jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | MONS-BARIAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2020, M. B E, représenté par Me Mons-Bariaud, demande au tribunal d'annuler la lettre de relance de la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne en date du 23 octobre 2019 tendant au remboursement d'un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2018.
Il soutient que :
- la décision du 23 octobre 2019 est entachée d'incompétence ;
- la Caf ne pouvait légalement procéder à une compensation immédiate comme elle l'a fait ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait puisqu'il bénéficiait du revenu de solidarité active (RSA) aux mois de novembre et décembre 2018.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés le 22 janvier 2021 et le 26 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable comme étant tardive dès lors que l'indu litigieux a été notifié au requérant le 9 octobre 2019, qu'il avait donc jusqu'au 9 décembre 2019 pour le contester alors qu'en l'espèce il n'a introduit la présente requête que le 27 janvier 2020 ;
- les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 janvier 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2021 à 17h.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Christine Mège, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme A a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 10 avril 2019, la Caf de la Haute-Vienne a mis à la charge de M. E une dette de 152, 45 euros résultant d'un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2018. Par une décision du 27 septembre 2019, la commission de recours amiable de la Caf a rejeté la réclamation de l'intéressé. La Caf de la Haute-Vienne lui a envoyé, le 23 octobre 2019, une lettre de relance. M. E demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, la lettre contestée du 23 octobre 2019 est signée par M. D, en sa qualité de directeur de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne. Par suite, le moyen tiré de ce que l'auteur de la décision ne bénéficie d'aucune délégation de signature ou de compétence manque en droit et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active. ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer. " et de son article 4 : " Le montant de l'aide mentionnée à l'article 3 est égal à 152,45 € pour une personne seule, majoré de 50 % lorsque le foyer se compose de deux personnes et de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer, à condition que ces personnes soient le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou le concubin de l'intéressé ou soient à sa charge. / Lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun des enfants ou chacune des personnes est portée à 40 % à partir du troisième enfant ou de la troisième personne. ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, s'agissant du revenu de solidarité active et de la prime exceptionnelle de fin d'année, le foyer s'entend du demandeur ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin. Le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année dont le remboursement est demandé à M. E trouve son origine, selon la décision du 27 septembre 2019, dans la prise en compte de la poursuite d'une communauté de vie entre le requérant et M. F en dépit de la déclaration faite par le requérant de leur séparation le 5 septembre 2018. Si M. E soutient être séparé de son conjoint depuis cette date, il n'apporte au soutien de ses allégations qu'une facture au nom de son ancien concubin en date du 26 décembre 2018 sur laquelle est indiquée une adresse différente de la sienne. Ainsi, cette unique facture ne suffit pas à établir la séparation effective de M. E et de son compagnon, alors d'une part que le requérant faisait état dans sa déclaration du 5 septembre 2018 d'un maintien de son ex-compagnon à son domicile et que ce dernier a déclaré le 18 février 2019 à la caisse d'allocations familiales que la séparation effective n'avait eu lieu que le 13 février 2019. Dans ces conditions, la Caf de la Haute-Vienne a pu, à bon droit, et sans commettre une erreur de fait, remettre en cause à ce titre la prime exceptionnelle de fin d'année perçue par l'intéressé en qualité de personne seule, et lui réclamer le remboursement de l'indu de cette prestation.
Sur le moyen tiré de l'illégalité de la compensation immédiate :
7. Si M. E fait valoir qu'une compensation immédiate sur une autre de ses prestations aurait été effectuée par la caisse d'allocations familiales, il n'indique pas au tribunal les dispositions législatives qui auraient été méconnues par l'administration. En tout état de cause, le requérant n'établit pas qu'une telle compensation immédiate aurait été effectivement opérée. Par suite, le moyen en ce sens doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. E est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Mons-Bariaud et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
C. MEGE
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026