lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BUHAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 décembre 2021 et 5 juillet 2022, M. B E demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle le directeur de l'établissement public départemental (EPD) " Les deux monts " a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a placé en position de maladie ordinaire à compter du 15 avril 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'établissement " Les deux monts " de reconnaitre sa maladie comme imputable au service depuis le 15 avril 2020.
Il soutient qu'il remplit toutes les conditions pour que sa maladie soit reconnue imputable au service à compter du 15 avril 2020, comme l'ont constaté trois médecins, ainsi que la commission de réforme dans son avis du 28 mai 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, l'établissement public départemental " Les deux monts ", représenté par Me Buhaj, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 800 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la décision du 4 août 2021 n'est qu'une décision confirmative de la décision du 13 novembre 2020, devenue définitive, et qu'elle est donc insusceptible de recours ;
-la maladie de M. E ne peut être présumée imputable au service dès lors qu'elle ne remplit pas la condition de délai de prise en charge prévue au tableau 57 B de l'annexe II à l'article R. 461-3 du code de la sécurité sociale ;
-sa maladie n'est pas directement causée par l'exercice des fonctions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thévenet-Bréchot,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Buhaj, représentant l'EPD Les deux monts.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E est employé depuis 2009 en qualité d'agent de service hospitalier titulaire par l'établissement public départemental (EPD) " Les deux monts " situé à Montlieu-la-Garde (Charente-Maritime). Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 4 août 2021 par laquelle le directeur de l'établissement public départemental " Les deux monts " a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a placé en position de maladie ordinaire à compter du 15 avril 2020, et d'enjoindre à l'établissement de reconnaitre sa maladie comme imputable au service à compter de cette date.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 13 juillet 2020, M. E a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, une épicondylite du coude droit. Par une décision n°214/20 du 13 novembre 2020, l'EPD a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a placé en position de maladie ordinaire à compter du 15 avril 2020. Le 28 mai 2021, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de M. E. Toutefois, par une décision n°100/21 du 4 août 2021, l'EPD a de nouveau refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa pathologie et a maintenu le placement en position de maladie ordinaire à compter du 15 avril 2020.
3. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'EPD, la décision du 4 août 2021 n'est pas une décision purement confirmative de la décision du 13 novembre 2020 devenue définitive, mais une décision nouvelle, prise à la suite de l'avis de la commission de réforme du 28 mai 2021, qui doit être regardé comme un changement dans les circonstances de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits du requérant. Par suite, la fin de non-recevoir sera écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires applicables à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. "
5. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
6. Il ressort des pièces du dossier que le Dr C, rhumatologue expert avait conclu le 30 septembre 2020 que la pathologie de M. E n'était pas imputable au service mais était " en rapport avec un trouble indépendant du service ". Toutefois, il ressort également des pièces du dossier, et en particulier du certificat médical établi par le Dr D, chirurgien orthopédique, le 27 novembre 2020, qu'il est " fortement probable que les mouvements répétés de préhension et d'extension du poignet, ainsi que les mouvements de pronosupination, et les mouvements de soulèvement des patients soient à l'origine de cette épicondylite droite ". En outre, il ressort du certificat médical établi par le Dr A le 21 avril 2021 à la demande de l'administration que " l'affection [de M. E] rentre dans le cadre d'une maladie professionnelle tableau 57 B ". Par ailleurs, il ressort d'un certificat médical établi par le Dr D le 21 mai 2021 que M. E " présente un surpoids ancien et un tabagisme sevré depuis plus de trois ans qu'on ne peut raisonnablement pas rendre responsables d'une pathologie typiquement microtraumatique du coude, inscrite au tableau des maladies professionnelles dans le cadre d'une surutilisation quotidienne des membres avec mouvements répétés de préhension de soulèvement, de pronosupination ". Enfin, lors de sa séance du 28 mai 2021, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie tableau 57 B de M. E à compter du 15 avril 2020. Dans ces conditions, en refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de la pathologie du requérant, le directeur de l'EPD a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision n°100/21 du 4 août 2021 par laquelle le directeur de l'établissement public départemental " Les deux monts " a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la pathologie de M. E et l'a placé en position de maladie ordinaire à compter du 15 avril 2020 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Compte tenu du motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à l'établissement public départemental " Les deux monts " de reconnaitre, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, l'imputabilité au service de la pathologie de M. E à compter du 15 avril 2020.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. E la somme réclamée par l'établissement public départemental " Les deux monts " sur ce fondement.
DECIDE :
Article 1er : La décision n°100/21 du 4 août 2021 du directeur de l'établissement public départemental " Les deux monts " est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'établissement public départemental " Les deux monts " de reconnaitre, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, l'imputabilité au service de la pathologie de M. E à compter du 15 avril 2020.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'établissement public départemental " Les deux monts " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à l'établissement public départemental " Les deux monts ".
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLe président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026