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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102016

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102016

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102016
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROUCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2021 et des mémoires enregistrés les 3 décembre 2021, 4 février 2022 et 15 avril 2022, M. G D et Mme H C, épouse D, représentés par la société d'avocats AARPI Lexora, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 17291210014 du 10 mai 2021 par lequel le maire de Puilboreau a accordé à M. E et Mme F un permis de construire en vue de procéder à la construction d'une maison, ainsi que des décisions implicites rejetant leurs recours gracieux formés le 28 juin et le 27 juillet 2021;

2°) d'annuler l'arrêté n° PC 17291 21 0014 M01 du 13 janvier 2022 par lequel le maire de Puilboreau a accordé un permis de construire modificatif à M. E et Mme F ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Puilboreau, de M. E et de Mme F une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision contestée méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que la demande n'était accompagnée ni d'un document graphique ni d'aucun élément permettant d'apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et son impact visuel ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 1.8 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la Rochelle dès lors que le nombre de places de stationnement exigé n'a pas été respecté, alors que le projet prévoit en réalité la réalisation de deux logements et que la voie de desserte des stationnements est d'une largeur inférieure à 5,5 mètres et n'est pas végétalisée ;

- elle méconnaît les dispositions des points UL 4.1 et UL 4.2.3 ainsi que l'orientation 4 " Construire aujourd'hui " des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) du PLUi de la Rochelle dès lors, premièrement, que le projet ne prévoit ni porche, ni portail, ni clôture en limite de la voirie, deuxièmement, que la voie d'accès ne comporte pas de bande plantée intégrant des végétaux de tailles et d'essences variées et, troisièmement, que l'annexe située en limite séparative est d'une hauteur supérieure à 4 mètres ;

- elle méconnaît les dispositions du point UL 5 du PLUi dès lors que le projet ne comporte pas une superficie d'espaces favorables à la nature suffisante, alors que la voie d'accès au projet ne peut être prise en compte pour le calcul du coefficient de biotope ;

- le projet n'est pas conforme aux articles 4.4 et 4.7 de l'OAP " Construire aujourd'hui " du PLUi dès lors qu'il prévoit la réalisation de volumes complexes et que l'annexe ne fait l'objet ni d'un accompagnement végétal, ni d'une implantation discrète ;

- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article R. 554-21 du code de l'environnement dès lors que le gestionnaire du réseau électrique n'a pas été consulté ;

- le permis de construire a été obtenu par fraude dès lors que le projet prévoit en réalité la construction de deux logements et qu'il a donné lieu à l'arrachage de plus de quatre arbres contrairement à ce qui est indiqué dans le dossier de demande ;

- elle méconnait les dispositions de l'article 1.9 du PLUi dès lors que la voie d'accès à la construction comporte une largeur inférieure à 3 mètres.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2022, la commune de Puilboreau, représentée par la SCP KPL avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par des mémoires en défense enregistré les 24 janvier 2022, 14 avril 2022 et 28 avril 2022, M. B E et Mme A F, représentés par Me Baudry, concluent au rejet de la requête et demandent au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme D la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants et au titre de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens n'est fondé.

La clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boutet,

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,

- et les observations de Me Pielberg, représentant la commune de Puilboreau.

Considérant ce qui suit :

