LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2302611

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2302611

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2302611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantGARGADENNEC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête d'un infirmier syndiqué contestant une sanction disciplinaire (exclusion temporaire de trois jours) infligée par son employeur, le groupe hospitalier Littoral Atlantique. Le tribunal a jugé que les propos grossiers tenus par l'agent, même dans un cadre syndical privé, constituaient une faute déontologique justifiant une sanction. La sanction, appartenant au premier groupe des sanctions disciplinaires prévues par le code général de la fonction publique, a été estimée proportionnée à la faute commise.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 septembre 2023, le 29 novembre 2024 et le 13 décembre 2024, ce dernier non communiqué, M. C... A..., représenté par Me Gargadennec, demande au tribunal :

1°)
d’annuler la décision du 17 avril 2023 par laquelle le directeur du groupe hospitalier Littoral Atlantique l’a sanctionné d’une exclusion temporaire de fonctions de trois jours, ensemble la décision du 24 juillet 2023 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge du groupe hospitalier Littoral Atlantique la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation, en l’absence de manquements au devoir de réserve et de loyauté ;
elle est disproportionnée.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 janvier 2024 et le 6 décembre 2024, le groupe hospitalier Littoral Atlantique, représenté par Me Champenois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 600 euros soit mise à la charge de M. A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lacampagne, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Martha, rapporteur public ;
- et les observations Me Lejars-Riccardi, avocat du groupe hospitalier Littoral Atlantique.


Considérant ce qui suit :

M. C... A... est infirmier titulaire spécialisé en psychiatrie au sein du groupe hospitalier Littoral Atlantique et exerce en outre des fonctions syndicales. Suite à la diffusion sur un réseau social d’une vidéo de M. A..., la direction du groupe hospitalier a initié à son encontre une procédure disciplinaire et a décidé une exclusion temporaire de fonctions de trois jours. Par cette requête, M. A... demande l’annulation de cette décision et du rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l’article L.530-1 du code général de la fonction publique : « Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire (…) ». Aux termes de l’article L.533-1 du même code : « Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : / 1° Premier groupe : / a) L'avertissement ; / b) Le blâme ; / c) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours (…) ».

Il appartient au juge, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. En outre, le comportement d’un fonctionnaire en dehors du service peut constituer une faute de nature à justifier une sanction si les faits commis sont incompatibles avec les fonctions exercées ou s’ils ont pour effet de perturber le bon fonctionnement du service ou de jeter le discrédit sur l’administration.

En deuxième lieu, si les agents publics qui exercent des fonctions syndicales bénéficient de la liberté d’expression particulière qu’exigent l’exercice de leur mandat et la défense des intérêts des personnels qu’ils représentent, cette liberté doit être conciliée avec le respect de leurs obligations déontologiques. En particulier, des propos ou un comportement agressifs à l’égard d’un supérieur hiérarchique ou d’un autre agent sont susceptibles, alors même qu’ils ne seraient pas constitutifs d’une infraction pénale, d’avoir le caractère d’une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.

Le groupe hospitalier Littoral Atlantique justifie la sanction par les propos tenus par M. A... à l’égard du directeur des ressources humaines de l’établissement de santé et diffusés dans une vidéo au sein d’un groupe privé d’un réseau social. M. A... qui ne conteste pas la matérialité des faits se borne à affirmer d’une part, que ces propos ont été prononcés dans le cadre de son mandat syndical et d’autre part qu’il n’est pas à l’origine de leur diffusion en dehors du groupe privé. Bien que les propos reprochés à M. A... aient été tenus sur un groupe privé syndical, M. A... n’établit pas de lien entre ces propos et son activité syndicale. Par ailleurs, de tels propos, par leur grossièreté portent atteinte aux obligations déontologiques d’un agent public sans que la circonstance selon laquelle leur diffusion n’est pas de son fait soit de nature à l’exonérer de sa responsabilité.

En dernier lieu, en se bornant à invoquer le caractère disproportionné de la sanction sans autre précision, M. A... n’assortit pas son moyen des précisions suffisantes. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A... a écopé d’une sanction du premier groupe, soit parmi les plus faibles possibles. Dans ces conditions, cette sanction n’apparaît pas disproportionnée au regard de la gravité de la faute commise.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée.

Sur les frais liés à l’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. A... la somme de 800 euros au titre des frais exposés par le groupe hospitalier Littoral Atlantique et non compris dans les dépens. En revanche, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du groupe hospitalier Littoral Atlantique la somme que M. A... demande au même titre.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : M. A... versera au groupe hospitalier Littoral Atlantique une somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au groupe hospitalier Littoral Atlantique.


Délibéré après l’audience du 3 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
M. Lacampagne, premier conseiller.






Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2026.

Le rapporteur,


Signé


P. LACAMPAGNE




Le président,


Signé


P. CRISTILLE








L’assesseure la plus ancienne,



M. B...


Le président-rapporteur,



A. MARCHAND






L’assesseure la plus ancienne,



M. B...

La greffière,


Signé


N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,

Signé

N. COLLET


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions