vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers 96/144 heures |
| Avocat requérant | SORO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2023, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il est arrivé en France en 1986 à l'âge de six ans avec sa mère et ses frères et sœurs, son père étant décédé au Portugal, qu'il a fait toute sa scolarité à Rochefort, qu'il exerce le métier de maçon depuis une quinzaine d'années, qu'il est propriétaire d'une maison d'habitation à Rochefort, au titre de laquelle il rembourse un crédit immobilier, que tous ses frères et sœurs résident en France, que ses deux enfants, de dix-neuf et quatorze ans, vivent en France, et que seule sa mère réside au Portugal.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que M. C ne démontre pas l'atteinte disproportionnée de l'arrêté attaqué à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ne justifie pas d'une présence continue en France, et que son comportement constitue une menace à l'ordre public ou la sécurité publique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Une note en délibéré a été enregistrée le 13 avril 2023 pour M. C, postérieurement à la clôture de l'instruction, intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant portugais né le 22 août 1978, déclare être entré en France en 1986, à l'âge de six ans. Par un arrêté du 21 février 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1°) Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2°) Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration. En outre, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ".
3. D'une part, le préfet de la Charente-Maritime s'est fondé, pour prendre l'arrêté litigieux, sur la circonstance que M. C constituerait une menace pour l'ordre public. A cet égard, il est constant que M. C est incarcéré, jusqu'au 26 avril 2023 inclus, au centre de détention de Bédenac, en exécution d'une condamnation en comparution immédiate du 8 avril 2022 du tribunal judiciaire de La Rochelle, à deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pendant trois ans, pour des faits, commis à Rochefort le 6 avril 2022, de dégradation ou détérioration du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, de menace de mort réitérée, de conduite d'un véhicule en état d'ivresse manifeste, et de refus de se soumettre, en tant que conducteur d'un véhicule, aux vérifications tendant à établir un état alcoolique. L'autorité préfectorale a également relevé que le bulletin n°2 du casier judiciaire de l'intéressé mentionnait trois autres condamnations dont deux ont occasionné un emprisonnement, d'une part de quatre mois dont deux avec sursis pour violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique et violence sur un sapeur-pompier suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, et, d'autre part, de huit mois dont quatre avec sursis pour harcèlement d'une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité, suivi d'incapacité supérieures à huit jours, et vol par effraction. Cette dernière condamnation avait donné lieu à l'incarcération de M. C à la maison d'arrêt de Rochefort, du 4 janvier au 6 avril 2022, l'intéressé ayant donc été interpelé le jour même de sa levée d'écrou pour les faits précités commis à Rochefort le 6 avril 2022. Dans ces conditions, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. C.
4. D'autre part, le préfet de la Charente-Maritime fait également valoir que M. C n'établit pas l'intensité de sa vie familiale, professionnelle et personnelle en France. Il soutient que le requérant ne démontre pas avoir séjourné en France depuis l'année 1986, ni avoir noué des liens sociaux, culturels et familiaux suffisants pour justifier qu'il aurait acquis un droit au séjour permanent. Si M. C soutient qu'il a toujours travaillé dans la maçonnerie, qu'il paye des impôts depuis une quinzaine d'années, qu'il est propriétaire d'une maison d'habitation située à Rochefort, au titre de laquelle il rembourse un crédit immobilier, et que tous ses frères et sœurs sont établis en France, à l'instar de ses deux enfants, il se borne à produire une attestation de son emploi en intérim en qualité de maçon, au titre des années 2020 et 2021, et son avis d'impôt 2020. Ce faisant, il n'apporte pas d'éléments probants sur les liens familiaux dont il entend se prévaloir. A supposer même que les circonstances qu'il invoque soient établies, elles ne sont pas de nature à remettre en question l'appréciation portée par le préfet de la Charente-Maritime sur la situation de M. C, qui a pu légalement, pour les motifs exposés au point précédent, à eux seuls, obliger le requérant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixer le pays de destination et lui faire interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de l'arrêté du 20 février 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Charente-Maritime.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La magistrate désignée,
Signé
S. GIBSON-THERY
La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026