jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
I. Par requête n° 2000132 et un mémoire récapitulatif, respectivement enregistrés les 26 janvier et 18 novembre 2020, Mme D C et M. E C, représentés par Me Pintat, demandent au tribunal, dans le dernier état de ses écritures d'annuler la délibération du 26 novembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Saint Jouvent a accepté l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, a fixé le prix de vente d'une partie de cette parcelle cadastrée BC 280 d'une surface de 160 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 800 euros, a autorisé le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF.
Ils soutiennent que :
- si dès lors qu'une promesse de vente a été signée le 20 janvier 2020 antérieurement à la seconde délibération du 21 janvier 2020 venant annuler et remplacer la délibération attaquée, cette dernière a fait l'objet d'un début d'exécution ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors que seul le maire, au nom de la commune, était habilité à accepter l'implantation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le compte-rendu du conseil municipal ne permet pas d'établir que la convocation ait été notifiée dans le délai de trois jours francs en application des dispositions de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;
- elle est entachée d'un second vice de procédure dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas été suffisamment informés en application des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison du choix d'implantation à proximité immédiate d'habitations, en l'absence de recherche de toute solution alternative et du prix fixé de vente de la parcelle ;
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2020, la commune de Saint Jouvent fait valoir que :
- la vente de la parcelle située 10 chemin du Gorceix n'a pas été signée ;
- il a été fait opposition le 12 juin 2020 à la déclaration préalable présentée le 4 février 2020 par la société TDF.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2020, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que :
- la délibération attaquée a été retirée par celle du 21 janvier 2020 devenue définitive ;
- elle n'a pas reçu d'exécution dès lors qu'aucune convention n'a été signée
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2020, la société TDF, représentée par Me Bon-Julien, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas obtenu la maîtrise foncière du terrain d'assiette du projet situé 10 chemin de Gorceix ;
- des pourparlers sont en cours pour définir un nouvel emplacement pour l'implantation du projet.
Par une ordonnance du 6 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
II. Par une requête n° 2000143 et un mémoire récapitulatif, respectivement enregistrés les 28 janvier 2020 et 18 novembre 2020, Mme D C et M. E C, représentés par Me Pintat, demandent au tribunal, dans le dernier état de ses écritures d'annuler la délibération du 21 janvier 2020 par laquelle le conseil municipal de Saint Jouvent a accepté l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, a fixé le prix de vente d'une partie de cette parcelle d'une surface de 147 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 8 000 euros, a autorisé le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir dès lors que la délibération attaquée décide de la cession et de l'affectation de la parcelle considérée ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors que seul le maire, au nom de la commune, était habilité à accepter l'implantation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le compte-rendu du conseil municipal ne permet pas d'établir que la convocation ait été notifiée dans le délai de trois jours francs en application des dispositions de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;
- elle est entachée d'un second vice de procédure dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas été suffisamment informés en application des dispositions de l'article L. 2121 13 du code général des collectivités territoriales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison du choix d'implantation à proximité immédiate d'habitations, en l'absence de recherche de toute solution alternative et du prix fixé de vente de la parcelle ; cette proximité laisse craindre des risques un risque sanitaire.
Malgré la mise en demeure qui lui a été faite le 1er octobre 2020, la commune de Saint Jouvent n'a pas produit de mémoire en défense.
Par des mémoires en défense enregistrés respectivement les 29 octobre 2020 et 6 avril 2022, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que :
- à titre principal que le maire a indiqué, dans la procédure n° 2000132 qu'il n'entendait pas faire application des dispositions de la délibération du 21 janvier 2020 ;
- à titre subsidiaire que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ni en leur qualité de contribuable de la commune ni en qualité de voisin de la parcelle considérée ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2020, la société TDF, représentée par Me Bon-Julien, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas obtenu la maîtrise foncière du terrain d'assiette du projet situé 10 chemin de Gorceix ;
- des pourparlers sont en cours pour définir un nouvel emplacement pour l'implantation du projet.
Par une ordonnance du 6 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Pintat, représentant M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Les requêtes susvisées nos 2000132 et 2000143 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'intervention de la société Orange :
2. La société Orange a intérêt à la réalisation du projet d'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la commune de Saint-Jouvent afin de pouvoir assurer la couverture du secteur en réseau 4G. Ainsi, son intervention est admise.
