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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2600144

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2600144

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2600144
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'annulation d'une injonction adressée par le président du conseil départemental à une accueillante familiale pour garantir le respect des conditions de son agrément. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Poitiers (ordonnance du président de la 3ème chambre). **Solution retenue** : La requête est rejetée comme irrecevable. Le juge estime que l'injonction contestée est un acte préparatoire, insusceptible de recours contentieux direct, dans la procédure de retrait éventuel d'agrément. **Textes appliqués** : L'article R. 222-1 du code de justice administrative (irrecevabilité manifeste) et les articles L. 441-1 et L. 441-2 du code de l'action sociale et des familles (régime de l'agrément et de son contrôle).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 23 janvier 2026, Mme B... A... demande au tribunal administratif d’annuler le courrier du 4 décembre 2025 par lequel le président du conseil départemental de la Vienne lui a enjoint de prendre les mesures destinées à garantir l’effectivité des conditions de son agrément d’accueillant familial.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de la justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, l’article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) »

2. D’autre part, aux termes de l’article L. 441-1 du code de l’action sociale et des familles : « Pour accueillir habituellement à son domicile, à titre onéreux, des personnes âgées ou handicapées adultes n'appartenant pas à sa famille jusqu'au quatrième degré inclus et, s'agissant des personnes handicapées adultes, ne relevant pas des dispositions de l'article L. 344-1, une personne ou un couple doit, au préalable, faire l'objet d'un agrément, renouvelable, par le président du conseil départemental de son département de résidence qui en instruit la demande. / La personne ou le couple agréé est dénommé accueillant familial. / L'agrément ne peut être accordé que si les conditions d'accueil garantissent la continuité de celui-ci, la protection de la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes accueillies, si les accueillants se sont engagés à suivre une formation initiale et continue et une initiation aux gestes de secourisme organisées par le président du conseil départemental et si un suivi social et médico-social des personnes accueillies peut être assuré. Un décret en Conseil d'Etat fixe les critères d'agrément. (…) ». Aux termes de l’article L. 441-2 de ce code : « Le président du conseil départemental organise le contrôle des accueillants familiaux, de leurs remplaçants et le suivi social et médico-social des personnes accueillies. / Si les conditions mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 441-1 cessent d'être remplies, il enjoint l'accueillant familial d'y remédier dans un délai fixé par le décret mentionné au même article. S'il n'a pas été satisfait à cette injonction, l'agrément est retiré après avis de la commission consultative. L'agrément peut également être retiré selon les mêmes modalités et au terme du même délai, en cas de non-conclusion du contrat mentionné à l'article L. 442-1, ou si celui-ci méconnaît les prescriptions mentionnées au même article, en cas de non souscription d'un contrat d'assurance par l'accueillant, ou si le montant de l'indemnité représentative mentionnée au 4° de l'article L. 442-1 est manifestement abusif. / En cas d'urgence, l'agrément peut être retiré sans injonction préalable ni consultation de la commission précédemment mentionnée. ».
3. Aux termes de ses écritures, Mme A... demande au juge administratif d’annuler l’acte du 4 décembre 2025 par lequel le président du conseil départemental de la Vienne lui a enjoint en application de l’article L. 441-2 du code de l’action sociale et des familles de prendre des mesures destinées à garantir l’effectivité des conditions de son agrément d’accueillant familial et lui a accordé un délai de trois mois pour ce faire.
4. Il résulte des dispositions rappelées au point 2 que, sauf cas d’urgence, le président du conseil départemental ne peut retirer un agrément d’accueillant familial qu’après avoir enjoint à la personne intéressée de remplir les conditions prévues à 3e alinéa de l’article L. 441-1 du code de l’action de l’action sociale et des familles dans un délai qu’il détermine et, s’il n’est pas satisfait à cette injonction, après avis de la commission consultative. Dès lors la transmission du 4 décembre 2025 en litige revêt le caractère d’un acte préparatoire insusceptible de recours. Par suite, la demande de Mme A... tendant à l’annulation de cet acte doit être rejetée comme irrecevable en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Poitiers le 17 février 2026


Le président de la 3ème chambre


Signé


P. CRISTILLE













La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,

Signé




S. GAGNAIRE

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