jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2020, Mme B D, représentée par Me Armand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2019 par lequel le préfet de la Corrèze a rejeté son recours gracieux à l'encontre de la décision du 8 octobre 2019 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen individuel de son recours gracieux ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle remplit les conditions d'admission à titre exceptionnelle au séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2020, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 6 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
Sur la portée des conclusions à fin d'annulation :
1. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte, et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
2. Par suite, en application du principe rappelé au point précédent, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D à l'encontre de la décision du 20 décembre 2019 rejetant son recours gracieux doivent être regardées comme étant également dirigées contre l'arrêté du 8 octobre 2019 portant refus de délivrance à Mme D, à titre exceptionnel, d'un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, la décision du 20 décembre 2019 rejetant son recours gracieux ne se substitue pas à la décision initiale du 8 octobre 2019 par laquelle le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande de titre de séjour. Par suite, les moyens tirés des vices propres dont pourrait être entachée la décision prise sur recours gracieux sont inopérants. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 20 décembre 2019 rejetant son recours gracieux doit être écarté.
4. En deuxième lieu, tout d'abord, le préfet de la Corrèze, qui précise, dans sa décision initiale du 8 octobre 2019, avoir procédé à un examen approfondi de la situation de la requérante, fonde celle-ci sur le fait que Mme D est entrée irrégulièrement en France, le 30 septembre 2017, en compagnie de son époux et de ses enfants, que son époux et sa fille font l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, que la cellule familiale peut se reconstituer en Arménie où les enfants pourront poursuivre leur scolarité, qu'elle est sans emploi et ne présente aucun projet professionnel et qu'elle ne fait état d'aucun élément probant sur le fait qu'elle serait en danger en cas de retour en Arménie. Ensuite, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cette dernière aurait apporté à l'occasion de son recours gracieux des éléments nouveaux et le préfet, après avoir procédé au réexamen de sa situation, a rejeté ce recours. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de la requérante ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
6. Si la requérante fait valoir que son fils mineur est scolarisé en France, l'intérêt supérieur des enfants réside dans le fait de vivre avec les personnes qui ont légalement l'autorité parentale sur eux. Les décisions attaquées n'impliquent, par elles-mêmes, pour le fils de la requérante, aucune séparation avec sa mère et compte tenu de son jeune âge et de sa date d'entrée en France, rien ne fait obstacle à ce qu'il poursuive une scolarité normale en Arménie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ".
8. Si Mme D demande que lui soient appliquées les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour les motifs exposés au point 4, elle n'établit aucune circonstance pouvant être regardée comme constituant un motif humanitaire ou exceptionnel qui serait de nature à justifier son admission au séjour au sens des dispositions citées au point précédent. Le préfet de la Corrèze ne les a donc pas méconnues en refusant de délivrer à la requérante un titre de séjour sur leur fondement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du 8 octobre 2019 et 20 décembre 2019, par lesquelles le préfet de la Corrèze a refusé à Mme D la délivrance d'un titre de séjour, a confirmé l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Armand et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La rapporteure,
H. C
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026