1. M. G D et Mme H D sont propriétaires d'une maison située à Puilboreau. Par un arrêté du 10 mai 2021, le maire de Puilboreau a délivré un permis de construire n° PC 17291210014 à M. E et à Mme F pour la construction d'une maison individuelle sur le terrain attenant à leur propriété, situé . Par deux demandes, formulées par M. D le 28 juin 2021 et par Mme D le 27 juillet 2021, les requérants ont formé un recours gracieux devant le maire de Puilboreau. Un permis de construire modificatif n° PC 17291 21 0014 M01 a été délivré le 13 janvier 2022 à M. E et à Mme F afin d'augmenter la surface de pleine terre du projet et de limiter la hauteur de l'annexe située en limite séparative à 4 mètres. Par la présente requête, M. et Mme D demandent l'annulation des arrêtés du 10 mai 2021 et du 13 janvier 2022 ainsi que des décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". L'article R. 431-10 de ce code précise : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale décrit l'environnement du terrain dans une zone accueillant des habitations de styles variés avec couvertures en tuile. Elle précise l'implantation de la maison, pour partie située sur chacune des limites séparatives, en situation de " second rang " par rapport à la voie publique. Le plan de masse et le plan de situation indiquent les constructions voisines dont celles des requérants. Si les documents photographiques font apparaître l'insertion du projet dans son environnement seulement sous l'angle de la voie publique, qui ne permet de visualiser que la voie d'accès et pas la construction dans son ensemble compte tenu de sa situation en second rang, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance aurait privé le service d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable, compte tenu notamment de la production du plan de façade qui permet de représenter le volume et l'aspect extérieur du bâtiment. S'agissant de la végétation et des éléments paysagers, la notice descriptive fait apparaître le coefficient de biotope pour 243 m² de pleine terre. Elle précise que le chemin d'accès sera entièrement engazonné et en partie planté, seule une petite partie à proximité de la piscine recevant une terrasse en bois. Elle indique également que quatre arbres seront replantés en remplacement des quatre arbres supprimés. Le plan de masse permet de visualiser les espaces de pleine terre et, dans sa version présentée à l'appui de la demande de permis de construire modificatif, la localisation des arbres replantés. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'ensemble des documents produits à l'appui de la demande de permis de construire permettait au service instructeur d'apprécier le projet dans son environnement, y compris par rapport aux constructions voisines dont celles des requérants. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code l'urbanisme citées au point 2 doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.8.1 du règlement du PLUi de la communauté d'agglomération de La Rochelle : " Le stationnement des véhicules correspondant aux normes imposées pour les constructions et installations doit être assuré, en dehors des voies publiques, sur le terrain d'assiette du projet ou dans son environnement immédiat. (). / Les voies internes de desserte du parking doivent avoir une largeur minimale de 5,5 m pour permettre les circulations et manœuvres. () Lorsque le stationnement est réalisé en surface, une attention particulière devra être portée à l'intégration paysagère des espaces (organisation des places de stationnement, végétalisation, choix des revêtements) afin d'en limiter l'impact visuel et environnemental. () ". Cet article précise par ailleurs que pour les logements situés en zone 3, la norme est d'une place de stationnement par tranche de 60 m² de surface de plancher avec un minimum de 1,3 places par logement, sans qu'il ne soit exigé plus de deux places de stationnement par logement.

6. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande, tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

7. D'une part, les requérants soutiennent que le nombre de places de stationnement autorisé est insuffisant aux regard des dispositions de l'article 1.8.1 du règlement PLUi, dès lors que les pétitionnaires auraient en réalité l'intention de construire deux logements. Il ressort toutefois du dossier de demande de permis de construire que les requérants ont entendu demander l'autorisation de création d'un seul logement. Les éléments produits par les requérants, notamment le constat d'huissier du 22 novembre 2021 faisant état de la construction d'un mur de pignon orienté vers le jardin dans le prolongement duquel, à proximité immédiate, des travaux de terrassement ont été réalisés, ainsi que le plan de coupe indiquant la création de deux accès distincts sur le jardin, ne permettent pas d'établir l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration s'est prononcée sur la demande d'autorisation. Dans ces conditions, le permis de construire, qui prévoit la création de deux places de parking, ce qui correspond au minium exigible pour un seul logement quelle que soit sa superficie en zone 3, ne méconnait pas les dispositions de l'article 1.8.1 du PLUi. Les requérants soutiennent, d'autre part, que la bande de terrain qui permet de relier l'espace de stationnement des véhicules à la voie publique n'est pas d'une largeur de 5,5 mètres, telle que prévue à l'article 1.8.1 précité du PLUI. Ces dispositions ne sont toutefois pas applicables en l'espèce, dès lors que la bande de terrain en litige, d'une largeur de trois mètres, ne constitue pas une " voie interne " au sens du PLUi, mais un simple chemin d'accès qui n'est pas soumis à une largeur minimale. Enfin, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif que le chemin d'accès et l'aire de stationnement seront réalisés en pleine terre entièrement engazonné et en partie planté, la bande de roulement imperméable ayant été supprimée par rapport au permis de conduire initial. Le permis de construire n'a donc pas non plus méconnu les dispositions de l'article L. 1.8.1 du règlement PLUi s'agissant de l'intégration paysagère des espaces de circulation et de stationnement.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 1.9 du règlement du PLUi relatif aux conditions d'accès au terrain d'assiette de la construction : " Dans les zones () UL () : Tout chemin d'accès desservant au moins un logement doit avoir une largeur minimum de 3 m ".

