jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-1901657 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SOREL & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 13 et 19 septembre 2019, le 5 février 2021, le 8 avril 2021 et le 8 mars 2022, M. E F et Mme G C, épouse F, représentés par Me Ducourau, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 18 mars 2019 par lequel le maire de la commune du Pêchereau (Indre) a accordé à M. D le permis de construire d'un hangar pour matériels et véhicules liés à une activité de jardinier-paysagiste, ensemble les décisions par lesquelles le maire de la commune du Pêchereau a implicitement rejeté leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune, le cas échéant sous astreinte, de faire démolir l'entrepôt illégalement autorisé et de remettre en l'état le terrain d'assiette de la construction ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Pêchereau la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans les délais de recours, et que le projet, qui se situe à proximité immédiate de leur propriété, bouleverse leur cadre de vie, si bien qu'ils disposent d'un intérêt à agir suffisant ;
- l'arrêté méconnait l'article U1 du plan local d'urbanisme de la commune, dès lors que l'entrepôt autorisé est isolé des bâtiments dans lesquels s'exerce l'activité professionnelle du pétitionnaire ;
- le maire a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce que la construction est source de risque pour la sécurité publique au vu de la configuration des lieux ;
- le maire a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en autorisant la construction d'un immense entrepôt métallique dans un secteur exclusivement composé de pavillons.
Par deux mémoires en défense et des pièces enregistrés le 9 novembre 2020, le 15 mars 2021 et le 17 mars 2022, la commune du Pêchereau, représentée par la SCP Sorel et Associés, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme F la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants sont dépourvus d'un intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 septembre 2022 à 17h.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme I,
- les conclusions de Mme Khéra Benzaïd, rapporteur public,
- et les observations de Me Fauquignon, substituant Me Ducourau, représentant M. et Mme F, et H, représentant la commune du Pêchereau.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, le règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Pêchereau présente la zone U comme " une zone d'habitat, où les services, les commerces et les activités liées à et compatibles avec cette fonction sont autorisés () ". Son article U1 interdit dans toute la zone U " () - les entrepôts, sauf ceux visés à l'article U2 ". L'article U2 fixant les types d'occupation ou d'utilisation des sols soumis à condition vise notamment : " () - les activités commerciales et/ou artisanales, et leurs entrepôts, à condition qu'elles ne créent pas de nuisance incompatible avec la proximité de l'habitat () ".
2. Le permis de construire délivré le 18 mars 2019 par le maire de la commune du Pêchereau à M. D autorise l'édification d'un hangar pour matériel et véhicules liés à une activité de jardinier-paysagiste sur un terrain situé route du Vivier, sur le territoire de la commune du Pêchereau, dans la zone U du plan local d'urbanisme de la commune. Il est constant que la construction litigieuse a vocation à accueillir les véhicules et le matériel nécessaires à l'activité professionnelle du pétitionnaire, qui exerce la profession de paysagiste sur le territoire de la même commune. Par suite, une telle construction, qui correspond à un entrepôt lié à une activité artisanale, entre dans le champ d'application des occupations autorisées par les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune du Pêchereau en zone U du règlement. La circonstance, relevée par les requérants, selon laquelle le hangar en litige constitue l'accessoire d'un site principal où le pétitionnaire exerce son activité professionnelle n'est pas, en l'absence de condition limitative posée par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme précitées à l'implantation des entrepôts liés à une activité commerciale ou artisanale, de nature à exclure la construction autorisée du champ de l'exception prévue à l'article U2 du règlement du plan local d'urbanisme. Enfin, en faisant état de la hauteur au faîtage de la construction et de son bardage métallique, M. et Mme F ne démontrent pas que la construction projetée serait incompatible avec la proximité de l'habitat au sens de l'article U2 du règlement du plan local d'urbanisme, en raison des nuisances qu'elle engendrerait. Le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions de l'article U1 du règlement du plan local d'urbanisme doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Ces dispositions sont au nombre des règles du règlement national d'urbanisme qui sont d'ordre public et, par suite, opposables au permis de construire attaqué.
4. Les requérants soutiennent que l'exploitation de l'entrepôt destiné à accueillir des camions et camionnettes liés à l'activité du pétitionnaire va aggraver les problèmes de sécurité au niveau des accès routiers autour du projet. Les risques dont il est fait état ne sont toutefois pas établis par les pièces du dossier. Par ailleurs, les photographies produites, dont il ressort qu'un marquage au sol a été aménagé afin de sécuriser l'accès à l'avenue du Vivier depuis le chemin des Côtes, ne démontrent pas que l'implantation du hangar autorisé pourrait avoir des incidences sur les conditions de circulation d'une nature telle que le maire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des risques d'atteinte à la sécurité publique en délivrant le permis de construire en litige.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi, qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
6. Il ressort des photographies produites au dossier que le terrain d'assiette du projet est situé le long d'une route départementale 48, et constitue une séparation entre une zone faiblement urbanisée accueillant des constructions en majorité pavillonnaires, et une zone naturelle. Si le hangar dont la construction a été autorisée présente, de par ses dimensions et sa hauteur de 7,66 mètres au faîtage, un caractère massif qui le distingue des constructions avoisinantes, il ne ressort pas des pièces du dossier que celles-ci présenteraient un caractère architectural particulier, et un bâtiment dédié à des activités de carrosserie et de peinture est déjà implanté, le long de la même départementale, à une faible distance du terrain d'assiette du projet autorisé. Par ailleurs, le pétitionnaire s'est engagé, dans la notice descriptive des travaux, à créer un cheminement piéton planté d'arbustes d'essences différentes et colorées, ainsi qu'une surface engazonnée et plantée d'arbustes. Dans ces conditions, le projet autorisé n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, et en délivrant le permis de construire litigieux, le maire de la commune du Pêchereau n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, ni commis d'erreur de droit.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme F contre l'arrêté du 18 mars 2019 par lequel le maire du Pêchereau a accordé à M. D le permis de construire un hangar pour matériels et véhicules lié à une activité de jardinier-paysagiste, ensemble les décisions par lesquelles le maire de la commune du Pêchereau a implicitement rejeté leur recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme F n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à ce que le tribunal enjoigne au maire de la commune de faire démolir l'entrepôt en litige doivent être rejetées.
Sur les frais du procès :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Pêchereau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme F demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune du Pêchereau présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2:Les conclusions présentées par la commune du Pêchereau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. E F, Mme G C épouse F, à la commune du Pêchereau et à M. B D.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022 où siégeaient :
- Mme Mège, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
N. I
Le président,
C. MEGE
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de l'Indre en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026