mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 11 janvier, 19 avril et 3 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Bonneau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision implicite par laquelle la même autorité a rejeté son recours gracieux du 14 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision du 23 juillet 2021 ait été prise par une autorité compétente ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors que sa demande n'était pas irrecevable, en raison du pouvoir de régularisation et d'abrogation du préfet, quand bien même elle aurait fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français le 20 octobre 2020 ;
- la décision du 14 novembre 2021 doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision du 23 juillet 2021 ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle ont été prises en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, la préfète de la Charente conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Bureau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante arménienne née le 27 novembre 1964, est entrée en France le 18 août 2019 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée, en procédure accélérée, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 19 mars 2020. Par un arrêté du 20 octobre 2020, la préfète de la Charente l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pendant une période d'un an. S'étant maintenue sur le territoire français, elle a sollicité, le 8 juin 2021, un titre de séjour. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision du 14 novembre 2021 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme Nathalie Valleix, secrétaire générale, a reçu délégation de la préfète de la Charente à l'effet de signer les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision du 23 juillet 2021 a été prise aux motifs que Mme B a fait l'objet d'un arrêté en date du 20 octobre 2020 portant obligation de quitter le territoire du français, assorti d'une décision du même jour portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et mentionne que la légalité de ces décisions " a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 17 novembre 2020 ". Par ailleurs, la préfète a relevé que Mme B n'a pas déféré à la mesure d'éloignement dont elle a fait l'objet et que la décision d'interdiction de retour prise à son encontre n'a donc pas été exécutée en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-8 et R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision du 23 juillet 2021 est entachée d'un défaut de motivation.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision du 23 juillet 2021 ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de la Charente aurait omis de procéder à un examen particulier et approfondi de la situation de Mme B.
5. Aux termes de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour : Lorsque l'étranger sollicite l'abrogation de l'interdiction de retour, sa demande n'est recevable que s'il justifie résider hors de France. Cette condition ne s'applique pas : / 1° Pendant le temps où l'étranger purge en France une peine d'emprisonnement ferme ; / 2° Lorsque l'étranger fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence prise en application des articles L. 731-1 ou L. 731-3. ".
6. Un étranger est recevable à demander l'annulation d'une décision refusant d'abroger une décision l'obligeant à quitter le territoire français ou une décision fixant le pays de renvoi sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'obligation de quitter le territoire français est assortie d'une interdiction de retour sur ce territoire. En revanche, un étranger n'est pas recevable à demander l'annulation de la décision refusant d'abroger une interdiction de retour sur le territoire français s'il ne justifie pas résider hors de France à la date où il saisit le juge administratif.
7. Si Mme B soutient que sa demande de titre de séjour était accompagnée d'une demande d'abrogation de la décision du 20 octobre 2020 lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an, il est constant qu'elle réside toujours en France. La circonstance que Mme B ait effectué un recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile contre la décision de l'OFPRA du 19 mars 2020 est sans incidence. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur de droit que la préfète de la Charente a déclaré sa demande irrecevable.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure () nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée récemment en France, alors qu'elle était âgée de 52 ans, et qu'elle y réside seule. La requérante ne justifie pas avoir tissé sur le territoire national des liens personnels intenses, anciens et stables et elle n'allègue pas être dépourvue d'attaches familiales ou amicales dans son pays d'origine. Si elle soutient être suivie psychologiquement et avoir fait l'objet d'une radiothérapie à la suite de la découverte d'un carcinome mammaire gauche traité par chirurgie conservatrice, et produit au soutien de ses allégations un certificat médical et des ordonnances médicales attestant d'une hormonothérapie, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait informé les services de la préfecture de sa situation médicale ni qu'elle ne pourrait pas poursuivre son traitement médical dans son pays d'origine.
10. Au regard de ces circonstances, la préfète de la Charente n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a pris les décisions attaquées et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur d'appréciation.
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision du 14 novembre 2021 rejetant son recours gracieux par voie de conséquence de l'illégalité de la décision du 23 juillet 2021 ne peut qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la préfète de la Charente du 23 juillet 2021 et de sa décision implicite portant rejet du recours gracieux de la requérante du 14 septembre 2021 doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la préfète de la Charente et à Me Bonneau.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. BUREAU
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026