lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DRAGEON-BILLEREY-RAMOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 septembre 2021 et le 10 juin 2022, Mme B A, représentée par la SELARL Drageon et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision et l'arrêté du 22 juillet 2021 par lesquels le maire de la commune de La Rochelle a refusé de reconnaître imputable au service l'événement du 2 juillet 2020 qu'elle a déclaré en accident de service ;
2°) d'enjoindre à la commune de La Rochelle de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 2 juillet 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Rochelle une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne contient aucune motivation autre que le visa de l'avis de la commission de réforme du 9 juillet 2021 ;
- cette insuffisante motivation révèle une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
- l'accident du 2 juillet 2020 est imputable au service, comme en atteste les rapports médicaux concernant son état de santé, notamment le rapport d'expertise médicale du 16 mars 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mai 2022 et le 1er juillet 2022, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP Lagrave - Jouteux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et les entiers dépens de l'instance, soient mis à la charge de la requérante.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Drageon, représentant Mme A, et de Me Madoulé, représentant la commune de La Rochelle.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A, nommée en qualité d'adjointe administrative principale de première classe depuis le 1er juillet 2019, a été recrutée par la commune de La Rochelle à compter du 1er novembre 2015 pour exercer les fonctions d'assistante administrative au sein du cabinet du maire. Le 2 juillet 2020, Mme A a appris le départ, dans l'après-midi, d'une agente travaillant au secrétariat des élus rattaché au cabinet du maire, à la suite d'un entretien que cette dernière venait d'avoir avec le directeur de cabinet. Le 27 puis le 31 août 2020, Mme A a été informée oralement que son emploi allait être supprimé. Par une décision du 2 septembre 2020, le maire de la commune de La Rochelle a procédé à son changement d'affectation au service état civil, en tant qu'agent d'état civil, à compter du 21 septembre 2020. Un premier arrêt de travail lui a été prescrit le 11 septembre 2020. Il a ensuite été prolongé à plusieurs reprises. Le 8 octobre 2020, Mme A a déclaré l'événement du 2 juillet 2020 comme accident de service auprès de son autorité d'emploi. A la suite d'une expertise médicale réalisée le 16 mars 2021, la commission de réforme a rendu un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement du 2 juillet 2020. Par une décision et un arrêté du 22 juillet 2021 dont elle demande l'annulation, le maire de la commune de La Rochelle a refusé de reconnaître l'accident du 2 juillet 2020 imputable au service, et l'a informée que les périodes d'arrêt et les soins prescrits entre le 11 septembre 2020 et le 31 août 2021 devaient être pris en charge au titre de la maladie ordinaire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". L'arrêté refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident constitue le refus d'une autorisation ou d'un avantage dont l'attribution constitue un droit de sorte qu'il est au nombre des décisions administratives défavorables dont les dispositions précitées imposent la motivation.
3. L'arrêté attaqué vise l'ensemble des dispositions statutaires applicables à la situation de Mme A, soit la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de cette même loi et le décret n° 2008-1191 du 17 novembre 2008 portant réforme des commissions de réforme et du comité médical dans les fonctions publiques d'Etat, territoriale et hospitalière, et mentionne que les " éléments présents au dossier ne permettent pas d'authentifier le caractère professionnel des lésions décrites ". Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par la requérante, que le courrier de notification de l'arrêté litigieux l'informe que l'autorité territoriale a décidé de suivre l'avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service de l'événement du 2 juillet 2020 rendu par la commission de réforme le 9 juillet 2021, et qu'il joint à l'arrêté le procès-verbal de cette réunion. Dès lors, les motifs de fait et de droit qui constituent le fondement de l'arrêté litigieux ayant été communiqués à Mme A, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". L'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale applicable au litige dispose : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58 ". Constitue un accident de service, pour l'application de ces dispositions, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, informée le 27 puis le 31 août 2020 de ce que le poste qu'elle occupait comme assistante administrative du directeur du cabinet du maire de La Rochelle allait être supprimé, a refusé l'emploi similaire d'assistante administrative qui lui était alors proposé au sein du même cabinet. Elle a estimé que, eu égard à la valeur professionnelle qui était reconnue par sa hiérarchie, aucun événement de nature professionnelle ne pouvait justifier ce changement d'affectation, et qu'il ne pouvait avoir pour cause que la volonté du directeur de cabinet de l'évincer, au motif qu'elle avait soutenu une autre agente du service, alors affectée au secrétariat des élus, qui avait dû quitter la mairie le 2 juillet 2020, dans des conditions qui avaient perturbé Mme A. Il ressort de sa déclaration d'accident de service en date du 8 octobre 2020 que Mme A fait état d'un état de souffrance au travail, s'est sentie harcelée puis " mise au placard ", à compter du 2 juillet 2020 jusqu'au 10 septembre suivant, date à laquelle lui a été prescrit un premier arrêt de travail jusqu'au 11 octobre 2020, prolongé jusqu'au 11 novembre 2020 pour " anxiété majeure professionnelle réactionnelle " et " trouble du sommeil et de la concentration ", puis à nouveau prolongé à plusieurs reprises ensuite. Aux termes de sa propre déclaration d'accident, réalisée plus de trois mois après les faits dont elle se prévaut, sa souffrance au travail, bien qu'établie par les pièces du dossier, ne résulte pas exclusivement de l'événement du 2 juillet 2020 dont elle a été le témoin, d'ailleurs indirect d'après le témoignage qu'elle a établi le 10 septembre 2020, mais d'un ensemble de faits qui auraient eu lieu entre le 2 juillet et le 10 septembre 2020. Si l'expertise médicale du 16 mars 2021 conclut que l'état de santé de Mme A est " en relation directe et exclusive avec l'accident rapporté du 2 juillet 2020 ", qu'elle n'avait pas d'état antérieur et qu'elle n'est pas guérie, le compte-rendu mentionne également une survenue " dans un contexte rapporté de souffrance au travail ", ainsi qu'un placement " en accident de service le 2 juillet 2020 " par le médecin de Mme A, alors qu'il est constant que son premier arrêt de travail a débuté le 11 septembre 2020, soit plus de deux mois après. Dès lors, le départ de sa collègue du cabinet du maire le 2 juillet 2020, quelles qu'en aient pu être les conditions, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service survenu à Mme A. Par suite, en refusant, par la décision et l'arrêté litigieux, de reconnaître l'imputabilité au service du fait survenu le 2 juillet 2020, le maire de la commune de La Rochelle n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 4 du présent jugement.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité des conclusions en annulation dirigées contre la décision du 22 juillet 2021, que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de La Rochelle a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'événement survenu le 2 juillet 2020 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : les conclusions de la commune de La Rochelle tendant à ce que soient mis à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens de l'instance sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de La Rochelle.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
La présidente,
Signé
S. BRUSTONLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026