jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 février 2020, le 23 novembre 2020 et le 20 janvier 2021, l'indivision B demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 18 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Condat-sur-Vienne en tant qu'il a classé la parcelle cadastrée section AE n° 57 située sur le territoire de cette commune en zone naturelle.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que sa qualité de propriétaire est justifiée ;
- c'est au prix d'une erreur manifeste d'appréciation que la parcelle cadastrée section AE n° 57 a été classée en une zone non constructible dès lors qu'elle est la seule à ne pas être construite au milieu d'une zone déjà urbanisée ;
- ce classement constitue une spoliation ;
- ce classement n'est pas justifié au regard de l'intérêt général car la parcelle est inscrite dans la continuité du bâti et est desservie par les réseaux.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 6 novembre 2020 et le 4 janvier 2021, la communauté urbaine Limoges Métropole, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de l'indivision B la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable et qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 novembre 2022 à 17h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique ;
- les observations de M. B pour l'indivision B et les observations de Me Lapprand, représentant la communauté urbaine Limoges Métropole.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crue ".
2. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la partie du rapport de présentation relative à la justification des choix retenus pour établir le plan d'aménagement et de développement durables, que les auteurs du plan local d'urbanisme ont souhaité " stabiliser les contours de la zone urbaine actuelle ", le rapport de présentation ajoutant que " les élus ont souhaité concentrer le développement de l'urbanisation dans les espaces urbanisables et desservis, en limitant les extensions sur les espaces agricoles, naturels ou forestiers ". L'indivision requérante fait valoir que la parcelle cadastrée section AE n° 57, qui était classée en zone U4 par le plan local d'urbanisme antérieur, est la seule parcelle non construite au milieu d'une zone déjà urbanisée et qu'elle est desservie par les réseaux ainsi que par les transports collectifs. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette parcelle, d'une surface de 4 613 m², est dépourvue de constructions et qu'elle est recouverte de végétation. Elle se situe, non à l'intérieur, mais en limite d'une zone urbanisée, et jouxte d'autres terrains non construits classés en zone agricole. En outre, le certificat d'urbanisme positif délivré le 9 janvier 2019 sur ce terrain, lequel mentionnait la procédure de révision du plan local d'urbanisme en cours, précise que la parcelle n'est pas desservie par les réseaux d'eau potable et d'assainissement. Par ailleurs, la parcelle litigieuse est identifiée par le rapport de présentation comme se situant au sein de la trame bocagère qui joue un " rôle écologique important (zone de chasse, zone de reproduction, zone de repos) pour beaucoup d'espèces ". Au surplus, la parcelle en litige est limitrophe de la parcelle AE 54 dont une étude hydraulique du bassin versant de Condadille fait état de débordements et de résurgences d'eaux pluviales. Dans ces conditions, et nonobstant l'avis émis par le commissaire enquêteur qui ne lie pas les auteurs du plan local d'urbanisme, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement de la parcelle en litige en zone N serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, ni qu'il répondrait à un but étranger à l'intérêt général.
4. En second lieu, si l'indivision requérante soutient que les règles d'utilisation de l'ancien plan local d'urbanisme étaient plus avantageuses et que le terrain a fait l'objet de plusieurs certificats d'urbanisme positifs, ce classement antérieur ne lui conférait aucun droit acquis et ne faisait pas obstacle à ce que les auteurs du plan local d'urbanisme puissent modifier les règles des sols dans l'intérêt de l'urbanisme. Au demeurant, la modification de ces règles n'a eu, ni pour objet, ni pour effet, de déposséder l'indivision requérante de sa propriété. Le moyen tiré de ce que le classement litigieux constituerait une spoliation doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir invoquée par la communauté urbaine Limoges Métropole, que les conclusions de l'indivision B tendant à l'annulation de la délibération du 18 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine Limoges Métropole a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Condat-sur-Vienne en tant qu'il a classé la parcelle cadastrée section AE n° 57, située sur le territoire de cette commune en zone naturelle doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'indivision B une somme d'argent au titre des frais exposés par la communauté urbaine Limoges Métropole et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de l'indivision B est rejetée.
Article 2:Les conclusions de la communauté urbaine Limoges Métropole tendant au versement d'une somme d'argent en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à l'indivision B et à la communauté urbaine Limoges Métropole.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne et à la commune de Condat-sur-Vienne.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. A
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026