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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-1901851

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-1901851

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-1901851
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 octobre 2019, M. C B demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 26 juin 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Verneuil-sur-Vienne en tant qu'il a classé les parcelles cadastrées section ZI n° 178 et 179 situées sur le territoire de cette commune en zone agricole.

Il soutient que :

- c'est au prix d'une erreur manifeste d'appréciation que les parcelles cadastrées section ZI n°178 et 179 ont été classées en zone agricole ; ce classement abouti à une forte dépréciation financière des terrains ;

- ce classement constitue une rupture du principe d'égalité.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2020, la communauté urbaine Limoges Métropole, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 12 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Lapprand, représentant la communauté urbaine Limoges Métropole.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

1. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Il résulte des articles L. 151-9, R. 151-22 et R. 151-23 du code de l'urbanisme qu'une zone agricole, dite "zone A", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.

2. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan d'aménagement et de développement durables, que les auteurs du plan local d'urbanisme ont souhaité limiter la consommation des espaces agricoles et naturels, et ont prévu de porter une attention particulière à la préservation des terres agricoles, notamment en limitant le morcellement des parcelles. Si les parcelles cadastrées section ZI n° 178 et n° 179, qui étaient classées, pour partie, en zone UHA par le plan local d'urbanisme antérieur, sont entourées sur trois de leurs côtés par des terrains sur lesquels sont implantées des constructions, il ressort des pièces du dossier que ces parcelles sont elles-mêmes dépourvues de construction, qu'elles constituent un vaste ensemble enherbé, inséré dans un secteur à dominante rurale, et que, situées à une distance de plus d'un kilomètre du bourg, elles ne font pas partie du tissu urbain existant. Par ailleurs, les circonstances que les parcelles en litige n'ont plus de vocation agricole, qu'elles ont fait l'objet de deux certificats d'urbanisme positifs, dont le dernier a été délivré le 2 novembre 2018 pour la construction d'une maison individuelle sous l'empire de l'ancien document d'urbanisme, et que le classement en zone agricole présente un coût financier significatif pour le requérant, sont sans incidence sur la légalité de leur classement en zone A dès lors que nul n'a de droit acquis au maintien d'un texte réglementaire. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement des parcelles en litige en zone A serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. En deuxième lieu, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que des situations différentes soient traitées différemment pourvu que la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit.

5. M. B soutient que dans les secteurs de Malleviale ou de la Merlie, un classement en zone U a été maintenu s'agissant de terrains présentant des caractéristiques similaires aux siens. Toutefois, le rapport de présentation a procédé à l'identification, à l'échelle de la commune, des zones considérées par les auteurs du plan local d'urbanisme comme des " potentiels de densification ", parmi lesquels figurent, tant le hameau de la Merlie, que le hameau de Malleviale, en raison de leur situation et de leurs caractéristiques propres, et non le hameau du Fûtier, au sein duquel sont situées les parcelles en litige. S'agissant de ce hameau, le rapport de présentation, disponible sur le site internet de la commune, fait état de la présence d'une zone humide et d'espaces boisés, d'une exploitation agricole, et de la proximité de la RN 141, comme des facteurs limitant son potentiel de développement urbain, le classement jugé le plus pertinent par le rapport de présentation pour le hameau étant, au vu de ces caractéristiques, un classement en zone naturelle ou agricole. Ainsi, les parcelles visées par le requérant dans le secteur de Malleviale et de la Merlie ne se trouvent pas dans une situation identique à celles du requérant. Par suite, et dès lors que cette différence de traitement est en rapport avec l'article L.151-9 du code de l'urbanisme susceptible de l'induire, le moyen tiré de l'atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la délibération du 26 juin 2019 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Verneuil-sur-Vienne en tant qu'il a classé les parcelles cadastrées section ZI n°178 et 179 situées sur le territoire de cette commune en zone agricole doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme au titre des frais exposés par la communauté urbaine Limoges Métropole et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. B est rejetée.

Article 2:Les conclusions de la communauté urbaine Limoges Métropole tendant au versement d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la communauté urbaine Limoges Métropole.

Copie en sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne et à la commune de Verneuil-sur-Vienne.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- M. Christophe, premier conseiller,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

La rapporteure,

N. D

Le président,

N. NORMAND

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne

à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

Le Greffier

M. A

mf

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