LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2403586

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2403586

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2403586
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSALLE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire (OQTF) sans délai volontaire, de fixation du pays de renvoi et d'interdiction de retour de cinq ans. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé, fondé sur une appréciation de la menace pour l'ordre public constituée par les condamnations pénales du requérant, et qu'il résultait d'un examen particulier de sa situation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, M. D... A..., représenté par Me Sallé, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 27 novembre 2024 par lequel la préfète de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l’a interdit de retour sur le territoire français pendant cinq ans.


Il soutient que :

l’arrêté est insuffisamment motivé ;
il est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
il est entaché d’une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2025, la préfète de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu’aucun des moyens soulevés n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. C...,
- les observations de M. A....



Considérant ce qui suit :


1. M. D... A..., ressortissant surinamien né le 20 mars 1992, est entré sur le territoire français en 1995. Le 19 avril 2022, il a sollicité la délivrance d’une carte de résident portant la mention « vie privée et familiale ». Par arrêté du 27 novembre 2024, la préfète de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l’a interdit de retour sur le territoire français pendant cinq ans. M. A... demande l’annulation de cet arrêté. Par décision du 4 décembre 2024, le préfet de la Vienne a maintenu le placement au centre de rétention administrative d’Hendaye de M. A.... Une ordonnance du 10 décembre 2024 de la vice-présidente de la cour d’appel de Pau ayant mis fin à sa rétention, sa requête, transmise au tribunal administratif de Pau le 7 décembre 2024, a été renvoyée par celui-ci par une ordonnance du 11 décembre 2024.

3. En premier lieu, l’arrêté contesté vise les textes sur lesquels s’est fondée la préfète de la Dordogne et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions applicables en l’espèce du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il mentionne l’ensemble des éléments relatifs à la situation administrative et personnelle de M. A... en rappelant les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français, notamment son entrée sur le territoire national en 1995, ses condamnations le 30 septembre 2016 par le tribunal correctionnel de Lyon à deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis et le 9 décembre 2022 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à trois ans d’emprisonnement, et en déduit que du fait de la menace qu’il constitue pour l’ordre public, il ne peut prétendre à la délivrance d’une carte de résident ou au renouvellement de son titre de séjour. La motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions applicables du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n’implique pas, dès lors que, comme il vient d’être dit, ce refus est lui-même motivé en droit comme en fait et que les dispositions législatives qui permettent de l’assortir d’une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique. En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination, l’arrêté attaqué vise les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions applicables du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et mentionne la nationalité du requérant ainsi que la circonstance qu’il n’établit pas courir des risques en cas de retour dans son pays d’origine. Enfin, s’agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, après avoir rappelé les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile applicables en l’espèce et avoir fait état de sa durée de présence en France et de la nature comme de l’ancienneté de ses liens avec celle-ci et de l’absence de mesure d’éloignement prise à son encontre, l’arrêté attaqué fait état de son absence d’intégration et de la menace grave et actuelle que sa présence en France représente pour l’ordre public et de ce que la durée de cinq ans de cette interdiction du territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale . Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l’arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de l’arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que la préfète de la Dordogne n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant d’édicter à son encontre l’arrêté en litige.

5. En troisième lieu, si M. A..., entré en France en 1995 à l’âge de trois ans, a bénéficié de titres de séjour portant la mention « vie privée et familiale » du 22 septembre 2011 au 17 avril 2022, il a été condamné le 30 septembre 2016 par le tribunal correctionnel de Lyon à deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis pour des faits de transport non autorisé de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, acquisition non autorisée de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement, et le 9 décembre 2022 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à 3 ans d'emprisonnement pour des faits de transport non autorisé de stupéfiants en récidive, détention non autorisée de stupéfiants en récidive, offre ou cession non autorisée de stupéfiants en récidive, acquisition non autorisée de stupéfiants en récidive, importation non autorisée de stupéfiants et trafic en récidive. S’il ressort des pièces du dossier qu’il a reconnu le 27 décembre 2023, alors qu’il était en détention, l’enfant né le 23 mars 2023 de Mme B..., ressortissante française, il n’établit pas avoir participé à son éducation et à son entretien depuis sa naissance par la seule justification de trois virements bancaires à cette dernière et ne fait pas état d’aucune autre attache familiale en France. Dans ces conditions, le moyen tiré d’une erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

6. En dernier lieu, le moyen tiré d’une erreur de droit dont serait entaché l’arrêté litigieux n’est assorti d’aucun commencement de précision permettant d’en apprécier le bien-fondé. Il y a donc lieu de l’écarter.


7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A... à fin d’annulation de l’arrêté du 27 novembre 2024 de la préfète de la Dordogne doivent être rejetées.


D E C I D E:


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D... A... et à la préfète de la Dordogne.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur

Délibéré après l'audience du 26 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Antoine Jarrige, président,
M. Philippe Cristille, vice-président,
M. Julien Dufour, vice-président.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2026.


Le président rapporteur,
signé
A. C...
L’assesseur le plus ancien,
signé
P. CRISTILLE



La greffière,

signé

D. BRUNET






La République mande et ordonne à la préfète de la Dordogne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef

La greffière



Signé

D. BRUNET






Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions