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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200875

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200875

vendredi 12 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200875
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers JU
Avocat requérantVASCONI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 31 mars et les 8 et 10 août 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 9 août 2022, M. A B, représenté par Me Vasconi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 mars 2022 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard, et de lui délivrer une carte de séjour " citoyen UE/EEE/Suisse - séjour permanent - toutes activités professionnelles " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser son conseil en application de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable puisque, sa sachant pas lire le français, il n'a pas pris la portée exacte de l'arrêté litigieux et n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend de la possibilité de demander l'assistance d'un interprète et d'un conseil en méconnaissance de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sachant par ailleurs qu'aucune copie de l'arrêté ne lui a été remise et que sa conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation n'a pas non plus été informée de l'arrêté ; il en est de même concernant la demande de renseignements qui lui a été notifiée le 3 mars 2022 ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est signée d'une autorité incompétente ;

- elle méconnait le droit au recours effectif garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit car il bénéficie d'un droit au séjour permanent faisant obstacle à son éloignement, en vertu des articles L. 234-1 et L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;

- elle méconnait l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;

Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de sa situation familiale et de la présence de son fils en France.

Par un mémoire enregistré le 10 août 2022, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, étant précisé que le requérant n'a jamais exprimé de réserves quant à la procédure préalable et qu'il suit assidument des cours de français ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour exercer les fonctions prévues par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Robiliard, substituant Me Vasconi, reprenant les écritures et précisant que la requête est recevable, que la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit puisque le requérant dispose d'un droit au séjour permanent, qu'il constitue une figure paternelle pour son enfant, bien que confié au service de l'aide sociale à l'enfance, et soulèvant un nouveau moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tchèque né le 21 juin 1969, indique séjourner en France depuis le 4 octobre 2013. Incarcéré à la maison d'arrêt de Rochefort, il a fait l'objet, le 14 mars 2022, d'un arrêté du préfet de la Charente-Maritime l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur la fin de non-recevoir :

2. L'article L. 613-4 de ce code précise : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est également informé qu'il peut recevoir communication des principaux éléments, traduits dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, des décisions qui lui sont notifiées en application des chapitres I et II. ". Si le préfet soutient que la requête est tardive, ayant été déposée plus de 48 heures après la notification de l'arrêté litigieux, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le requérant, qui comprend mal le français, a pu bénéficier de l'assistance d'un interprète ou d'une traduction des éléments relatifs aux décisions litigieuses, dont il fait l'objet. Dès lors, la fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur le moyen commun aux décisions contestées :

3. L'arrêté litigieux a été signé par M. Pierre Molager, secrétaire général de la préfecture de la Charente-Maritime, qui avait reçu à cet effet délégation par arrêté du 30 mai 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit donc être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, les moyens relatifs à l'irrégularité alléguée de la notification de l'arrêté litigieux, et de la brièveté du délai de recours, de 48 heures, qui porterait atteinte à son droit au recours effectif ne sauraient être utilement invoqués contre la légalité de la décision d'obligation de quitter le territoire. Ces moyens, inopérants, doivent donc être écartés. Au demeurant, le requérant a pu, par la présente requête, contester la légalité de la décision en cause par l'intermédiaire d'un conseil.

5. En deuxième lieu, l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. () ". L'article L. 231-2 du même code indique : " Les citoyens de l'Union européenne qui souhaitent établir en France leur résidence habituelle se font enregistrer auprès du maire de leur commune de résidence dans les trois mois suivant leur arrivée. Ceux qui n'ont pas respecté cette obligation d'enregistrement sont réputés résider en France depuis moins de trois mois. ". En outre, l'article L. 251-1 de ce code prévoit : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ", sachant que l'article L. 251-2 de ce code ajoute : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1. ".

6. En l'espèce, le requérant soutient résider en France depuis le 4 octobre 2013, invoquant ainsi un droit au séjour permanent depuis le 4 octobre 2018. Toutefois, il ne dispose d'aucun titre et ne démontre pas, par la production d'une attestation de Pôle Emploi de mars 2022, d'une attestation d'Emmaüs Loiret indiquant qu'il a été compagnon entre octobre 2013 et septembre 2014, d'un avis d'imposition sur les revenus 2018 à 0 euro et par l'attestation d'une assistante sociale de mars 2022, l'existence d'un séjour régulier de plus de cinq ans susceptible de lui ouvrir droit au séjour permanent. Dès lors, il n'est pas fondé, en l'état du dossier, à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit.

7. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Et selon le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale "

8. M. B soutient avoir placé le centre de ses intérêts en France depuis 2013 et se prévaut de la présence, sur le territoire, de son fils, A, né le 6 décembre 2014, précisant que la mère de ce dernier, qui souffre d'alcoolisme, ne peut pourvoir à ses besoins. Toutefois, son fils fait l'objet d'un placement auprès de l'aide sociale à l'enfance depuis juillet 2020 et son droit de visite, initialement tous les 15 jours, a été suspendu par une ordonnance du 18 mai 2022 en raison de son incarcération. Si le jugement en assistance éducative du 23 juin 2021 indique que le requérant, qui exerce son droit de visite, " se montre attaché à A " et lui offre des vêtements, il retient également qu'il " n'est pas en mesure de garantir à A les conditions de vie sécurisantes et stables " et " n'est pas conscient de la nécessité de préserver A du vif conflit qui l'oppose toujours " à la mère de son fils, " ne permettant par exemple pas à son fils d'évoquer librement sa mère ou de manifester son attachement envers elle ", alors même que les liens entre ces derniers " ont été rétablis dans le cadre du placement ". De plus, le requérant a fait l'objet de plusieurs condamnations, notamment pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, ainsi que pour menaces de mort réitérées et violence sur personne ayant été son concubin le 10 juin 2020 et, en récidive, le 25 novembre 2021. Il a, pour ces faits, été condamné à un emprisonnement de 12 mois dont six mois de sursis probatoire pendant deux ans. En outre, il a été condamné à une peine d'amende pour conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et sans assurance en 2019. Enfin, le requérant, qui ne maîtrise pas la langue française, ne démontre pas être socialement ou professionnellement intégré sur le territoire. En l'état du dossier, compte tenu des faits de violence reprochés, en récidive, et de l'absence d'éléments permettant d'établir que sa présence est bénéfique à son fils, lequel est d'après l'ordonnance du juge des enfants du 18 mai 2022 " très fortement insécurisé par " la nouvelle incarcération de son père et alors que le jugement du 23 juin 2021 relevait qu'il " évolue favorablement dans le cadre du placement ", même s'il s'agit d'un enfant " fragilisé par son parcours de vie ". Ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant reproduits ci-dessus.

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire

9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

10. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".

11. Il ressort de la décision attaquée que pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire, le préfet de la Charente-Maritime s'est fondé sur la qualification des faits commis, leur réitération et récidive. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant a été condamné pour des faits de conduite sous emprise de l'alcool et sans assurance ainsi que pour menaces de mort réitérées et, en 2020 et 2021, violence sur personne ayant été son conjoint, et pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, faits pour lesquels il a été condamné à des amendes et peines d'emprisonnement. Par suite, le préfet de la Charente-Maritime a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français de deux ans :

13. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Et selon le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale "

14. Le requérant soutient que l'interdiction de circulation sur le territoire français pendant deux années est disproportionnée et fait valoir qu'un tel éloignement serait contraire à l'intérêt de son enfant et à son droit de mener une vie privée et familiale. En l'espèce, M. B est père d'un enfant de 7 ans confié, depuis 2020, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si cet enfant s'avère, ainsi qu'il a été dit au point 7, fragilisé par son parcours de vie, il ressort des pièces du dossier que son père a toujours tenté de maintenir un lien avec lui et exerçait son droit de visite. En outre, si la mère de son enfant, suivie pour son alcoolisme, cherche à rétablir les liens avec ce dernier, leur relation semble rester fragile. Compte tenu de ces éléments, et dans les circonstances particulières de l'espèce, M. B est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 14 mars 2022 lui interdisant de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués dans ce cadre.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 du préfet de la Charente-Maritime, qu'en tant qu'il lui interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les autres conclusions :

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui ne peut être regardé comme la partie principalement perdante.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 14 mars 2022 est annulé en tant seulement qu'il porte interdiction de circuler sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, Me Vasconi et au préfet de la Charente-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2022.

La magistrate désignée,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

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