction de restituer son titre de conduite annulé pour défaut de points ;

2°) d’ordonner à l’administration de rétablir, provisoirement, son droit de conduire dans l’attente de la décision au fond ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat les entiers dépens.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
2. Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ». L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (…) le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».
4. Pour justifier l’urgence qui s’attache, selon lui, à suspendre l’exécution de l’arrêté en litige, M. B... soutient que son permis de conduire lui est indispensable dans le cadre de son activité professionnelle consistant en l’exécution de missions d’intérim dans le secteur du BTP, lesquelles impliquent des déplacements sur divers chantiers et qu’il justifie, par ailleurs, d’une situation financière précaire. Toutefois, en se bornant à produire les fiches horaires des transports en commun, des justificatifs de virements bancaires au bénéfice de sa compagne ainsi qu’un document attestant des charges mensuelles de son foyer, non assorti de justificatifs pertinents, le requérant ne produit aucune justification suffisante permettant d’établir que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation tant professionnelle que personnelle. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, sans qu’il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause est en l’espèce satisfaite.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête présentée par M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Toulon, le 03 avril 2026

Le juge des référés,

Signé

Ph. HARANG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière.

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