Sur l'étendue du litige :
3. Par une délibération du 26 novembre 2019 le conseil municipal de Saint Jouvent a accepté l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, a fixé le prix de vente d'une partie de la parcelle cadastrée BC 280 d'une surface de 160 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 800 euros, a autorisé le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF. Par une seconde délibération du 21 janvier 2020, le même conseil municipal, annulant et remplaçant celle du 26 novembre 2019, a de nouveau accepté l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BC 280 située à la même adresse, en réduisant toute fois la surface à céder à 147 mètres carrés et en portant le prix de cette cession à 8 000 euros. Ces deux délibérations, alors même qu'elles mentionnent qu'est acceptée l'implantation d'un pylône de téléphonie mobile sur ce terrain, ne délivrent pas une autorisation d'urbanisme mais, se bornent, dans le cadre de la gestion du domaine privé de la commune, à décider l'aliénation d'une parcelle de ce domaine.
4. Tout d'abord, les requérants ne contestent pas que cette seconde délibération du 21 janvier 2020, retire la première délibération du 26 novembre 2019 ni que cette seconde délibération soit devenue définitive. Ensuite, dès lors que la seconde délibération est de même nature et de même portée que la première et en l'absence de tout élément de nature à établir la date à laquelle les requérants ont eu connaissance de cette seconde décision à la date d'introduction de leur requête, les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 26 novembre 2019 en ce qu'elle autorise la cession d'une parcelle en vue de la construction d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile ont perdu leur objet. Les requérants ne peuvent utilement soutenir que cette délibération aurait reçu une application alors que le compromis de vente, s'il est daté et signé du maire de la commune du 20 janvier 2020, il n'a en revanche pas été signé par l'acquéreur. Ensuite, il ne résulte d'aucune pièce du dossier que le conseil municipal aurait retiré ou abrogé la seconde délibération attaquée autorisant la vente de la parcelle considérée et l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile.
5. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 26 novembre 2019 étaient sans objet à la date d'introduction de la requête et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie et, d'autre part, que la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de ce que la délibération du 21 janvier 2020 aurait perdu son objet doit être rejetée.
Sur l'intérêt à agir des requérants :
6. Il est constant que le projet vise à implanter un pylône de relais de téléphonie mobile en autorisant la cession d'une partie de la parcelle considérée, à une distance de 48 mètres de l'habitation de M. et Mme C. Dans ces conditions, en leur qualité et voisins immédiats et eu égard des conséquences visuelles du choix d'implantation du pylône, les requérants ont intérêt à agir et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet adopté par la délibération contestée du 21 janvier 2020 vise à la cession d'une partie de la parcelle cadastrée BL 280 à la société TDF en vue de l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile à une distance de 48 mètres de l'habitation de M. et Mme C.
8.Les requérants produisent à l'appui de leur requête des photographies sur lesquelles ils ont représenté le futur pylône démontrant, sans être contestés, le fort impact notamment visuel du projet, dès lors que le pylône serait implanté à proximité immédiate d'une zone d'habitation et par suite le risque de créer des conflits d'usage. De plus, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une recherche d'autres sites appropriés aurait été effectuée avant l'adoption de la délibération litigieuse. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, la commune de Saint-Jouvent en décidant de vendre cette parcelle du domaine privé en vue de la réalisation de ce projet, au regard de l'intérêt d'une bonne gestion de son domaine privé, a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la délibération du 21 janvier 2020 du conseil municipal de Saint-Jouvent doit être annulée en tant qu'elle accepte l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, fixe le prix de vente d'une partie de cette parcelle d'une surface de 147 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 8 000 euros, autorise le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF.
D E C I D E :
Article 1er: L'intervention de la société Orange est acceptée.
Article 2:Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 26 novembre 2019 par laquelle le conseil municipal de Saint-Jouvent a accepté l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, a fixé le prix de vente d'une partie de cette parcelle cadastrée BC 280 d'une surface de 160 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 800 (huit cents) euros, a autorisé le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF.
Article 3: La délibération du 21 janvier 2020 du conseil municipal de Saint-Jouvent est annulée en tant qu'elle accepte l'installation d'un pylône d'antenne relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée BL 280 située 10, chemin de Gorceix, fixe le prix de vente d'une partie de cette parcelle d'une surface de 147 mètres carrés à la société Télédiffusion de France (TDF) au montant de 8 000 (huit milles) euros, autorise le maire à signer tous les documents relatifs à cette vente ainsi que les actes notariés et dit que les frais relatifs à cette vente, y compris les frais notariaux seront à la charge de TDF.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à M. E C, à la société TDF, à la société Orange et à la commune de Saint Jouvent.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 où siégeaient :
- Mme Mège, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
H. B
Le président,
C. MEGE
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
Nos 2000132, 2000143
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026