jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2000407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | KARAKUS-GURSAL HANIFE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2020, M. C D, représenté par Me Karakus, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé d'admettre M. A D, son petit-fils, au bénéfice du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne d'admettre M. A D au bénéfice du regroupement familial dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision méconnaît l'accord franco-algérien et son droit au regroupement familial consacré comme principe général du droit ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2020, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 19 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant algérien, né en 1944, a déposé le 11 mars 2019 une demande de regroupement familial au bénéfice de son petit-fils, A D, qui lui a été confié par un acte de kafala. M. D demande l'annulation la décision du 20 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En vertu de l'article L. 211-5 du même code, la motivation doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.
3. La décision en litige précise que M. D a sollicité l'admission au titre du regroupement familial de son petit-fils. Elle vise l'article 4 des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Elle indique que le préfet a refusé de faire droit à la demande au motif que le petit-fils du requérant réside irrégulièrement en France. La décision fait également état du caractère récent de la présence en France du jeune-homme et des liens familiaux qu'il a conservés dans son pays d'origine. La décision, qui vise les textes dont le préfet a fait application et mentionne les faits qui en constituent le fondement, est donc suffisamment motivée. Le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule que : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. () Peut être exclu de regroupement familial : () 2. Un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français () ".
5. Pour refuser la demande de regroupement familial présentée par M. D au bénéfice de son petit-fils, le préfet de la Haute-Vienne s'est notamment fondé sur la résidence irrégulière sur le territoire français de M. A D. Si le requérant fait valoir qu'il justifie de liens familiaux étroits avec son petit-fils recueilli par acte de kafala, il ne conteste pas que M. A D résidait, à la date de la décision attaquée, en situation irrégulière sur le territoire français, ce qui, conformément aux stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, constitue un motif d'exclusion du bénéfice du regroupement familial. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Vienne aurait méconnu les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doit être écarté. A supposer que le requérant ait entendu soulever un moyen, distinct, tiré de ce que le préfet de la Haute-Vienne aurait méconnu son droit au regroupement familial qui constitue un principe général du droit fondé notamment sur le préambule de la Constitution de 1946, le moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. - 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. M. D fait valoir qu'il entretient des liens étroits, stables et forts depuis la naissance de son petit-fils A, lequel est né en 2002 en Algérie, que ce dernier a suivi une scolarité sur le territoire national au titre des années scolaires 2016-2017 et 2019-2020 et a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle " vendeur - magasinier en pièces de rechange et équipements automobiles ". Toutefois, M. A D n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie où résident ses parents et où lui-même a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, confié à son grand-père par un acte de kafala du 19 mars 2017, aucun autre élément n'est produit afin d'établir l'intensité de la relation existant entre le requérant et son petit-fils. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet de la Haute-Vienne aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé d'admettre M. A D, son petit-fils, au bénéfice du regroupement familial. Par suite, la requête de M. D doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et ses conclusions tendant au remboursement des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. D est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Karakus et à la préfète de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
La rapporteure,
N. E
Le président,
N. NORMAND
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne
à la préfète de la Haute-Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
M. B
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026