LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200723

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200723

vendredi 5 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200723
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantORMILLIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 mars 2022, Mme D A B, représentée par Me Ormillien, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2022 par lequel le préfet des Deux-Sèvres lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer une autorisation de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de dix jours et sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou à elle-même au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Mme A B soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision de refus de titre de séjour n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A B ne sont pas fondés.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1 Mme A B, ressortissante algérienne née en janvier 1997, est entrée en dernier lieu en France le 22 décembre 2016 munie d'un visa court séjour Schengen. Par un arrêté du 25 février 2020, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. A la suite de l'annulation de cet arrêté par le tribunal administratif de Bordeaux, la préfète de la Gironde lui a délivré une carte de résident algérien, valable du 16 novembre 2020 au 15 novembre 2021. Par un arrêt du 15 mars 2021, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé le jugement du tribunal administratif de Bordeaux et rejeté le recours formé contre l'arrêté de la préfète de la Gironde du 25 février 2020. Le 23 septembre 2021, Mme A B a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 10 février 2022, le préfet des Deux-Sèvres a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur l'arrêté litigieux pris dans son ensemble :

2. Par un arrêté du 16 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat, M. Xavier Marotel, secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres, a reçu délégation du préfet à l'effet de signer les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté litigieux cite le b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 qui définit les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance à un ressortissant algérien d'un certificat de résidence en tant salarié, et l'article L. 423-23 du même code, qui prévoit qu'un étranger peut se voir délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " quand il dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. Ces textes sont ceux sur le fondement desquels a été examinée la demande de titre de séjour. D'une part, s'agissant du refus de délivrer un titre de séjour en tant que salariée, la décision énonce que Mme A B ne justifie pas d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative. D'autre part, s'agissant du refus de lui délivrer une carte de séjour au titre du maintien de ses liens privés et familiaux, l'arrêté en litige indique que l'intéressée ne justifie pas avoir noué en France des liens personnels et familiaux particulièrement stables avec d'autres personnes que celles de son entourage familial immédiat, à savoir sa mère et ses cinq frères et sœurs, et qu'elle n'établit pas être dénuée d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les motifs de l'arrêté litigieux exposent suffisamment les considérations de fait et de droit qui ont déterminé le préfet des Deux-Sèvres à refuser de délivrer un titre de séjour à Mme A B. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule : " b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ".

5. Le 13 septembre 2021, Mme A B a conclu un contrat de travail à durée indéterminée avec une entreprise agréée pour occuper, à temps partiel, un emploi d'employée à domicile. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que ce contrat de travail aurait été visé par l'autorité administrative, ni même que le préfet qui est, conformément aux dispositions de l'article R. 5221-17 du code du travail, l'autorité compétente pour délivrer une autorisation de travail pour un travailleur étranger, telle que mentionnée à l'article R. 5221-1 du même code, aurait été, conformément aux dispositions de ce dernier article, saisi d'une demande en ce sens par l'employeur de Mme A B. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet des Deux-Sèvres a refusé de délivrer à Mme A B un titre de séjour portant la mention " salarié ".

6. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Mme A B soutient qu'elle est arrivée en France en 2016 en même temps que sa mère et que ses frères et sœur, avec qui elle habite, qu'elle a suivi en France une scolarité et qu'elle travaille désormais comme employée à domicile dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.

8. Néanmoins, et d'une part, Mme A B, qui établit avoir été scolarisée pour la première fois en France fin janvier 2017 à l'âge de vingt ans, ne démontre pas y avoir noué des liens personnels avec d'autres personnes que sa famille proche, c'est-à-dire sa mère et ses jeunes frères et sœurs, étant relevé que sa mère et son frère cadet se trouvent eux-mêmes en situation irrégulière sur le territoire français et que par deux jugements de ce jour, le tribunal a rejeté les recours qu'ils ont formés contre les décisions du 11 février 2022 par lesquelles le préfet des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, Mme A B ne démontre pas davantage être dénuée d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de presque vingt ans et où réside son père. L'absence de liens avec ce dernier ne peut se déduire de la " décharge " qu'a signée celui-ci au profit de la mère de Mme A B, le 7 décembre 2016, pour permettre aux deux frères cadets de la requérante, alors mineurs, de s'installer en France avec leur mère. D'autre part, inscrite en terminale de janvier à juillet 2017, en 1ère année de CAP coiffure et en 1ère année de capacité en droit en 2018-2019, la requérante n'allègue pas avoir réussi un diplôme. Même si Mme A B justifie être inscrite depuis septembre 2021 dans une formation dispensée par l'institut supérieur de formation par alternance et continue, et travailler depuis le 13 septembre 2021 comme employée à domicile auprès de personnes dépendantes, à temps partiel, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée conclu avec une association agréée, ces circonstances ne suffisent pas, en elles-mêmes, à démontrer que la requérante a établi en France, de manière stable et durable, le centre de ses intérêts personnels et familiaux. Dans ces conditions, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme A B, le préfet des Deux-Sèvres n'a pas porté au respect dû à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris sa décision. Il n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 11 février 2022 par lesquelles le préfet des Deux-Sèvres a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A B, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et à la préfète des Deux-Sèvres.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Pellissier, présidente,

Mme Thévenet-Bréchot, première conseillère,

M. Pinturault, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2022.

Le rapporteur,

Signé

M. C

La présidente,

Signé

S. PELLISSIER La greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef,

La greffière

signé

D. GERVIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions