LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402542

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402542

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402542
TypeDécision
RecoursAutorisation
Formationétrangers JU
Avocat requérantSCPA GAND-PASCOT-PENOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 septembre et 3 octobre 2024, M. A B, représenté par la SCP Gand-Pascot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2024 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " étudiant " sollicité dans un délai de quarante-cinq jours à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'arrêté dans son ensemble :

- il est signé par une autorité incompétente ;

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, son comportement ne constituant pas une menace à l'ordre public ;

- les motifs tirés de l'insuffisance de ses ressources d'une part et de la menace à l'ordre public que représente son comportement d'autre part ont déjà été censurés par le tribunal administratif de Poitiers par le jugement du 19 avril 2024 et par le tribunal administratif de Bordeaux par le jugement du 3 juin 2024 ;

- le seul élément nouveau motivant la décision contestée tient au fait qu'il a été hospitalisé dans un hôpital psychiatrique, de sorte que la décision traduit une discrimination fondée sur l'état de santé, prohibée par l'article 225-1 du code pénal et par l'article 14 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, qui en constitue le fondement ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ :

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité ;

Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence :

- elles doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention franco-mauritanienne du 1er octobre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme Bréjeon pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bréjeon, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Gand, représentant M. B, qui indique que le refus de délivrance d'un titre de séjour qui est contesté est fondé sur les mêmes motifs que ceux qui ont déjà été censurés par le tribunal administratif de Poitiers et par le tribunal administratif de Bordeaux, de sorte qu'ils ne pouvaient justifier, de nouveau, le refus de délivrance d'un titre de séjour en l'absence de changement dans les circonstances de droit ou de fait. Il précise que le requérant est hospitalisé dans un hôpital psychiatrique depuis plusieurs mois, seul élément nouveau sur lequel se fonde le préfet de la Vienne et qui révèle une discrimination fondée sur l'état de santé de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né en décembre 1998 et de nationalité mauritanienne, est entré en France le 25 août 2015 sous couvert d'un visa D. Il a bénéficié du 6 mai 2021 jusqu'au 5 août 2023 de titres de séjour portant la mention " étudiant " délivrés par la préfecture de la Vienne afin de suivre des études supérieures de mathématiques. Le 20 juillet 2023, M. B a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 6 février 2024, le préfet de la Vienne a refusé de faire droit à sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un jugement du 19 avril 2024 n° 2400333, le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 6 février 2024. Une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'au 29 octobre 2024, a ensuite été délivrée à M. B. Par un arrêté du 28 mai 2024, le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans. Par un jugement du 3 juin 2024 n° 2403428, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté du 28 mai 2024 et a enjoint au préfet de la Vienne de procéder au réexamen de la situation de M. B. Par un nouvel arrêté du 16 septembre 2024, le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. L'article 9 de la convention franco-mauritanienne du 1er octobre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes stipule : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures () sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi () ainsi que () de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention ‹ étudiant ›. Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études () et de la possession de moyens d'existence suffisants () ".

3. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle () ".

4. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B, le préfet de la Vienne s'est fondé, d'une part, sur la circonstance que son comportement représente une menace pour l'ordre public et, d'autre part, sur le fait qu'il ne remplit pas les conditions requises pour la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", à défaut de produire une attestation de réussite ou la preuve d'une nouvelle inscription pour l'année 2024/2025 et à défaut de justifier qu'il dispose de moyens d'existence suffisants.

5. En premier lieu, par un jugement n° 2403428 du 19 septembre 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté du 28 mai 2024 du préfet de la Vienne en tant qu'il portait refus de délivrance d'un titre de séjour au motif que, en estimant que la présence de M. B représentait une menace à l'ordre public, le préfet de la Vienne avait commis une erreur d'appréciation et méconnu les dispositions citées au point 3. Il est constant, en l'espèce, que, par l'arrêté contesté du 16 septembre 2024, le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B au motif que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Il ne ressort cependant d'aucune pièce du dossier, ainsi que le soutient le requérant, ni des écritures en défense du préfet de la Vienne, que les circonstances de droit ou de fait aient évolué depuis ce jugement alors que le préfet de la Vienne se fonde sur les mêmes faits que ceux mentionnés dans son précédent arrêté du 28 mai 2024. Dans ces conditions, en reprenant une nouvelle décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour pour le même motif, sans qu'un changement de circonstances le justifie, le préfet de la Vienne a méconnu l'autorité de chose jugée qui s'attache tant au dispositif du jugement n° 2403428 du 19 septembre 2024 qu'à ses motifs qui en sont le support nécessaire.

6. En deuxième lieu, par un jugement n° 240333 du 19 avril 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " à M. B au motif que ce dernier justifiait disposer des ressources suffisantes. Toutefois, sans mentionner de nouvelles circonstances de droit ou de fait, le préfet de la Vienne a de nouveau, par l'arrêté contesté, opposé à M. B l'insuffisances de ses ressources. En outre, s'il se fonde également sur l'absence de production soit d'une attestation de réussite au titre de l'année 2023/2024 soit d'un justificatif d'inscription au titre de l'année 2024/2025, il ressort des pièces du dossier que le requérant est hospitalisé depuis le 8 juillet 2024 au centre hospitalier Henri Laborit à Poitiers après avoir été transféré du centre hospitalier Claude Perrens à Bordeaux, de sorte qu'il était dans l'impossibilité de justifier de son éventuelle inscription pour l'année 2024/2025. Il ressort par ailleurs du jugement n° 2400333 du 19 avril 2024 que le caractère réel et sérieux des études suivies par M. B n'était pas contesté par le préfet de la Vienne et que les attestations produites par le requérant, de la présidente, de professeurs et de maîtres de conférences de l'Université de Poitiers, confortaient son sérieux et son implication dans son cursus universitaire.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du16 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des autres décisions attaquées, privées de base légale, par lesquelles cette autorité lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Dans les circonstances de l'espèce, l'annulation des arrêtés contestés par le présent jugement implique seulement que le préfet de la Vienne procède au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.

Sur les frais du litige :

9. L'avocat du requérant, admis à l'aide juridictionnelle, peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que la SCP Gand-Pascot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 900 euros à verser au conseil de M. B.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du 16 septembre 2024 par lesquels le préfet de la Vienne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, l'a interdit de retour sur le territoire français et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vienne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous réserve que la SCP Gand-Pascot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à la SCP Gand-Pascot une somme de 900 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SCP Gand-Pascot et au préfet de la Vienne.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 octobre 2024.

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

Décisions similaires

TA34Autorisation

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2400503

Sujet principal : Recours d'un agent public stagiaire contre le refus de sa titularisation et la prorogation de son stage. Juridiction : Tribunal Administratif de Montpellier (2ème chambre). Solution retenue : Le jugement, non intégralement reproduit, statue sur la légalité de l'arrêté de prorogation de stage et de l'arrêté refusant la titularisation. L'agent invoque notamment des vices de procédure, une erreur manifeste d'appréciation, un détournement de procédure et une violation de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique concernant les conditions du stage. Textes appliqués : Le code général de la fonction publique (notamment article L. 327-1) et le code de justice administrative (article L. 761-1 sur les frais irrépétibles).

08/04/2026

TA30Autorisation

Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2600904

Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la demande de suspension d'une décision préfectorale refusant l'enregistrement d'une demande de titre de séjour. Le juge des référés estime que le courriel attaqué du 14 janvier 2026 ne constitue pas une décision faisant grief, une décision implicite de refus étant déjà née le 11 janvier 2026 suite à l'expiration du délai d'instruction. La demande est donc irrecevable au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

07/04/2026

TA75Autorisation

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.

07/04/2026

TA76Autorisation

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505063

Le Tribunal administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante tunisienne et prononçant une obligation de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet de la Seine-Maritime avait méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme en ne procédant pas à un examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale, notamment au regard de son intégration en France. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour.

03/04/2026

← Retour aux décisions