mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 15 décembre et 24 décembre 2021, Mme A D, représentée par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2021 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée de trois mois ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Charente-Maritime de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure à défaut d'avoir été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle fait état de circonstances humanitaires, notamment la présence de ses quatre enfants en France ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'assignation à résidence :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit puisqu'elle excède 45 jours, et d'une erreur d'appréciation s'agissant de ses modalités, trop contraignantes et méconnaissant son droit à mener une vie privée et familiale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2022 par une ordonnance du 20 décembre 2021.
Un mémoire, enregistré le 16 mai 2022, a été présenté par le préfet de la Charente-Maritime et n'a pas été communiqué.
Des pièces complémentaires ont été présentées pour Mme D le 3 juin 2022 et n'ont pas été communiquées.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, ressortissante albanaise née le 27 août 1989, est entrée régulièrement en France le 20 août 2018, avec son conjoint et leurs trois enfants. Sa demande d'asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 24 juin 2019. Elle a obtenu un titre de séjour en raison de son état de santé, valable du 14 octobre 2019 au 4 septembre 2020, et a sollicité son renouvellement. Elle a alors fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 9 novembre 2020, puis par un autre arrêté du 26 avril 2021, le préfet de la Charente-Maritime lui a interdit le retour sur le territoire français et l'a assignée à résidence pour une durée de cinq mois. Ce dernier arrêté a été annulé par un jugement n°2102033 du tribunal administratif de Poitiers du 10 septembre 2021. Par un nouvel arrêté du 7 décembre 2021, le préfet de la Charente-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée de trois mois. Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. L'arrêté litigieux a été signé par M. Pierre Molager, secrétaire général de la préfecture de la Charente-Maritime, qui a reçu délégation du préfet, par un arrêté du 25 mars 2021, visé dans l'arrêté contesté, à l'effet de signer tous les arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Charente-Maritime. La police des étrangers ne figurant pas au nombre des attributions exceptées de cette délégation de signature, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit donc être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. L'arrêté attaqué vise notamment les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résume la situation administrative, notamment les modalités de son entrée et de son séjour en France ainsi que la situation familiale de Mme D. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, ni des termes employés par l'arrêté litigieux, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation de l'intéressée. Ce moyen doit être écarté.
5. Il ressort des termes de la décision litigieuse que la requérante a été auditionnée par les services de police le 26 novembre 2021. Par ailleurs, l'intéressée n'a ni présenté d'observations écrites ni sollicité d'entretien préalable supplémentaire avec les services préfectoraux, au vu des pièces du dossier. Le moyen tiré du défaut de mise en œuvre d'une procédure préalable contradictoire doit être écarté.
6. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure () nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre () ".
7. Mme D allègue avoir placé le centre de ses intérêts en France, où elle réside depuis trois ans avec ses quatre enfants, dont sa fille B née à Rochefort le 31 juillet 2019. Elle indique également faire l'objet d'un accompagnement professionnel et bénéficier de soins. Toutefois, entrée il y a moins de quatre ans sur le territoire, elle ne démontre pas, par la production d'une attestation d'une association et d'une pétition de personnels du collège où une de ses filles est scolarisée, l'existence d'une réelle insertion personnelle ou professionnelle en France. En outre, elle n'apparait pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où elle a la possibilité de reconstituer sa cellule familiale et d'y scolariser ses enfants.
Sur l'absence de délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et selon l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
9. La décision litigieuse vise les dispositions reproduites au point précédent et précise que la requérante ne fournit pas de garantie de représentation suffisantes car elle ne présente pas l'original d'un document d'identité lui permettant de voyager et ne dispose pas d'un local affecté à son habitation principale. Elle est donc suffisamment motivée.
10. Il résulte de ce qui précède, et qui n'est pas contesté, qu'en l'absence de document d'identité lui permettant de voyager, la décision litigieuse n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation nonobstant la circonstance alléguée qu'elle ne se serait pas soustraite, par le passé, à une mesure d'éloignement. En outre, la seule circonstance que ses enfants soient scolarisés n'implique pas qu'un délai de départ volontaire lui soit octroyé.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
11. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et selon l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
12. Il ressort de ces dispositions que lorsqu'un délai de départ volontaire est refusé à l'étranger, une interdiction de retour est, sauf circonstances humanitaires, prononcée à son encontre. L'autorité compétente doit toutefois, pour fixer la durée de cette interdiction de retour, tenir compte des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
13. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
14. En l'espèce, la décision attaquée, qui a été prise au visa des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle l'entrée en France de l'intéressée en 2018, précise qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine alors qu'elle ne justifie pas de liens intenses, stables et anciens en France, qu'elle est dépourvue de ressources personnelles et qu'elle a indiqué, lors de son audition, son intention de ne pas se conformer à une future mesure d'éloignement. Elle fait ainsi état des éléments de la situation de l'intéressée au vu desquels la décision portant interdiction de retour sur le territoire français a été prise, tant dans son principe que dans sa durée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation dont serait entachée la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
15. La requérante fait valoir que ses enfants sont scolarisés en France et qu'elle a souffert de pathologies médicales ayant nécessité son hospitalisation. Toutefois, ces éléments, dont certains ne sont pas établis, ne sauraient constituer des circonstances humanitaires au sens des dispositions citées ci-dessus.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
17. L'arrêté litigieux vise les dispositions applicables, mentionne la nationalité de la requérante et l'absence de risques encourus dans son pays d'origine. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision fixant le pays de destination doit donc être écarté.
18. Par ailleurs, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur l'assignation à résidence :
19. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence serait illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
20. La décision en litige vise l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique, d'une part, que l'absence de document d'identité ou de voyage rend impossible l'exécution immédiate de l'obligation de quitter le territoire français faite à Mme D et, d'autre part, qu'il existe une perspective raisonnable d'éloignement grâce à l'obtention envisagée d'un laissez-passer consulaire. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit comme en fait.
21. L'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile indique que : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. " et l'article L. 732-4 de ce code prévoit que : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. ".
22. En l'espèce, la décision litigieuse est prise, ainsi qu'il ressort de ses visas, en application de l'article L. 731-3 de sorte à ce que sa durée, de trois mois, n'est pas entachée d'une erreur de droit.
23. En se bornant à se prévaloir de sa vie privée et familiale et de la scolarisation de ses enfants, sans apporter de précision, la requérant n'établit pas que la décision d'assignation à résidence et les obligations auxquelles elle est astreinte, à savoir ne pas sortir du département de la Charente-Maritime se présenter trois fois par semaine au commissariat de Rochefort à 10 heures du matin, présenteraient un caractère excessif, alors que son éloignement du territoire français demeure une perspective raisonnable. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Charente-Maritime a commis une erreur d'appréciation en l'assignant à résidence pour une durée de trois mois et en fixant les modalités de cette assignation.
Sur les autres conclusions :
24. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 7 décembre 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, au préfet de la Charente-Maritime et à la SCP Breillat, Dieumegard, Masson.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lemoine, président,
M. Lacaïle, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. GEISMAR
Le président,
Signé
D. LEMOINE
Le greffier d'audience,
Signé
JP. CHANTECAILLE
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026