mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | GATEAU LEBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2022, M. C B, représenté par Me Gateau-Leblanc, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2022 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il est père d'un enfant de trois ans résidant en France et qu'il encourt des risques pour sa sécurité et pour sa vie en cas de retour au Mali.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2022, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été lu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 16 mai 2000, déclare être entré sur le territoire français en 2016. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 juillet 2016. Par arrêté du 5 octobre 2016, le préfet de Police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français. M. B déclare être entré à nouveau en France en 2019. Le 25 juin 2022, il a été interpelé et placé en garde à vue pour des faits de conduite sous l'emprise d'un état alcoolique et défaut de permis. Cette garde à vue a révélé le caractère irrégulier de son séjour. Par arrêté du 26 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire à M. B.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, l'arrêté en litige vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour qui constitue le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire, les articles L. 612-2 et L. 612-3 du même code qui constituent le fondement de la décision portant refus de délai de départ et l'article L. 612-6 du même code qui constitue le fondement de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8. L'arrêté mentionne par ailleurs les conditions d'entrée irrégulière en France de M. B en 2019 où il s'est maintenu sans solliciter de titre de séjour. Il indique qu'il existe un risque qu'il se soustrait à la mesure d'obligation de quitter le territoire dès lors qu'il ne dispose pas d'un passeport ou de documents d'identité en cours de validité et ni d'une résidence permanente et stable. L'arrêté mentionne enfin que M. B ne justifie pas de circonstances humanitaires particulières, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale dès lors qu'il dispose d'attaches dans son pays d'origine et qu'il ne justifie pas être exposé à des risques de traitement inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Les décisions attaquées sont ainsi suffisamment motivées.
6. En second lieu, si le requérant invoque d'une part la présence en France de son enfant né le 15 mai 2019, il se borne toutefois à produire l'acte par lequel il l'a reconnu le 4 janvier 2021 mais il n'apporte aucun élément permettant d'établir la présence en France de cet enfant ni aucun élément permettant de justifier qu'il entretient des liens avec lui. Si le requérant soutient d'autre part que sa sécurité et sa vie sont en danger en cas de retour au Mali, il n'apporte aucun élément permettant de l'établir alors que sa demande d'asile a par ailleurs été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de la Charente-Maritime ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences des décisions attaquées sur la situation personnelle de M. B.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2022 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 juillet 2022.
La magistrate désignée,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
N°2201540
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026