9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que le chemin d'accès à la construction en litige dispose d'une largeur de trois mètres. La circonstance qu'une bande de végétation de 40 cm serait prévue dans cet espace, venant ainsi diminuer la largeur effectivement disponible pour la circulation, ne permet pas d'établir que le projet en litige méconnaitrait les dispositions précitées de l'article 1.9 du règlement du PLUi.

10. En quatrième lieu, aux termes du point UL 4.2.3 du règlement du PLUi : " Les annexes dont la hauteur est inférieure ou égale à 4 mètres peuvent être implantées en limite séparative ".

11. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif, accordé le 13 janvier 2022 par le maire de Puilboreau, fixe désormais à 4 mètres la hauteur de l'annexe en limite séparative, conformément aux dispositions du point UL 4.2.3 du règlement du PLUi. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté.

12. En cinquième lieu, l'article 4.1 du règlement du PLUi dispose, s'agissant des constructions édifiées en " second rang " par rapport à la voie publique que : " L'accès à la parcelle doit se faire soit : par une annexe implantée selon la même ligne d'implantation que les constructions voisines () ; par un passage pouvant comporter un portail ou une clôture partielle à condition que : le portail soit implanté sur la limite d'emprise de la voie, la clôture soit constituée par un mur plein implanté en limite d'emprise de la voie permettant d'intégrer les éléments de type coffrets de comptage et boîtes aux lettres ; par un porche traversant la construction implantée en premier rang l'aménagement de l'accès (dispositifs de clôtures et revêtements) doit faire l'objet d'un traitement soigné. () Le chemin d'accès doit comporter une surface non imperméabilisée prenant la forme d'une bande plantée, intégrant des végétaux de tailles et d'essences variés, sur une partie ou sur la totalité du linéaire de l'accès, excepté dans le cas où la largeur de l'accès est inférieure à 3 mètres ou dans le cas d'une construction principale desservie par un porche ". Par ailleurs, aux termes de l'article 4.8 des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) " Construire aujourd'hui " du PLUi relatif aux clôtures en bordure de voie : " Le chemin d'accès doit comporter une surface non imperméabilisée prenant la forme d'une bande plantée, intégrant des végétaux de tailles et d'essences variés, sur une partie ou sur la totalité du linéaire de l'accès, excepté dans le cas où la largeur de l'accès est inférieure à 3 mètres ou dans le cas d'une construction principale desservie par un porche ".

13. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne résulte pas des dispositions de l'article 4.1 du règlement du PLUi que les constructions édifiées selon le modèle " second rang ", qui sont reliées à la voie publique par un passage comme en l'espèce, devraient nécessairement disposer d'un accès se faisant par un porche traversant, par un portail en limite de la voie publique ou par une clôture partielle permettant d'intégrer les coffrets de comptages et boîtes aux lettres. Le permis de construire en litige ne méconnait donc pas ces dispositions en tant qu'il autorise la création d'un passage directement ouvert sur la voie publique. D'autre part, comme cela a été exposé au point 7, le projet autorisé par le permis de construire modificatif prévoit que le chemin d'accès, d'une largeur de trois mètres, sera entièrement engazonné et en partie planté. La circonstance que le document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction dans son environnement, produit dans le dossier de demande de permis de construire, représente un alignement de plantation d'aspect identique sur la gauche du chemin d'accès, ne permet pas d'établir que la bande plantée n'intégrerait pas des végétaux de taille et d'essences variées. Le permis de construire en litige ne méconnait donc ni les dispositions de l'article 4.1 du règlement du PLUi, ni celles de l'article 4.8 de l'OAP " Construire aujourd'hui ".

