mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BOUILLAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Bouillault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 juillet 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard d'enjoindre au préfet de la Vienne et de de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, faute pour le préfet d'avoir saisi le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ; elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est insuffisamment motivée ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire de production de pièces enregistré le 10 février 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), représenté par son directeur général a produit l'entier dossier médical du requérant.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Bouillault, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant géorgien né le 5 décembre 1986, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement en France le 20 août 2016. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 mai 2015, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 août 2016. Après avoir fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement les 5 décembre 2016 et 17 mai 2018, auxquelles il s'est soustrait, il a bénéficié d'un titre de séjour pour raisons de santé du 28 février 2020 au 27 février 2021. Le 28 octobre 2021, l'administration lui a refusé le renouvellement de ce titre de séjour et lui a notifié une nouvelle mesure d'éloignement à laquelle l'intéressé s'est, de nouveau, soustrait. Le 17 mai 2021, M. B a demandé son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 5 juillet 2022, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté en litige a été signé par la secrétaire générale de la préfecture de la Vienne qui, par un arrêté du 7 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de la Vienne, a reçu du préfet de ce département délégation de signature à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige manque en fait.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, le requérant, qui, comme il a été dit au point 1, n'a pas sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger malade mais son admission exceptionnelle au séjour, ne peut utilement se prévaloir de ce que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'a pas été saisi de sa demande. En toute hypothèse, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'état de santé de l'intéressé se serait détérioré de manière significative après le précédent refus de titre de séjour en qualité d'étranger malade qui lui a été opposé, ni, par suite, que l'autorité administrative aurait dû, de nouveau, saisir à nouveau pour avis ce collège. Ainsi, dans la mesure où le préfet de la Vienne n'a pas, de lui-même, envisagé la possibilité d'admettre l'intéressé au séjour au titre de son état de santé avant de rejeter sa demande, le moyen tiré de défaut de consultation du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée vise, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose que l'intéressé est célibataire et sans enfant, qu'il n'a pas tissé de liens personnels suffisamment intenses, anciens et stables en France, qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, la Géorgie, qu'il a quitté à l'âge de 27 ans et que les membres de sa famille qui vivent en France sont eux-mêmes en situation irrégulière. Sur le plan de son insertion professionnelle, elle fait état de l'interruption de son contrat de travail le 17 novembre 2021 et des doutes sur la réalité de l'activité de sa microentreprise. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en fait qu'en droit.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de cette motivation que le préfet de la Vienne aurait omis d'examiner la situation personnelle de l'intéressé de manière approfondie.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention () " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
7. Si le requérant fait état de ses efforts d'intégration, qui se traduisent notamment par l'apprentissage de la langue française, de formations certifiantes qu'il a suivies comme le certificat d'aptitude à la conduite en sécurité, ces circonstances ne constituent ni des considérations humanitaires, ni des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées. Par ailleurs, s'il prend soin de sa mère, dont il allègue qu'elle connaît des problèmes de santé, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, ne pourrait se voir délivrer les soins qu'appelle son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
8. En dernier lieu, le requérant ne peut se prévaloir utilement des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
10. Aux termes des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : " L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
11. Il ressort des pièces versées au dossier par l'OFII et, notamment, de l'avis médical de l'OFII du 22 décembre 2021, que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge n'est pas de nature à entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, depuis cet avis, l'état de santé de l'intéressé aurait évolué défavorablement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
13. Si le requérant allègue que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, il est constant que les deux membres de sa famille présents en France se maintiennent irrégulièrement sur le territoire, que sa mère fait l'objet d'une mesure d'éloignement, et qu'il est célibataire et sans enfant. Il n'est en outre pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 27 ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination en raison de l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
15. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée, qui vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, est suffisamment motivée.
16. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cette décision méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2022. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. A. Premier conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. A
Le président,
Signé
L. CAMPOY
La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
N°2202524
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026