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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2501601

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2501601

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2501601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantHAY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a été saisi par Mme B..., ressortissante algérienne, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de la Vienne du 27 mars 2025 lui refusant un titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a délivré le titre de séjour sollicité le 12 décembre 2025. Le tribunal a constaté que les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet, prononçant un non-lieu à statuer. Il a toutefois condamné l’État à verser 550 euros à l’avocate de Mme B... au titre de l’aide juridictionnelle et 450 euros à Mme B... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mai 2025, le 18 juillet 2025, Mme A... B..., représentée par Me Hay, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 27 mars 2025 par lequel le Préfet de la Vienne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la décision de refus de séjour méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 7 janvier 2026, le préfet de la Vienne conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la requête a perdu son objet.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 6 mai 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Duval-Tadeusz a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Mme A... B..., ressortissante algérienne née le 17 mars 1980, est entrée en France le 21 août 2018 muni d’un visa de court séjour. Le 19 mai 2022, elle a sollicité la délivrance d’un titre de séjour mention « vie privée et familiale ». Par un arrêté du 9 décembre 2022, dont elle demande l’annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le 20 novembre 2024, Mme B... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par décision du 27 mars 2025, le préfet de la Vienne a refusé le titre de séjour sollicité. Mme B... demande l’annulation de cette dernière décision.
Par une décision du 12 décembre 2025, postérieure à l’introduction du recours, le préfet de la Vienne a délivré un titre de séjour à Mme B.... Les conclusions de la requête aux fins d’annulation et d’injonction sont donc dépourvues d’objet.
Sur les frais de l’instance :

Mme B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle au taux de 55% par une décision du bureau d’aide juridictionnelle en date du 15 avril 2025. En application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 550 euros à Me Hay, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle. Par ailleurs, dès lors que l’admission à l’aide juridictionnelle partielle a laissé à la charge du requérant une partie des frais exposés pour l’instance et non compris dans les dépens, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 450 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de Mme B....

Article 2 : L’Etat versera à Me Hay, avocate de Mme B..., une somme de 550 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l’Etat.

Article 3 : L’Etat versera à Mme B... une somme de 450 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet de la Vienne.

Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 13 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.

La rapporteure,
Signé
J. DUVAL-TADEUSZ

Le président,
Signé
P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,


Signé


N. COLLET

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