jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PAUL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 avril 2021 et le 14 février 2022, et un mémoire enregistré le 1er juin 2022 qui n'a pas été communiqué, la SCI Elzo, représentée par la SCP KPL Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2021 par lequel le maire de Niort a délivré à la SCI Nanoh un permis autorisant le changement de destination d'un entrepôt commercial et la construction de deux logements ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Niort la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 24 février 2021 a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire sur la question de l'évacuation des eaux pluviales, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'illégalité à raison du caractère irréalisable des prescriptions relatives aux eaux pluviales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 12 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Niort relatif au stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article III 1.2 du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine de Niort.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 juillet 2021 et le 12 avril 2022, la commune de Niort conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 7 septembre 2021 et le 9 mars 2022, la SCI Nanoh, représentée par Me Paul, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, la requérante étant dépourvue d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Pielberg, représentant la SCI Elzo, de Mme B, représentant la commune de Niort et de Mme A, représentant la SCI Nanoh.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 février 2021, le maire de la commune de Niort a délivré à la SCI Nanoh un permis autorisant le changement de destination d'un entrepôt commercial et la construction de deux logements au 37 rue Alsace Lorraine. Par une requête du 26 avril 2021, la SCI Elzo, propriétaire d'un immeuble mitoyen, situé 41 rue Alsace-Lorraine, demande au tribunal d'annuler ce permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes ().
3. Si la requérante soutient que l'arrêté du 24 février 2021 a été signé par une autorité incompétente, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que par un arrêté du 27 mai 2020, le maire de Niort a donné à M. C délégation pour signer les autorisations d'utilisation du sol et, d'autre part, que cet arrêté ayant été publié le 28 mai 2020 et transmis au préfet, il était exécutoire. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 24 février 2021 a été signée par une autorité incompétente.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.* 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () "
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'étude de faisabilité et de la notice descriptive produites par la SCI Nanoh bénéficiaire du permis de construire litigieux, que les eaux pluviales de la construction existante étaient déjà raccordées pour leur évacuation au réseau public. Dans ces circonstances, et à supposer que les eaux pluviales entrent dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 431-9 précité, dès lors qu'aucun raccordement ne devait être créé, le plan de masse n'avait pas à en préciser les modalités. Il en résulte que la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.
6. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté litigieux, lequel comporte un article unique qui dispose que le permis de construire est accordé, que cet accord n'est assorti d'aucune réserve ou prescription. En outre, il ressort des pièces du dossier que les dispositions relatives aux eaux pluviales mentionnées dans l'arrêté se contentent de reproduire l'avis favorable au projet émis par le service assainissement de la communauté d'agglomération de Niort le 26 janvier 2021, lequel, en indiquant que l'évacuation des eaux pluviales doit être réalisée par stockage et infiltration sur la parcelle et qu'il n'y aura pas de rejet dans le réseau public, se contente de rappeler les dispositions de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces circonstances, et dès lors que le service assainissement a donné un avis favorable sans aucune réserve au projet présenté, ce rappel des règles applicables revêt un caractère purement informatif et ne présente pas le caractère d'une prescription. Il en résulte que la requérante ne peut utilement soutenir que l'arrêté litigieux comporte des prescriptions irréalisables.
7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article UC 12 du règlement du PLU relatif au stationnement, " Les aires de stationnement des véhicules doivent répondre aux normes de stationnement indiquées ci-après : /Destination projetée /Habitat : 1 place de stationnement par tranche commencée de 80 m² de surface de plancher. Cette règle ne doit pas contribuer à imposer plus de 2 places par logement. /Artisanat, Industrie : 1 place de stationnement par tranche commencée de 80 m² de surface de plancher () / En cas de changement de destination, il ne sera exigé que les places de stationnement correspondant au différentiel entre les deux destinations. /L'ensemble des dispositions prévues dans cet article ne s'applique pas aux demandes d'extension ou de surélévation apportées aux immeubles de logements existants sans création de logement supplémentaire. Ces dispositions ne s'appliquent pas non plus dans le cas de création de surface de plancher liée à une annexe (habitation) sans création de logement supplémentaire ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, qui prévoit la création de deux logements sur une superficie totale de 313 m², disposera de deux places de stationnement et non des quatre places exigées par les dispositions précitées. Toutefois, dès lors que le projet litigieux vaut changement de destination du bâtiment existant, d'un entrepôt à un immeuble d'habitation, et qu'il résulte des dispositions précitées que la règle imposant une place de stationnement par tranche commencée de 80 m² de surface de plancher s'applique également à un entrepôt, seules sont exigibles les places de stationnement correspondant au différentiel entre les deux destinations.
9. Il ressort des pièces du dossier que l'entrepôt dont le projet litigieux prévoit la transformation dispose d'une surface de 191 m2 et aurait en conséquence dû disposer de trois places de stationnement. Toutefois, il n'est pas établi que ces places aient existé et le dossier de demande de permis de construire indique qu'il n'existe aucune place de stationnement. Il en résulte que, contrairement à ce que soutient la commune de Niort, le projet ne peut bénéficier des trois places de stationnement préexistantes, lesquelles ne peuvent en conséquence pas venir en déduction des quatre places devant être créées en raison de la transformation de l'entrepôt en logements.
10. Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.
11. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté litigieux, en autorisant le projet de transformation précité, lequel emporte la création de deux places de stationnement alors que l'entrepôt préexistant n'en disposait pas, a pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions jusqu'alors méconnues de l'article UC 12 du plan local d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article III 1.2 du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine de Niort, " Insertion dans l'environnement : Les constructions neuves doivent présenter un aspect "relationnel" direct avec les immeubles environnants, en particulier, il doit être tenu compte de l'ordonnancement du bâti existant porté à conserver aux plans graphiques, des matériaux et des proportions des ouvertures. / Les éléments de raccordement avec les édifices voisins doivent tenir compte de la modénature, du niveau, des égouts de toiture et de l'altitude des étages du bâti existant porté à conserver. /Une cohérence architecturale est exigée entre le bâti existant et le bâti créé ou existant modifié ". Aux termes de l'article III 1.2.2 de ce même règlement, " Création d'édifices nouveaux et extension de bâtiments existants / B- Toitures / () Les toitures terrasse sont autorisées pour les constructions relevant de la création architecturale et les extensions () ".
13. D'une part, ces dispositions, qui exigent seulement que les constructions neuves présentent un aspect relationnel direct avec les immeubles environnants, n'interdisent pas de créer un retrait sur une partie des façades d'une construction neuve. En outre, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment issu de la transformation et de la surélévation du bâtiment existant sera pour l'essentiel aligné sur les immeubles mitoyens, un retrait n'intervenant qu'au deuxième étage du futur immeuble. En tout état de cause, ce retrait présente un aspect relationnel direct avec l'immeuble mitoyen de la société requérante, qui comporte plusieurs parties en retrait.
14. D'autre part, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que les toitures-terrasses sont autorisées pour les extensions, ce qui est le cas du projet litigieux, lequel ne constitue pas une construction, mais une extension et surélévation d'un bâtiment préexistant comportant déjà une toiture-terrasse.
15. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît le règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine de Niort.
16. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Niort, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à la requérante une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Elzo une somme de 1 200 euros à verser à la SCI Nanoh au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Elzo est rejetée.
Article 2 : La SCI Elzo versera à la SCI Nanoh une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Elzo, à la SCI Nanoh et à la commune de Niort.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026