jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RIVIERE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 octobre 2021 et le 23 mai 2022, la SCI CHx Ré, représentée par la SCP KPL avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Clément-des-Baleines a accordé un permis de construire PC n° 01731821E0011 à la société Nogueira pour la réalisation d'un préau de 165,23 m² sur la parcelle cadastrée section AL n° 28 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Clément-des-Baleines une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision méconnait les dispositions de l'article 2.7.1 du plan de prévention des risques naturels (PPRN) de l'Ile-de-Ré ;
- elle méconnait les dispositions de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er février 2022 et le 20 juin 2022, la commune de Saint-Clément-des-Baleines, représentée par la SCP Brossier, Carré, Joly, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou, à défaut, à ce qu'une annulation partielle soit prononcée en application de l'article L. 600-5 du même code ;
3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2021, la société Nogueira, représentée par l'AARPI Rivière Avocats Associés, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou, à défaut, à ce qu'une annulation partielle soit prononcée en application de l'article L. 600-5 du même code ;
3°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Kolenc, représentant la SCI CHx Ré, de Me Brossier, représentant la commune de Saint-Clément-des-Baleines, et de Me Marque, représentant la société Nogueira.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 septembre 2021, le maire de Saint-Clément-des-Baleines (Charente-Maritime) a accordé un permis de construire PC n° 01731821E0011 pour la réalisation d'un préau de 165,23 m² sur la parcelle cadastrée section AL n° 28. La SCI CHx Ré, propriétaire de la parcelle voisine, demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 2.7.2 du règlement du PPRN de l'Île de Ré applicable en zone Rs3 soumise aux submersions marines : " Utilisations et occupations du sol admises sous conditions : Ne sont admises que les occupations du sol reprises ci-après. () 2.7.2.5. Autres activités et aménagements : les préaux ouverts assurant une transparence hydraulique sur au moins deux côtés sous réserve que : le sol soit réalisé avec des matériaux perméables sauf impossibilité technique que devra justifier le pétitionnaire, et au niveau du terrain naturel ; toutes dispositions soient prises pour empêcher la dérive du matériel ou des matériaux entreposés en cas de submersion marine ; les matériels sensibles et les produits polluants soient placés au-dessus de la cote long terme ; Les préaux pourront être sécurisés par la pose d'un grillage ou d'un bardage suffisamment ajouré afin de permettre la libre circulation des écoulements ". Le glossaire de ce règlement précise qu'est considéré comme un préau un " espace couvert non clos, à défaut sur les quatre côtés sauf si celui-ci est accolé à une construction existante ".
3. Il est constant que la parcelle d'assiette du projet est située en zone rouge Rs3 soumise au risque de submersion marine. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste à créer un préau de 165,23 m² d'emprise au sol, divisé en trois cases communiquant entre elles par de larges passages pour entreposer du matériel de chantier. Chaque case est ouverte aux deux extrémités Nord et Sud. La façade nord, d'une longueur totale de 16,46 mètres, est ouverte sur une longueur de 12,61 mètres et la façade sud, d'une longueur totale de 16,61 mètres, est ouverte sur une longueur de 12,37 mètres. La façade Est se trouve accolée en limite séparative avec une construction située sur la parcelle voisine et la façade Ouest est accolée en limite séparative à une clôture maçonnée. En outre, la notice descriptive précise que l'emprise au sol hydraulique du projet sera de 13,33m2, soit 1,5% de la surface du terrain d'assiette et le plan de masse précise qu'à l'intérieur, le sol sera perméable, en gravier et au niveau du terrain naturel existant. Compte tenu des larges ouvertures sur les deux façades Nord et Sud et du traitement du sol, assurant une transparence hydraulique, le maire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 2.7.2-5 du règlement du PPRN précité en autorisant la construction du préau en litige, quand bien même les façades Est et Ouest sont fermées.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
5. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme, de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, l'autorité compétente peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.
6. Pour soutenir que le projet en litige présente un risque pour la sécurité en cas de submersion marine, la société requérante invoque un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 17 juin 2017, n° 16BX02761, qui avait notamment jugé, s'agissant d'une précédente demande de permis de construire présenté par la société Nogueira le 11 septembre 2014 pour la réalisation d'un entrepôt, que la construction projetée, compte tenu de ses caractéristiques et de celles du terrain destiné à l'accueillir, constituait un obstacle au libre écoulement des eaux et aggravait les risques d'inondation existants. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le permis de construire en litige porte sur un projet différent, dès lors que, bien qu'implanté d'une limite séparative latérale à l'autre du terrain d'assiette sur une largeur d'environ 15 mètres comme le précédent projet d'entrepôt, les travaux autorisés par le permis en litige consistent à réaliser un préau transparent hydrauliquement sur deux côtés. Par ailleurs, la notice architecturale et le plan de coupe indiquent que la côte moyenne du sol naturel à 2,15 NGF sera conservée dans le projet en litige, alors que le précédent projet d'entrepôt prévoyait la réalisation d'un remblai d'une hauteur d'un mètre environ sur les deux-tiers du terrain d'assiette du projet. Si la société requérante soutient également que le projet en litige sera réalisé à partir des ouvrages déjà édifiés sur le terrain, elle ne l'établit pas en se bornant à produire une attestation d'un architecte, relative à une précédente demande de permis de construire pour la réalisation d'un préau, déposée le 9 avril 2021 et refusée par le maire le 1er juin 2021 au motif notamment d'une transparence hydraulique insuffisante. Enfin, la circonstance, invoquée de manière très générale par la société requérante, que le projet prévoit deux murs pignons susceptibles de faire obstacle au libre écoulement des eaux, notamment s'agissant du mur situé à l'Ouest, ne suffit pas, eu égard à l'ensemble des caractéristiques du projet, à établir que la transparence hydraulique de la construction ne serait pas assurée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par l'autorité compétente au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui qui précède que la requête de la SCI CHX Ré doit être rejetée.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Saint-Clément-des-Baleines qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
9. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI CHx Ré une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Saint-Clément-des-Baleines et une somme de 1 200 euros à verser à la société Nogueira au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI CHx Ré est rejetée.
Article 2 : La SCI CHx Ré versera à la commune de Saint-Clément-des-Baleines et à la société Nogueira la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI CHx Ré, à la commune de Saint-Clément-des-Baleines et à la société Nogueira.
Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTELa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Charente Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026