14. En sixième lieu, l'article UL 5.1 du règlement du PLUi prévoit que " l'aménagement des terrains doit comprendre une part minimale de surfaces favorables à la nature ". Cet article précise que, pour le secteur UL 2 où se situe la construction litigieuse, le coefficient de biotope doit être de 30%, dont 70% minimum de pleine de terre pour une surface de terrain supérieure à 501 m². Le lexique annexé au règlement du PLUi précise, à la rubrique " pleine terre " : " Un espace non construit peut être qualifié de pleine terre si il n'est pas recouvert et qu'il reste perméable à l'eau et la laisse s'infiltrer jusqu'à la nappe phréatique. Cet espace peut être planté. / Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus à l'exception de ceux qui font l'objet d'aucune artificialisation ".

15. Il ressort des pièces du dossier que la surface de la parcelle en question est de 604 m² et que l'emprise du projet au sol de la construction représente 315 m². La notice architecturale du permis de construire modificatif fait état de la création d'une seule terrasse en bois à proximité de la piscine et d'une surface de 243 m² de pleine terre, avec quatre arbres plantés soit un coefficient de biotope de 0,47%. Si les requérants soutiennent que la superficie de pleine terre du projet représente seulement 97 m², ils ne l'établissent pas, alors qu'il ressort du permis de construire modificatif que le chemin d'accès, de même que l'espace de stationnement, sont désormais entièrement engazonnés et doivent donc être pris en compte dans la superficie de pleine terre. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le coefficient de biotope et l'espace de pleine terre du projet ne respectent pas les dispositions de l'article UL 5.1 du règlement du PLUi.

16. En septième lieu, aux termes de l'article UL 5.2 du règlement du PLUi relatif à l'aspect qualitatif du traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " Les espaces libres aux abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à leur insertion dans le site, à l'amélioration du cadre de vie et à la gestion de l'eau pluviale. Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (emprise, hauteurs et implantations) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie, des masses végétales existantes. Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses), le traitement paysager des espaces libres doit être approprié à leur fonction et au contexte environnant en tenant compte : de l'organisation du bâti sur le terrain () ; de la composition des espaces libres voisins, afin de participer à une mise en valeur globale ; de la topographie, la géologie et de la configuration du terrain afin que leur conception soit adaptée à la nature du terrain, notamment pour répondre à des problématiques de ruissellement ;de l'ensoleillement, lorsqu'il s'agit d'aménagements paysagers végétalisés ; de la problématique de la gestion des eaux pluviales, s'agissant de la composition et du traitement des espaces libres ".

17. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'implantation du projet de construction sur l'intégralité de la longueur de la limite séparative de la propriété des requérants, qui s'explique par les caractéristiques de la parcelle plus longue que large, ne permet pas à elle seule d'établir que l'insertion de la construction dans son environnement n'aurait pas été recherchée. Par ailleurs, la circonstance que l'ensoleillement de la propriété des requérants serait impactée par la construction est, en tout état de cause, sans incidence sur le respect des dispositions précitées qui concernent le traitement paysager de la parcelle d'implantation du projet. Il n'est pas non plus démontré, par la seule photographie non datée produite par les requérants, que le terrain d'assiette était planté plus abondamment que les quatre arbres supprimés et replantés qui sont indiqués sur la notice architecturale du projet. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UL 5.2 du règlement du PLUi doit, par suite, être écarté.

18. En huitième lieu, aux termes de l'article 4.4 de l'OAP " Construire aujourd'hui " : " Quel que soit le type d'architecture choisi, la forme d'un nouveau bâtiment dépend de son contexte. Une forme complexe devra être justifiée par un contexte spécifique (nécessité d'adaptation à un terrain en pente ou à une parcelle présentant une géométrie particulière). Les dimensions au sol déterminent les proportions du volume ". Aux termes de l'article 4.7 du même document : " Les annexes, bien que considérées comme bâtiments utilitaires et accessoires ont une responsabilité sur la qualité du paysage habité : souvent implantées en fond de jardin ou face à la voie, elles se donnent à voir et peuvent dégrader l'espace urbain. Il conviendra de prévoir un accompagnement végétal et une implantation discrète (en accompagnement de la clôture par exemple). Par ailleurs, les matériaux seront de préférence naturels (bois) et/ou en continuité avec le traitement du bâtiment principal ".

