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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2600152

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2600152

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2600152
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... comme étant manifestement irrecevable. Le requérant demandait un constat et une injonction pour obtenir une carte de résident permanent, mais le juge a rappelé que sa mission n'est pas de se substituer à l'administration ni d'émettre des injonctions à titre principal en dehors des cas légaux. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, qui définissent les limites de l'office du juge administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 janvier 2026, M. A... B... demande au tribunal :

1°) de constater que la carte de résident qui lui a été remise le 1er décembre 2025 ne mentionne pas son caractère « permanent » ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Vienne de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident permanent à durée indéterminée, ou à titre subsidiaire, une carte de résident permanent d’une durée de dix ans ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 700 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : « 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (…) ».

3. Il résulte des dispositions précitées qu’en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut pas faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

4. En demandant au tribunal de constater que la carte de résident qui lui a été remise le 1er décembre 2025 ne mentionne pas qu’il est résident « permanent », M. B..., ne saisit le tribunal d’aucune conclusion qui relève de l’office du juge administratif. Par ailleurs, il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, d’adresser des injonctions à l’administration à titre principal, pas plus qu’il ne lui appartient de faire œuvre d’administrateur. Dans ces conditions les conclusions aux fins d’injonction de M. B... présentées à titre principal, sont entachées d’une irrecevabilité manifeste.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Poitiers, le 17 février 2026


Le président de la 3ème chambre,

Signé

P. CRISTILLE

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,

Signé

D. MADRANGE

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