jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 13 mars 2023 qui n'ont pas été communiquées, M. D B, représenté par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour, avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le motif tiré de ce que sa présence constitue une menace pour l'ordre public est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale.
Un mémoire en défense du préfet de la Vienne a été enregistré le 10 mars 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant gabonais né le 27 mars 1991, déclare être entré sur le territoire français le 2 septembre 2016, sous couvert d'un visa étudiant valable du 31 août 2016 au 31 août 2017. L'intéressé a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant valable du 1er septembre 2017 au 31 août 2018. Par un arrêté du 14 juin 2019, le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. B, qui n'a pas déféré à cette obligation, a cependant obtenu, par la suite, un titre de séjour " étudiant " valable jusqu'au 8 avril 2022. Le 17 février 2022, M. B a sollicité la délivrance d'une carte de séjour mention " vie privée et familiale ". Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Si M. B se prévaut de sa relation avec Mme C avec laquelle il attend un enfant, il ressort des pièces du dossier qu'ils ont conclu un pacte civil de solidarité le 20 octobre 2022, soit postérieurement à l'arrêté attaqué et que cette relation est récente, dès lors qu'ils ont déclaré vivre ensemble depuis le 21 septembre 2021. M. B soutient également être intégré socialement et professionnellement au sein de la société française. Il fait valoir qu'il bénéficie d'un contrat à durée indéterminée en qualité d'employé polyvalent au sein de la société KFC depuis le 18 octobre 2021, que ce dernier a été précédé de différents contrats et il produit également des attestations de son entourage. Toutefois, ces circonstances ne suffisent pas, à elles seules, à établir que l'intéressé disposerait d'une insertion professionnelle stable et durable, alors qu'il est connu défavorablement par les services de police et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Le requérant ne démontre pas entretenir en France des liens personnels particulièrement stables et intenses avec d'autres personnes que sa compagne. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, l'arrêté attaqué n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B s'est fait, peu après son arrivée en France, défavorablement connaître des services de police pour des faits d'émission de chèque par le titulaire d'un compte en violation d'une injonction bancaire, ainsi que des faits de vols simples les 28 juin et 5 juillet 2022. Le 7 juillet 2020, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Poitiers à 300 euros d'amende avec sursis pour des faits de menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public. Le requérant soutient que c'est à tort que le préfet de la Vienne a estimé qu'il menace l'ordre public. Il résulte toutefois de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus de délivrance du titre de séjour demandé en se fondant sur les autres motifs de son arrêté, tenant notamment à l'absence d'insertion socio-professionnelle de M. B et sur la circonstance qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions M. B n'est pas fondé à se prévaloir d'une erreur d'appréciation à l'encontre de l'arrêté attaqué.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2022, par lequel le préfet de la Vienne a refusé à M. B la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de la Vienne et à Me Bonnet.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. A
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
Le greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026