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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2000164

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2000164

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2000164
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE H SIQUIER
Avocat requérantEYSSARTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2020, M. B D forme opposition à la contrainte émise par la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze le 27 décembre 2019 à son encontre, s'agissant des indus d'aide personnalisée au logement, d'un montant de 819,78 euro, dont le solde actuel s'élève à 409,89 euros pour la période allant du 1ermars au 31 mars 2018, et d'un montant de 819,79 euros dont le solde actuel s'élève à 614,83 euros pour la période allant du 1er août au 31 août 2018.

Il soutient qu'avec son épouse ils étaient alors hébergés chez leur fille et qu'il ne percevait aucune aide.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2020, la Caisse d'allocations familiales de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- M. D n'a pas contesté le bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement dans le délai prévu par les dispositions de l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, du prononcé de ses conclusions.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'articles L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur (). ". Aux termes de l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable. " Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " () le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ".

3. Il résulte des dispositions citées au point 1 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'aide personnelle au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées au point 2 ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 1.

4. Il résulte de l'instruction que M. D n'a pas exercé, dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 1, un recours administratif préalable auprès de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze afin de contester le bien-fondé des indus d'aide personnalisée au logement litigieux. Dans le cadre de la présente opposition à contrainte, le requérant ne peut donc remettre en cause le bien-fondé de ces indus. Il ne peut ainsi utilement faire valoir qu'avec son épouse ils étaient hébergés chez leur fille, cette dernière étant titulaire d'un contrat de location et bénéficiaire de l'allocation personnalisée au logement, et qu'il ne percevait aucune prestation sociale.

5. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à former opposition à la contrainte émise le 27 décembre 2019 par la caisse d'allocations familiales de la Corrèze pour le recouvrement d'une somme de 1 299, 73 euros correspondant à différents indus d'aide personnalisée au logement perçus entre le 1er mars 2018 et le 31 octobre 2018.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. D est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

H. C

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

Le Greffier

M. A

mf

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