jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 15 janvier et le 13 mai 2020, M. B C, représenté par Me Longeagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du maire de Saint-Hilaire-les-Places du 2 décembre 2019 portant, d'une part, retrait de l'arrêté du 7 octobre 2019 de non opposition à la déclaration préalable n° 8715019M0417 en vue de construire une clôture en bois sur son terrain et, d'autre part, faisant opposition à cette déclaration préalable ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-les-Places la somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable dès lors que :
- il a intérêt à agir ;
- elle n'est pas tardive ;
- les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables ;
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- le maire de la commune s'est fondé sur l'avis de l'architecte des bâtiments de France, postérieur à la décision initiale, sans qu'il ait été informé que son projet serait soumis à cet avis et alors qu'il n'a jamais été porté à sa connaissance ;
- il n'a pas été invité à présenter des observations avant que ne soit prise la décision de retrait ;
- l'arrêté est entaché de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2020, la commune de Saint-Hilaire-les-Places, représentée par Me Gillet, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mis à la charge de M. C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- il a méconnu les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est précoce, le requérant a saisi le juge judiciaire aux fins de conciliation et a indiqué à cette occasion vouloir mettre en œuvre une procédure de bornage ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique ;
- les observations de Me Longeagne représentant M. C, et de Me Gillet pour la commune de Saint-Hilaire-Les-Places.
Considérant ce qui suit :
Sur la recevabilité de la requête :
1. En premier lieu, le recours exercé par M. C tend à l'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Hilaire-les-Places du 2 décembre 2019 portant, d'une part, retrait de l'arrêté du 7 octobre 2019 de non opposition à la déclaration préalable n° 8715019M0417 en vue de construire une clôture en bois sur le terrain dont il est propriétaire et, d'autre part, faisant opposition à cette déclaration préalable. Dans ces conditions, M. C a intérêt à agir.
2. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 600-1 " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. (). ". Il ressort de ces dispositions que le législateur, en employant l'expression "décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code", n'a entendu viser, conformément à l'objectif de sécurité juridique poursuivi par la loi, que les décisions valant autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol qui sont régies par le code de l'urbanisme. Il en résulte qu'un retrait d'une non opposition à déclaration préalable ne constitue pas une décision entrant dans le champ de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par conséquent, la requête dirigée contre ce retrait n'est pas assujettie au respect des formalités de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
3. En dernier lieu, si M. C a saisi le juge judiciaire afin qu'il soit procédé au bornage des parcelles, ce litige est sans incidence sur la recevabilité de la requête tendant à l'annulation d'un arrêté portant retrait de l'arrêté de non opposition à la déclaration préalable en vue de construire une clôture en bois sur son terrain et, d'autre part, faisant opposition à cette déclaration préalable qui constitue un litige distinct.
4. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la commune de Saint-Hilaire-les-Places, tirées du défaut d'intérêt à agir, de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et du caractère précoce de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Par l'arrêté attaqué, le maire de la commune de Saint-Hilaire-les-Places a, d'une part, retiré la déclaration préalable délivrée à M. C le 7 octobre 2019 en raison de l'illégalité de la décision initiale résultant de l'absence d'avis de l'architecte des bâtiments de France et, d'autre part, a fait opposition à cette même déclaration en raison de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiment de France rendu le 13 novembre 2019, postérieurement à la décision initiale du 7 octobre 2019. En l'espèce, il est constant que le projet de M. C est situé dans le périmètre délimité des abords ou dans le champ de visibilité du monument historique de l'ancienne église de Saint-Hilaire-les-Places.
6. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". A cet égard, les dispositions de l'article L. 211-2 du même code prévoient que : " [] doivent être motivées les décisions qui : / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 122-1 : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".
7. En vertu des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, la décision en litige, qui procède au retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, qui a le caractère d'une décision créatrice de droit, ne pouvait intervenir qu'après avoir été précédée d'une procédure contradictoire. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. C ait été informé par la maire de Saint-Hilaire-les-Places qu'il était envisagé de remettre en cause les droits acquis résultant de la décision de non opposition dont il était bénéficiaire et qu'il ait été invité à présenter ses observations sur la mesure envisagée. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire doit être accueilli sans qu'y fasse obstacle le fait que M. C ait été informé de ce que l'avis de l'architecte des bâtiments de France soit requis avant toute décision du maire sur sa déclaration préalable.
8. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie. Dans les circonstances de l'espèce, le non-respect de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration a privé M. C d'une garantie en ne pouvant pas présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision contestée, ce qui a été également susceptible d'exercer une influence sur le sens de cette décision. Par suite, le requérant est fondé à demander pour ce motif l'annulation de la décision portant retrait de la décision de non opposition préalable.
9. Par application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
10. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du maire de Saint-Hilaire-les-Places du 2 décembre 2019 portant retrait de la déclaration préalable n° 8715019M0417 délivrée le 7 octobre 2019 à M. C en vue de construire une clôture en bois sur son terrain doit être annulé. L'annulation de ce retrait ayant pour effet de faire revivre la décision de non opposition à déclaration préalable délivrée le 7 octobre 2019, la nouvelle décision d'opposition à déclaration préalable contenue dans l'arrêté du 2 décembre 2019 est elle-même entachée d'illégalité et doit être annulée.
Sur les frais de l'instance :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-les-Places, une somme à verser à M. C en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
12. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme demandée par la commune de Saint-Hilaire-les-Places en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du maire de Saint-Hilaire-les-Places du 2 décembre 2019 portant, d'une part, retrait de la déclaration préalable n° 8715019M0417 délivrée le 7 octobre 2019 à M. C en vue de construire une clôture en bois sur son terrain et, d'autre part, faisant opposition à cette déclaration préalable est annulé.
Article 2:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3:Les conclusions présentées par la commune de Saint-Hilaire-les-Places au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Saint-Hilaire-les-Places.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022 où siégeaient :
- Mme Mège, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
H. D
Le président,
C. MEGE
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026