19. Si les requérants font valoir que le projet, qui est implanté en limite séparative, présente une forme complexe, il ressort des pièces du dossier que l'architecture retenue est justifiée par l'implantation en second rang de la construction et par les caractéristiques de la parcelle de forme rectangulaire. La construction en litige n'est donc pas incompatible avec les dispositions de l'article 4.4 de l'OAP " Construire aujourd'hui " précitée. Par ailleurs, le plan de masse indique que l'annexe, qui constitue le local technique de la piscine, est située à l'extrémité Nord-Est de la parcelle, qu'elle est traitée dans des matériaux identiques à ceux du bâtiment principal et qu'elle est entourée d'espaces de pleine terre engazonnés et qu'un arbre sera notamment planté à proximité. Le permis de construire en litige est donc également compatible avec l'article 4.7 précité de l'OAP " Construire aujourd'hui " s'agissant des caractéristiques de l'annexe.

20. En neuvième lieu, la notice de service d'utilité publique I4 annexée au règlement du PLUi repend les obligations prévues à l'article R. 554-21 du code de l'environnement qui dispose que : " I. - Le responsable du projet adresse une déclaration de projet de travaux à chacun des exploitants d'ouvrages en service mentionnés à l'article précédent, et dont la zone d'implantation est touchée par l'emprise des travaux, à l'exception des suivants : () / 2° Les exploitants de réseaux aériens si les travaux sont suffisamment éloignés de ces réseaux au sens de l'article R. 554-1 ; () ". L'article R. 554-1 du même code dispose que : " Pour l'application du présent chapitre, on entend par : () - zone d'implantation d'un ouvrage : la zone contenant l'ensemble des points du territoire situés à moins de 50 mètres du fuseau de l'ouvrage. Pour les ouvrages linéaires, il est retenu une zone de largeur constante contenant l'ensemble des points situés à moins de 50 mètres du fuseau de l'ouvrage. Un arrêté du ministre chargé de la sécurité des réseaux de transport et de distribution peut fixer des dimensions différentes pour certaines catégories de réseaux en raison de leur sensibilité particulière aux actes de malveillance ou de terrorisme, de l'importance de leur extension dans les zones urbanisées, ou de la rapidité de leur développement ; () / - travaux suffisamment éloignés d'un réseau aérien : travaux dont l'emprise : () b) Est située intégralement à l'extérieur de la zone d'implantation du réseau, si les travaux sont soumis à permis de construire ".

21. Il ressort des pièces du dossier que la construction en litige est située à près de 100 mètres d'une ligne électrique à haute tension. Par suite, le projet est suffisamment éloigné du réseau aérien, au sens de l'article R. 554-1 du code de l'environnement. Les pétitionnaires n'étaient donc pas tenus, aux termes des dispositions précitées de l'article R. 554-21 du même code, d'adresser à l'exploitant de cette ligne électrique une déclaration de projet de travaux. Le moyen tiré de l'omission de cette formalité doit donc, en tout état de cause, être écarté.

22. En dixième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 17, il ne ressort pas des pièces du dossier que le permis de construire en litige aurait été obtenu par fraude s'agissant de la déclaration de la construction d'un seul logement et de la suppression de quatre arbres existants. La circonstance que le maire n'ait pas donné suite au courrier qui lui a été adressé par les requérants le 10 décembre 2021, lui demandant de constater et de dresser procès-verbal des infractions aux règles d'urbanisme commises par les pétitionnaires, ne permet pas davantage d'établir que le permis en litige aurait été obtenu par fraude.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les fins de non-recevoir invoquées par M. E et Mme F.

Sur les frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la commune de Puilboreau et de M. E et Mme F, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent M. et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme D la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Puilboreau et la somme globale de 1 000 euros à verser à M. E et Mme F sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : M. et Mme D verseront la somme de 1 000 euros à la commune de Puilboreau et la somme globale de 1 000 euros à M. E et Mme F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G D, premier dénommé, à M. B E, premier dénommé, et à la commune de Puilboreau.

Délibéré après l'audience du 26 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Le Méhauté, président,

Mme Boutet, première conseillère,

Mme Gaëlle Dumont, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.

La rapporteure,

M. BOUTET

Le président,

A. LE MEHAUTE La greffière,

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef,

La greffière

Signé

G. FAVARD

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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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