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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2302038

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2302038

lundi 10 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2302038
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL OCEANIS AVOCATS

Résumé IA

Retrait d’une décision municipale autorisant une dérogation scolaire. Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, constate qu’il n’y a plus lieu de statuer sur la requête en excès de pouvoir de M. et Mme A, dès lors que le maire de Puilboreau a retiré la décision attaquée du 19 juin 2023 et procédé à l’inscription de leur enfant. La commune est condamnée à verser 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 juillet 2023, M. D et Mme B A, représentés par Me Guillard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juin 2023 par laquelle le maire de la commune de Puilboreau (Charente-Maritime) a retiré sa décision du 31 mai 2023 autorisant leur demande de dérogation scolaire pour leur fils, en vue de son inscription à l'école élémentaire de Puilboreau pour l'année scolaire 2023-2024 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Puilboreau une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 30 août 2023, la commune de Puilboreau, représentée par la SELARL Océanis Avocats, conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que, par décision du 28 août 2023, le maire de Puilboreau a retiré la décision du 19 juin 2023 en litige et a procédé à l'inscription de l'enfant à l'école communale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Boutet, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5º statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Par courrier du 22 avril 2023, M. et Mme A, qui résident sur le territoire de la commune de Longèves (Charente-Maritime), ont demandé au maire de la commune de Puilboreau l'autorisation de scolariser à titre dérogatoire leur fils C dans l'école élémentaire de la commune de Puilboreau pour l'année scolaire 2023-2024. Par courriel du 31 mai 2023, cette demande a été acceptée par la commune. Toutefois, par courrier du 19 juin 2023 le maire de la commune de Puilboreau est revenu sur sa précédente décision en rejetant la demande d'inscription dérogatoire de l'enfant. Par la présente requête, M. et Mme A demandent l'annulation de cette décision du 19 juin 2023.

3. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

4. Par décision du 28 août 2023, postérieure à l'introduction de la requête et devenue définitive, le maire de Puilboreau a retiré la décision attaquée. La commune de Puilboreau indique sans être contesté que C A a bien été inscrit à l'école communale pour l'année scolaire 2023-2024. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la requête sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

5. Il y lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Puilboreau une somme de 1 200 euros que M. et Mme A demandent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. et Mme A.

Article 2 : La commune de Puilboreau versera à M. et Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et à la commune de Puilboreau.

Fait à Poitiers, le 10 février 2025.

La magistrate désignée,

Signé

M. BOUTET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. MADRANGE

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